Ode à toi, Xavi Hernandez

Mardi 10 Janvier 2012, période des récompenses individuelles, attribution du Ballon d'Or. Encore une fois, comme en 2011, tu es sur le podium, mais pas tout en haut. Toujours placé, jamais gagnant, tu tiens plus de Poulidor que de Général du Pommeau. Et pourtant, c'est peut-être toi, Xavi Hernandez, à défaut d'être le plus brillant, qui est le plus grand.

Le Grand 8...
Le Grand 8...

Dans de précédentes publications, je t'ai décrit comme le responsable du réseau ferré qu'est le jeu blaugrana. Egalement comme l'homme qui, au milieu de terrain, rend les ballons plus blancs que blanc, véritable VRP pour Ariel Liquide.

Le jeu du Barça est considéré comme intelligent. Tu en es le cerveau, et le métronome. Plus d'une décennie à améliorer le quotidien footballistique de tes camarades et voisins de pelouse, sans jamais baisser de niveau, mais sans vraiment en récolter la reconnaissance que cela mérite.

Ta plus grande qualité, la simplicité. Pourtant, rendre les choses simples, c'est parfois très compliqué (dire "Je t'aime" à ses parents, concevoir une machine pour l'industrie, expliquer le théorème de Thalès à des élèves de 4ème). Le football est merveilleux lorsqu'il est joué simplement, mais y arriver, c'est ce qu'il y a de plus difficile. Contrôle, passe, parfois un dribble de dégagement entre les deux. Plus de cent fois par match.  

Tu passes le ballon à coup sûr, et choisis toujours la meilleure des 3 ou 4 solutions que tes équipiers te proposent.  Parce que tu te donnes le temps, grâce à ta maîtrise technique et ta vision du jeu. Le jeu va vite, tu joues vite. Mais le temps semble suspendu quand le ballon transite par ton pied droit, pendant que tu visualises le quadrillage, le plan du jeu.

Tu es le symbole du toque, ce style de jeu qui a ramené la passe  au rayon des gestes qui suscitent l'émotion, au même niveau que le dribble et la frappe . Avant toi, on peine à se remémorer des matches pendant lesquels on s'est exclamé "Quelle passe ! Non, mais t'as vu cette passe ??!!". Xavi, ou remettre le jeu collectif à sa place dans la galerie d'art.

On s'extasie trop peu sur ta façon d'amener la lumière sur ce que tu touches, mais tu resteras je l'espère titulaire, au milieu de terrain, dans l'équipe-type de tous les temps.

 

Bien sûr, comment parler de toi sans toucher deux mots, du plat du pied, de celui dont tu parais indissociable. Andres Iniesta.

Tels le Yin et le Yang, vous vous complétiez et en tiriez le meilleur. On parle toujours de vous par deux, Xavi et Iniesta, comme notre couple d'amis gays, comme le sel et le poivre, comme Tintin et Milou, Head & Shoulders, Pif et Hercule, Peter et Sloane, Jean-Luc et Torri.

Lui aussi, comme toi, est un éternel oublié du Ballon d'Or. Parce que comme toi, il contribue à faire briller celui qui collectionne le trophée et qui en compte déjà deux paires. Comme toi, il est roi, mais est éclipsé car il joue avec Dieu. Mais dans les trophées de Dieu, il a, et toi aussi, une place au premier rang.

Xavi, tu ne remporteras probablement jamais le Ballon d'Or, mais tu as gagné ta place, ad vitam (et Ternam, autre couple mythique), dans les livres et les manuels, ceux que l'on dispense les yeux fermés dans toutes les bonnes écoles de football.

 

Alors que ta carrière va s'écrire, sacrilège, sous un autre maillot que ta seconde peau blaugrana, tu vas nous manquer, comme tu vas manquer à ton alter ego pâlot, au reste de l'équipe et à pas loin de 98 000 personnes qui avaient l'habitude de s'asseoir en cercle autour de toi pour t'observer religieusement. En dépit d'un protagonisme en pointillés depuis des mois, tu vas pouvoir fignoler l'agencement du contenu de ton armoire à trophées personnelle, puisque tu viens d'y rajouter une 8ème Liga. Et quoi de mieux, comme pot de départ, que de soulever encore une paire de Coupes ?

Avant de te revoir bientôt, certainement dans le costume du mister,  on tenait à te dire merci et bonne chance pour la suite.

Oublie pas de nous envoyer une carte postale du Qatar de temps en temps. Et puis, tu le sais, tu passes quand tu veux à l'Estadi, t'es à la maison.

 

 

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