Face aux vents contraires...

Une semaine après sa victoire face à l'Atletico, le Barça faisait encore dans la rayure rouge et blanche face au Sporting Gijon, club formateur de David Villa. En jouant la veille du Real, les joueurs de Pep avaient, pour une fois, la possibilité de combler le gouffre et de revenir à 7 points du leader. Ce qui fut fait, à la lutte face aux éléments extérieurs.

C'est le match d'après. Celui qui, depuis une paire d'années, fait peur à l'aficion blaugrana, programmé dans les quelques jours qui suivent l'exil de la diaspora barcelonaise vers les matches de sélection. Le virus FIFA a frappé par le passé, les spectateurs du Camp Nou espèrent que le fléau ne sera pas de sortie face aux Asturiens.

Avant même le début de la partie, le virus a déjà fait des victimes. Abidal est revenu de son escapade tricolore avec des bleus aux adducteurs, même chose pour Thiago, blessé lors d'un entraînement de la Roja. Alexis a pu cumuler des Mile's grâce à la fédé Chilienne, qui l'a envoyé faire un aller-retour express chez l'Oncle Sam, mais il est mis au frais sur le banc par Pep au coup d'envoi. Pour compléter la liste des absences, justifiées par un mot des parents sur le carnet de correspondance, Busquets et Messi paient la propension arbitrale à les couvrir de jaune. 

Sévère sur l'ensemble de son oeuvre, la suspension de D10S peut pourtant être reçue comme une bonne nouvelle côté catalan. Trois jours après son premier triplé en Albiceleste, Leo va enfin pouvoir souffler. Guardiola ne l'intègre jamais dans le turnover qu'il a mis en place depuis quelques mois, il faut donc s'en remettre au corps arbitral espagnol pour sentir l'urgence et imposer une trêve au génie. Il est toujours préférable que ça vienne d'eux que d'une agression caractérisée, de Pepe par exemple (totalement au hasard...) qui priverait la Pulga de pelouse sur une plus longue période.

Mais la vie sans Messi suscite toujours des questions. L'an passé, face au même adversaire, l'accouchement avait été particulièrement difficile. Cette fois, comme face à Osasuna pour le premier match de l'année 2012, Cesc occupe la pointe, encadré par Cuenca et Pedro. La triade Xavi-Iniesta-Keita au milieu. Derrière, c'est brasilou sur les côtés, Alvès et Adriano, avec Piqué et Masche dans l'axe.

Pour l'occasion, Javier Clemente, en expert éclairé de la maçonnerie, avait confectionné un ô combien subtil mur double couche. Une première rangée de parpaings BM7, une seconde de pavés autobloquants, le tout noyé dans une épaisse nappe de béton, comme un hommage aux stations balnéaires de la Costa Blanca. Tout au long de la première période, pendant laquelle la girouette n'a pas changé de cap, les amateurs de hand auront cru reconnaître leur sport, avec un Gijon dont le coeur a balancé entre la défense 6-0 et le refus de jeu... Fred Brindelle est déçu, aucune roucoulette ne sera tentée dans la suite du match.

En échec face à cette défense pour le moins compacte, le Barça peine à faire des décalages. Fab n'est pas Fab, englué et isolé dans l'axe, où Pedro vient quand même faire le nombre, marquant au passage en position de hors-jeu. Cuenca est remuant sur son aile mais n'est jamais dédoublé par Adriano. Bref, les seuls éclairs viennent des souliers bleus d'Iniesta. Un toque divertissant, beaucoup de situations, mais peu d'occasions à l'heure du décompte. Faute de précision dans le dernier geste, la surface Asturienne est un gouleau d'étranglement. On se croirait au péage de Lançon-de-Provence pendant le weekend de chassé-croisé entre Juilletistes et Aoutiens.

La situation aurait pu se décanter avec un coup de sifflet, mais M. Velasco Carballo a eu la décision réfractaire, comme le béton asturien, sur deux actions litigieuses à l'endroit d'Alvès puis de Keita. Finalement, le verrou saute peu avant la mi-temps, sur une action ping-pong d'école; Adriano, discret jusque-là, s'invite dans la surface à la faveur d'un une-deux avec Seydou, fixe le gardien et offre à Iniesta le dépucelage de son compteur but en Liga cette saison. Dans la foulée, Cesc, envoyé au face-à-face par Dani Alvès, en croque une petite.

1-0 pour le retour au vestiaire, la copie du FCB tient plus de l'agréable brise printanière que du dévastateur ouragan tropical. Mais on imagine que l'ouverture du score risque de provoquer des courants d'air dans la défense de Gijon.

Pas bien longtemps. Dès le début de la seconde, les Alizés changent de cap comme les mouches aiment à changer d'âne. Piqué déséquilibre De Las Cuevas qui file au but. A première vue indiscutable, l'expulsion paraît sévère au ralenti. On va dire que l'attaquant a bien joué le coup. Sans être scandaleude, la décision s'ajoute au 2 penalties non accordés, et ça pique au moment de faire l'addition. Surtout que sur la l'action suivante, Adriano puis Valdès s'enrhument pour l'égalisation de David Barral.

Un partout à la 48ème, avantage numérique, Gijon joue la Castafiore, les Asturies de se voir si belles en ce miroir. Le Barça se retrouve, vent de face, au pied du mur conçu par Clemente, architecte du ciment prompt. Les rugbymen les plus avertis nous diront que c'est au pied du mur qu'on voit le mieux le mur, mais on sent le match difficile poindre son nez.

 

La physionomie va cependant rester la même, attaque défense, même si les visiteurs tentent leur chances en contre. A l'heure de jeu, Pep fait entrer les moteurs à injection, Tello et Faudel, à la place des décevants Autolib Fabregas et Pedro. Sans plus de réussite, Alexis bafouille face au gardien, un lapsus qui conforte le hold-up rojiblanco. Le gros nuage noir du syndrôme FIFA se pointe au dessus du Camp Nou dans le dernier quart d'heure, moment choisi par Keita, très propre hier, pour faire la diff'. Décalé par une déviation du petit Prince du Raï, le Malien nous sort un enroulé magique du gauche, Monsieur Propre au pays des toiles d'araignées. L'ancien Lorientais, qui fait autant l'unanimité chez les hinchas que Dirty Dancing au sein d'un couple, a justifié hier l'intérêt de Liverpool, du Milan et du Bayern qui le verraient bien gérer leur milieu de terrain la saison prochaine.

Au Barça forcément, il laisse le gouvernail à Iniesta et Xavi, qui s'entendent comme larrons en foire sur le 3ème but. Balle piquée de Don Andrès au coeur de la défense, la même pour Xavi, pour un lob de plus sur un gardien de Liga, nouvelle spécialité du patron.

3-1, les zéphyrs perfides retombent, le triangle d'or du milieu offre une victoire difficile mais arrachée à la sueur du front, grâce à trois golazos, face à un Gijon qui a mieux résisté que Mormeck face à Klistchko.

 

Le FCB revient à 7 points, en espérant un exploit de nos voisins Pericos à Bernabeu (espérons déjà qu'un adversaire du Madrid finisse un match à 11). Dans la rubrique faits divers, Pep a perdu Piqué pour le déplacement à Santander, et Alexis, pointe à l'adducteur en fin de match, aura 10 jours pour digérer son voyage au States.

 

Grosse semaine à venir. Quand vous aurez ingurgité le résumé dans la Blaugrana Académie sur Horsjeu.net, vous retrouverez une nouvelle racion dans le Coin Panini.

Puis jeudi, retrouvez-nous pour le résumé du retour de Champions face au Bayer Leverkusen.

Si vous motivez encore 4 de vos potes, vous aurez droit à la surprise cette semaine, on en est à 96 likers.

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Commentaires: 4
  • #1

    Jean-Marc Mormeck (dimanche, 04 mars 2012 21:57)

    Je sentais bien que j'avais toutes mes chances...

  • #2

    blograna (dimanche, 04 mars 2012 23:51)

    Petit complément que j'avais oublié. Un autre pénalty non sifflé en seconde période, pour une mimine rampante...
    Concernant Piqué, il a déclaré que son expulsion avait "été préméditée" par l'arbitre. Le comité des Arbitres va porter plainte, il va bien prendre 3 matches... Belle soirée!

  • #3

    Al Invernon (lundi, 05 mars 2012 11:13)

    Espérons un exploit de l'Espanyol à Bernabeu... ou pas !!

  • #4

    C'est doux (samedi, 10 mars 2012 22:04)

    Oyé oyé Keita est avant tout un ancien lensois qu'un ancien lorientais.

    Bon ok ça veut rien dire, c'est juste que le coeur sang & Or qui parle ;-)


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