Les voisins, c'est les autres...

Une citation mutante, croisement littéraire et anachronique entre Lapalisse et Jean-Paul Sartre, pour accueillir la troisième confrontation de ce début d'année avec le FC Valence. Encore une fois, du football-champagne, qui n'aurait pas donné à son auteur l'envie d'écrire La Nausée.

Les Beaux Gosses
Les Beaux Gosses

Le week-end ne s'annonçait pourtant pas très bien. Samedi, le Madrid avait rossé Santander avec une manita de Simpsons, comme la semaine dernière (avec une rouge sévère en première mi-temps pour les visiteurs, comme la semaine dernière). Au coup d'envoi, le FCB pointait donc à 13 unités des meringues. Même Nagui, en fin connaisseur, commence à douter du fait que le champion reste champion. La Liga est-elle déjà pliée ? Duo, carré ou cash...

Dans l'après-midi, le Real avait confirmé sa supériorité dans la finale de Copa del Rey de Basket, en s'imposant dans le Clasico, grâce notamment à Sergio Llull, l'homme qui, vu l'orthographe de son nom, aurait pu faire de la publicité pour Renault dans les années 60.

La journée de dimanche, elle, était marquée du sceau de la bêtise par Ever Banega, le milieu valencian. Capable de prouesses sur un terrain, il semble perdre ses moyens dans la vie de tous les jours. Faire le plein sans serrer le frein à main, ce n'est pas ce qu'on a vu de plus clairvoyant ces derniers temps, surtout quand la voiture vient vous écraser et fracturer tibia et péroné. De quoi se positionner pour les Darwin Awards 2012. Santi Canizares, en amateur éclairé de la blessure à la con, a sans doute apprécié.

Le Barça jouait donc hier pour ne pas creuser un peu plus le canyon qui le sépare des visages pâles. Privés d'Alvès et Mascherano, tous deux placés en quarantaine suite à une cartonite aigüe, Piqué retrouve sa place dans l'axe, et Montoya, grand espoir en mal de temps de jeu, est titularisé à droite. Autant dire qu'ils étaient attendus au tournant. Et qu'ils ont fait un tout droit dans le premier virage. A la 8ème, sur un centre en cloche de Feghouli, Piatti est abandonné par Montoya, dans le dos de Shakiro, pour l'ouverture du score. Sur le coup, on ne peut pas dire que Valdès, auteur d'une sortie d'inspiration discutable, les ait vraiment aidés.

Malgré une entame prometteuse dans le jeu, les Catalans sont rapidement menés par les Murcielagos. Ces chiroptères sont vraiment de sales bêtes.

Le Barça propose cependant un jeu plus conforme à sa légende que lors de ses sorties récentes. Au milieu, Busquets et Iniesta, hors du coup pour leur retour mercredi à Leverkusen, sont dignes de leur rang. Don Andrès alterne les coups d'accélérateurs en dribbles ou en passe, pour accompagner un Cesc très attiré par la surface adverse. Devant, Alexis et Pedro, saignants, se partagent la verticalité et le jeu écarté. Le tout libérant des boulevards pour Messi, en grand adepte de la chevauchée sur demi-terrain.

Dans un inventaire quasi-exhaustif des variantes du jeu d'attaque, les hommes de Pep régalent et reviennent rapidement dans la partie, prenant même le score avant la demi-heure grâce a un doublé de D10S. Un face-à-face gagnant dans un angle impossible, puis une conclusion en deux temps au terme d'un long jeu en triangle avec Iniesta et Abidieu.

Le dernier quart d'heure de la première mi-temps est une boucherie végétarienne, les Blaugranas se créent une savoureuse demi-douzaine d'occasions mais les renvoient en cuisine pour un problème de cuisson. A 2-1 à la pause, les hôtes ont fait une sacrée ristourne sur l'addition, en oubliant de facturer le dessert, le café et le digeot.

Les principaux responsables du quart d'heure croquette sont Faudel et Fabulous Fab, excellents dans le jeu mais approximatifs dans le dernier geste, une prestation inversement proportionnelle à leurs dernières copies respectives. Notamment grâce au Chilien, les Catalans utilisent parfaitement la profondeur pour créer des brèches dans l'arrière-garde adverse (la rédaction de Blograna laisse le champ libre à la Blaugrana Académie pour toutes les vannes sur cette thématique).

L'action du match est pour Cesc. A la réception d'un caviar feuille-morté d'Iniesta, c'est la barre qui renvoie son retourné 180° en pleine course (une technique certainement enseignée par Sangohan).

 

Début de 2nde, on prend les mêmes... Fab se prend pour Messi, puis Alexis se prend pour Sanchez, encore une paire de parades pour Diego Alvès, qui retarde le naufrage du Costa Valencia. Pas grand monde ne semble vouloir lui venir en aide côté Che, surtout pas Robert Soldat, apparemment réformé pour cette rencontre.

Comme dans une soirée arrosée, les opportunités s'ammoncellent, mais toujours pas de break. Pedro marque en position illicite, la Pulga écrase une tête opiniâtre sur la transversale, Cesc réussit dans un fauteuil un drop du point de pénalty... Aussi efficaces que le Bakayoko grande époque, le FCB se met en danger, et évite le pire lorsque la main ferme de VV repousse une volée de Feghouli, la meilleure chauve-souris hier soir. Ce sera la seule frayeur.

 

Boostée par l'entrée de Tello, qui aime la provocation au moins autant que Zemmour et Naulleau, l'équipe de Pep renclanche la marche avant. Et s'en remet une fois de plus au Michelange local. Une frappe opportuniste suite à une action de Tello, une balle piquée au terme d'une passe en profondeur de Busquets. On avait laissé D10S avec son duo à la mi-temps, on le retrouve pour boucler le carré à la fin. Et Valence paie cash. Le bateau Che, qui avait subi la tempête sans trop de dégats, craque de poupe en proue, et boit la tasse sans discontinuer sur la fin. Xavi, entré 5 minutes avant, clot la marque d'un lob caressé de l'extérieur du droit.

Impliqué sur 4 des 5 buts, dont 2 sur lesquels il est clairement fautif, Adil, Rami or notre ami, n'a pas fait hier la meilleure autopromo envisageable. Courtisé par Barcelone, on peut douter que ce match ait convaincu Rosell de lâcher 25 millions pour faire venir du rimmel et du mascara dans sa charnière centrale.

 

Les supporters culés étaient inquiets du niveau de jeu des leurs, ils sont rassurés. Si les vendanges massives seront à proscire en Champions League, le contenu était du meilleur millésime, surtout pour un match joué sans Xavi au gouvernail. On pourra quand même regretter qu'une telle équipe se retouve aujourd'hui à 10 points du Real.

Bonne nouvelle, les Pep Boys vont enfin avoir une semaine de répit, pas de match avant le périlleux mais excitant déplacement à Caldéron dimanche face à l'Atletico. Une semaine sans match qui ne coincide pas avec une semaine de chômage pour Blograna; rendez-vous mardi, comme d'habitude, pour de nouvelles têtes vintage dans le coin Panini. 

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Commentaires: 2
  • #1

    Yamina (lundi, 20 février 2012 20:20)

    Parfait, comme d'habitude !

  • #2

    marie letheuil (dimanche, 11 mars 2012 20:13)

    je suis vraiment fan de ces articles!! c'est vivant !! objectif !! bravo

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