Revue d'effectif et analyse médicale

Dans un Camp Nou que la perfide température avait transformé en coupe à sorbet, le Barça avait peu de saveurs à proposer à la carte pour la réception de la Société Royale.

Conscient que l'accumulation de fatigue chez ses cadres présentait un risque de rupture (comme chez France Télécom), Pep avait choisi de laisser au repos sur le banc plusieurs titulaires (alors que chez France Télécom, on les laisse se suicider). Abidal, Xavi, Piqué, Alexis et Busquets avaient donc pris place sous les couvertures.

 

La première mi-temps est particulièrement paisible, grâce à des Basques bien gentillets, en dehors d'une paire d'urticantes velléités en tout début de partie. Les Donostians paraissent en effet être venus à Barcelone en victimes expiatoires, comme des bêtes menées à l'abattoir, après un mollasson Hegoak entonné à l'échauffement pour attendrir la viande.

Constat frappant en début de match, comme le laissaient présager les dernières sorties, Messi est bien de retour sur Terre, parmi les hommes. Son match commence par un croquage de sucrerie caractérisé, avec un premier face à face perdu. Mais, bien que descendu de sa planète, il garde dans son carnet d'adresse son épicerie fine préféré, Les Délices de la Caspienne, dont il avait ramené des boîtes de caviar prêtes à offrir. Sur la première offrande, Tello ouvre la marque d'un plat du pied subtil, en hommage à Youri Djorkaeff. La seconde est ensuite gaspillée par Fabregas, comme un résumé de cette première mi-temps.

 

En effet, Cesc par deux fois et surtout Messi ont, jusqu'à l'heure de jeu, maintenu les Gars de San Sebastian à flot par leur maladresse face aux buts. Dans le onze de départ, la fraîcheur canterana ne se remarque que sur l'aile gauche, où Tello a martyrisé son latéral jusqu'au bord de la transplantation rénale. Après une heure à Mach 3 sur son aile, il disparaît des radars en fin de match. Il aurait mérité le doublé, qu'il aurait inscrit si Alvès n'avait pas dévié, en position de hors-jeu, son plat du pied qui entrait dans la cage.

Dans le jeu, le Barça est assez brouillon, avec énormément de déchet. Heureusement à l'heure du tri sélectif, on n'a aucun carton à mettre dans la poubelle jaune.

Au milieu de terrain, l'animation manque de la maîtrise habituelle des Xavi, Busi et Iniesta.

Jonathan, venu sans David parti en vacances, et gominé au cirage Baranne comme dans les années 30, a tenu son rôle sérieusement mais avec trop de pertes de balles. Devant lui, Cesc a actuellement la turgescence d'un octogénaire, même s'il a été le seul à venir régulièrement aider Léo dans le trafic. Enfin, Thiago nous a fait du Thiago. A l'aise techniquement, il est capable de passes délicieuses comme les 2 galettes en fin de match pour D10S, mais aussi de se regarder jouer trop souvent, comme ce ballon bêtement perdu qui permet à la Real de revenir au score. Surtout, il n'est pas assez consistant pour prendre le match à son compte, alors que le FCB en avait besoin hier soir.

Alors qu'il avait une grosse carte à jouer, il ne s'est pas suffisamment fait violence. Le reproche vaut aussi pour Cuenca. Après des débuts très prometteurs, il doit maintenant assumer, en plus de son prénom biblique, un numéro 23 dû à la signature de son contrat pro (et donc, qui occasionne la nécessaire et désormais effective mise à jour de sa fiche dans le Coin Panini). Le 23 de His Airness Michael Jordan. Isaac s'est montré hier nettement moins aérien. Pour en finir avec la l'escouade offensive, notons la demi-douzaine d'occases monumentales pour La Pulga, qui a eu le mérite de ne pas lâcher l'affaire et a fini par scorer sur une ouverture au scalpel de Dani Alvès.

 

Dans cette revue d'effectif, la base arrière a passé une soirée assez tranquille. Visiblement, le froid (ou les consignes Pepiennes) ont engourdi les latéraux qui n'ont que rarement pointé leur nez pour aider les ailiers. Dans l'axe par contre, Rock Solid, de l'autorité dans les duels autour de Don Carles de la Grinta, le seul Catalan à tourner au Red Bull par intra-veineux actuellement. A ses côtés, un Mascherano intraitable, qui semble ponctuer ses interventions d'un "Hop Hop Hop, doucement garçon. Tu tu te crois où, là ??" à l'attention de l'avant-centre adverse. Dans le but, VV a fait le boulot lors des rares incursions azulblancas.

 

Revenus à 2-1 dans le dernier quart d'heure, la Real a poussé, sous l'impulsion de Griezmann, aussi créatif balle au pied qu'improbale capillairement. Mais c'est un autre évènement qui va marquer la fin de soirée. Pour recompter la caisse et fermer la boutique, Pep donne les clés du rideau de fer à Abidieu et Busi. Pas pour longtemps...

Une petite action et puis s'en va, Busquets a rapidement droit à une sortie sur civière. A croire que, quelque part du côté de Madrid, un marabout vaudou plante chaque semaine un aiguille dans une poupée à l'effigie de Pep Guardiola (pour mémoire, un chat noir a traversé la pelouse en début de seconde mi-temps).

En effet, à la 75ème, Busquets, rentré depuis 5 minutes, ramasse un grand coup de chausson sous la rotule, lui provoquant une entaille profonde qui n'avait rien à voir avec un manga porno. La sanguinolante estafillade ("C'est que dalle!!" dixit Bertrand Cantat, dont on ne remettra pas en doute l'expérience des plaies ouvertes) laisse craindre le pire, et des sueurs froides parcourent un Camp Nou pourtant déjà aux normes européennes concernant les chambres froides. La peur se lit sur le visage de Fabregas, aux premières loges du choc, comme sur le visage d'une nana qui rentre en bagnole avec Brandao.

 

Dès lors, des quatre coins du monde pullulent de concert les avis médicaux sur la gravité de la blessure.

Le Dr Conrad Murray conseille une administration massive de Propofol, un moyen définitif d'anesthésier la douleur selon lui. Ceux qui y ont eu recours ne sont plus là pour en parler. Selon le médecin de Contador à la Saxo Bank , il faut s'orienter vers un régime à base de côte de boeuf élevé au Clanbutérol.

Roselyne Bachelot fait savoir qu'elle est prête, bien volontiers, à laisser à disposition autant de vaccins contre le H1N1 que nécessaire, à choisir parmi un stock de 100 millions de doses proches de la péremption. De son côté, Michel Cymès, le Doc de France 5, juge la blessure bégnine, et suggére une thérapie par le rire en proposant de raconter celle de la pute et du cocombre hémorroïdaire.

Pour le médecin de la Légion étrangère à Djibouti, c'est clair : "Faut amputer !!!". Le dealer du coin de la rue aurait privilégié un bon garrot et une piqure de brune. Quant au Dr Delajoux... non, on se passera bien de l'avis du Dr Delajoux.

Enfin, on se doute que le Dr Petiot, en son temps, aurait livré un diagnostic drastique. On peut penser également qu'il aurait particulièrement apprécié jouer face aux joueurs de SS.

 

Finalement, l'os ne semblerait pas touché et l'indisponibilité pas trop longue pour Busi. Ouf, ça aurait vraiment fait beaucoup... Une victoire sans briller et une liste de blessés qui s'allonge, le Barça a encore des soucis dans sa chasse aux meringues.

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Commentaires: 2
  • #1

    Miguel (mardi, 07 février 2012 16:03)

    "azulblancos" est un peu lourd. On utilise habituellemnt le terme "blanquiazules"

    Cela dit, la rédaction, comme souvent, tutoie le triple A.

    Miguel (d'Andalousie et inconditionnel du Real)

  • #2

    Blograna (jeudi, 09 février 2012 14:04)

    Arf. Merci pour la reprise, effectivement blanquiazul c'est mieux. Noté pour un prochain match contre l'Espanyol, le Depor, ou le GF38.

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