Une soirée à la pharmacie de garde...

Pour le retour de la Ligue des Champions, face à Leverkusen, le géant mondial du médicament, on pouvait se demander si l'on allait avoir droit au véritable Barça ou au générique aperçu lors des dernières sorties. Pour l'occasion, les Pep Boys avaient sorti leur maillot verdâtre comme un tube d'Aspirine UPSA, dans un match où l'on a longtemps attendu l'effervescence.

Rendez-vous était pris, en ce 14 février qui nous coûte habituellement cher en resto et/ou bouquet de fleurs, à la BayArena de Leverkusen. Là où les nostalgiques, dans leur chemise à carreaux empruntée à Pierre Sled, ont découvert la blondeur péroxydée de l'emblématique Carsten Ramelöw, le renard des surfaces Ulf Kirsten, et Hans-Jörg Butt, le gardien qui portait bien son nom en marquant sur penalty. Le tout commenté en version quasi-originale par Karl-Heinz Sabattier.

Le Bayer, outre donc son nom de société pharmaceutique, c'est évidemment l'épopée de 2002 en Ligue des Champions. Les premiers t-shirts "100% Jesus" de Lucio, le faciès d'Oliver Neuville qui allait annoncer quelques années plus tard celui de Mesut Ozil, un très bon latéral gauche argentin du nom de Diego Placente (oui, amis Girondins, il a été bon, il fut un temps). Et évidemment Michael Ballack, revenu depuis finir une carrière rondement mené avec sa trajectoire Bayerno-Chelso-Mannschafteuse.

Au coup d'envoi, Ballack n'était pourtant pas là hier. Pas plus que Xavi, Piqué et Tello, tous les trois engoncés dans leur parka tribunoïde, pour diverses raisons. Des cataplasmes sur le mollet pour Xavi, des pansements sur son match indigent de Pampelune pour Shakiro. Tello, lui, paye l'abondance de biens au poste d'ailier, Cuenca et Pedro, bien que moins convaincants dernièrement lui étant préférés sur le banc, et Adriano sur le pré.

 

Si nous nous permettons cet aparté good old days sur le Bayer d'antan, c'est que cette première mi-temps sous Prozac n'avait vraiment rien pour faire frétiller la stache de Rudi Völler, autre historique de ce club.

Le jeu proposé par un FCB sans mouvement ressemble à une ordonnance prescrite pour lutter contre l'insomnie, un comprimé soporifique trois fois par jour par voie non-cutanée. Messi est englué dans une défense très regroupée, Alexis et Adriano à l'arrêt sur les ailes, c'est l'immobilisme qui domine. Au milieu, les rentrants Busquets et Iniesta ont du mal à se mettre dans le rythme. Busi, à la productivité habituellement fiable comme l'industrie japonaise, a connu hier un éléphantesque taux de rebuts. A la troisème pointe du triangle, Cesc a démontré ses limites dans un poste bas. Il est clairement meilleur derrière Messi, plus à l'aise dans la dernière passe que dans la passe qui oriente et qui rythme le jeu au milieu.

Bref, entre ce Barça sans alchimie ni solution acqueuse, et un Bayer avec autant d'intentions qu'une nonne face à un chippendale, le premier acte est aussi mémorable que le passage de Julien Faubert au Real Madrid. Jusqu'à la 41ème minute. Le moment choisi par Faudel, au bout d'un sprint légèrement centripète, pour glisser entre les jambes du gardien un caviar de Messi. 1-0 à la pause, le diagnostic est flatteur.

 

Revigorés par une tournée générale de Guronsan à la mi-temps, les Allemands sortent de leur léthargie et égalisent rapidement par Kadlec de la tête. Ce but agit comme une piqûre d'adrénaline dans les veines blaugrana, et signe le réveil des hommes de Guardiola. Faudel redonne l'avantage aux siens dans la foulée sur une ballon de Fab Fab, à nouveau en profondeur, réponse de la soirée à l'incapacité à jouer sur les ailes.

Plus fluide offensivement grâce aux raids de la Pulga et l'entrée de Thiago, les Catalans subissent des crises de panique dans leur arrière-garde à la moindre volonté teutonne. Une sérénité qui avoisine le néant, et qui offre deux énormes occasions au Bayer. Une frappe de Castro finira sur le poteau, VV s'occupant de capter l'autre.

C'est à peu près tout au niveau sueurs froides, les dernières opportunités sont culés. Une chorégraphie virevoltante de D10S au cordeau, aggrementée d'un bridge lumineux, voit sa trajectoire interrompue par le poteau. C'est partie remise pour le Ballon d'Or, qui conclut la consultation de près après un long une-deux avec Alvès.

Même si le patient n'est pas encore complètement guéri de ses maux, le FCB peut être satisfait de cette victoire qui lui assure, à 98% selon les statistiques, le passage en quarts. On s'épargnera donc les comptes d'apothicaire pour les chances de qualification. Le niveau affiché, très perfectible, était cependant largement suffisant face à Leverkusen.

Ce devrait être plus dur ce weekend en Liga face à Valence. Avant (enfin) d'avoir une semaine de repos, sans match en milieu de semaine.

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