Monter dans le bon wagon

Gagner un Clasico, c’est souvent une histoire de wagons.


Et le Barça ne semblait pas être monté dans le bon samedi soir, en offrant le cadeau le plus rapide de l’histoire de ces confrontations dès la 25ème seconde de jeu. Valdès allait déjà chercher au fond de ses filets un ballon anodin parti, l’instant d’avant, de son pied vacillant. Le gardien avait visiblement pris place dans le wagon d’un dilettantisme suffisant. Commencer le match en étant mené au score, voilà qui n’est certainement pas le chapitre premier du Manuel Pour Gagner Le Clasico (Editions Pep & Fils, d’ores et déjà réclamé à ses parents pour Noël par le petit José).

Dès lors, la voie de ce match était toute tracée, le Real allait monter dans le TGV du contre supersonique, emmené par Benzema qui, installé dans la locomotive, dirige le pressing et tous les bons coups meringués de la soirée.


Le Barça, lui, prend le rythme d’un TER régional pour arriver à bon port, et recolle à la marque suite à un aiguillage génial de son petit chef de gare argentin. Sur le coup, Alexis finit magistralement le travail, prouvant que son efficacité devant le but est une qualité bien plus appréciable que sa ressemblance avec Faudel.


A l’autre bout du terrain, Cristiano le grand est lui dès le départ monté dans le wagon qui s’est décroché du convoi, et qui roule à contresens. Malheureux sur ses 2 énormes occasions, il n’a fait aucune différence, a accumulé les mauvais choix et vendangé des coups de pieds arrêtés qu’il a pourtant l’habitude de distiller en crus millésimés. Pire, il a semblé manquer de grinta, faisant penser à LeBron James (avec qui il partage un sens de la modestie que ne renierait pas Alain Delon) lors de ses finales NBA, le clutch player qui passe au travers alors qu’il est censé être le sauveur.


Lorsque le sifflet renvoie les rivaux dos à dos (entrée en gare de Saint-Pierre-des-Cors, 15 minutes d’arrêt), on comprend qu’il ne s’agit pas d’un match entre Messi et Cristiano. C’est bien le Real et le Barça qui s’affrontent, le match est monté dans le wagon du collectif.


2ème acte, le Barça prend le dessus au milieu, dans le sillage d’Iniesta, monté à la mi-temps dans le wagon du prophète, qui changera en or tout ce qu’il touchera. Les Catalans combinent enfin, et passent devant sur une reprise inspiré de Xavi, l’homme qui gère l’ensemble du réseau ferré. Le stratège de Terrasa, monté de toute évidence dans le wagon de ceux qui gagnent au Loto, tout heureux de voir Marcelo acheminer sa frappe vers l’intérieur du poteau de Casillas.


Les Blancs restent menaçants, mais la sortie de Lass leur fait définitivement perdre la guerre du milieu. Diarra, excellent dans l’impact mais dont la collection de cartons prenait une teinte orange foncé, est rappelé sur le banc juste avant de monter dans le wagon qui conduit à la douche avant les autres. En face, les dribbles de San Andres sur la gauche, les déboulés de Dani Alves sur la droite mettent le Real au supplice, et Fabregas vient porter l’estocade dans la dernière demi-heure. Malgré quelques opportunités madrilènes, c’est le Barça qui est le plus près de rafler les oreilles et la queue en fin de match, mais un manque de spontanéité dans la surface le privera d’une sortie d’arène par la Grande Porte.


Pep Guardiola peut être satisfait, il reste maître de Bernabeu.


Canal + peut être satisfait, la fin du feuilleton de la Liga n’a pas été dévoilé hier soir.


Les Culés peuvent être satisfaits, ils vont moins entendre leurs amis madrilènes qui leur promettaient une fessée dans ce Clasico.

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