En bas de l'échelle...

Le Barça n'avait pas de pétrole, hier, et pas beaucoup plus d'idées, ce qui le distinguait nettement de la France des années 60. Bien loin d'un tremblement de terre de frénésie footballistique, ce match à Villareal a eu bien du mal à faire décoller le niveau de magnitude sur l'échelle de Richter. Mais on a titillé d'autres échelles de mesure...

Décidemment, ce voyage à bord du sous-marin jaune n'a rien eu d'une ballade planante sous LSD, portée par le filet de voix psyché de Ringo Starr. Au Madrigal (6,3 sur l'échelle Roudourou des noms de stades mythiques), c'est un Barça émoussé qui a laissé filé son jeu, 2 points, et le Real vers le titre de champion. Le tout au terme d'un match qui ne ressembla pas à grand chose (7,6 sur l'échelle Michel Petrucciani des trucs qui ressemblent à rien... Ouhla, celle là, elle est dure. Honnêtement, j'étais pas loin de l'auto-censure).

Ce fut donc un match insipide. Grégory Sertic me confirme qu'il n'était pas très sipide. Tactiquement, les derniers seront les premiers, et les latéraux seront les ailiers, Alves et Adriano encadrent D10S devant. Derrière, Mascherano oscille entre la charnière et le milieu, et donc par le principe des vases communiquants, Don Carles de la Grinta balance entre l'axe et le côté droit.

 

Inspirée de Louis-Ferdinand Céline, la première mi-temps voyage au bout de l'ennui (un bon 6,4 sur l'échelle des discours de Nicolas Dupont-Aignant). Peu de jeu, et donc peu d'occasions, un face à face pour la Pulga, dont le lob flirte avec le poteau dans un hommage appuyé à Michel Delpech, puis un contrôle raté en pleine surface par Cesc, pas très Fab hier, et c'est tout avant la pause. Pire, le FCB frise la correctionnelle lorsqu'un but est refusé à Villareal pour hors-jeu. On atteint donc la mi-temps sur ce score de 0-0 (7,2 sur l'échelle historique de la Ligue 1). Les meilleurs se nomment Mascherano et Abidal (6,9 sur l'échelle Dalaï Lama de la sérennité), ce qui en dit long sur l'aptitude des blaugranas à trouver des solutions offensives.

 

Pendant que ça sirote du Powerade dans les vestiaires, les observateurs se grattent la tête devant ce Barça rincé, en cruel manque de fraîcheur (0,4 sur l'échelle Narta). L'accumulation de blessures, dont celle d'Iniesta dans la semaine (dépassement de l'échelle Arjen Robben des joueurs en cristal), commence à peser lourd dans la saison catalane. Pour ne rien arranger, le matin du match c'est Pedro qui s'invite sur l'échelle André-Pierre Gignac de la pubalgie tenace. Espérons qu'il ne s'essaiera pas aussi à l'échelle André-Pierre Gignac du kebab-mayo au petit déjeuner. Mais avec un banc aussi peu fourni que le rayon porc d'une boucherie hallal, les solutions ne sont pas légions, et les titulaires voient leur rendement diminuer.

 

Le second acte démarre sur les mêmes bases que le premier (Dupont-Aignant aborde le thème de la retraite des cheminots). L'entrée de Faudel, sensé remettre le FCB sur les bons Raï, ne change pas grand chose à la confusion, le plan de jeu reste d'une clarté sombre (5,3 sur l'échelle des scénarios de David Lynch). Plus tard, les entrées de Thiago et surtout de Tello changent la donne, les Pep Boys se réveillent pour forcer la décision.

 

Sur un débordement de Tello, Diego Lopez pousse sur la barre une frappe de Cesc. Puis, suite à un une-deux avec Alexis, Messi bute sur le gardien jaune, le ballon revient sur Fab devant le but vide. Il tente le drop et le réussit confortablement (9,8 sur l'échelle Lionel Beauxis de la réussite au pied). Sur un des rares décalages réussis, Tello semble filer au but mais est arrêté par Gonzalo, à la frontière entre la faute utile et le grotesque (6,8 sur l'échelle Thierry Dusautoir de réussite au placage / 9,9 sur l'échelle Gennaro Gattuso de l'acte d'antijeu caractérisé). C'est le symbole que les Catalans n'y arriveront pas. Malgré un sursaut d'envie, la médiocrité de la soirée garde la main, et Barcelone repart du Madrigal la tête basse.

 

Mercredi, en Copa à Mestalla (on reste au pays de la paëlla), le FCB aura besoin d'un second souffle pour se donner les moyens de gagner des titres cette saison, la Liga ayant une fâcheuse tendance à prendre la direction de la Maison Blanche (7,5 sur l'échelle George W. Bush). Honnêtement, on peut se demander si des matches en semaine sont les bienvenus dans la courbe de forme décroissante actuelle.

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