En mode économie d'énergie

Le Barça recevait ce mercredi le Bayer Leverkusen pour une formalité, composter le billet pour les quarts que les joueurs de Pep avaient déjà dans les mains. L'issue ne faisant aucun doute (contrairement au coach Allemand, dont le nom aura rarement aussi bien dépeind les sentiments), les Blaugrana avaient décidé de se mettre aux économies d'énergie, et de transformer le Camp Nou en maison BBC.

"Je suis né là-haut..."
"Je suis né là-haut..."

Pour cette mise aux normes des édifices peu énergivores, Guardiola avait choisi ses meilleurs thermiciens, même si bon nombre d'entre eux étaient hors d'état de nuire (Abi, Puyi, Thiago et Faudel tenant compagnie en tribune à Villa et Affelay, fidèles au poste). La compo est ce que Pep peut proposer de mieux, Alvès-Piqué-Masche-Adriano aux remparts, Busquets-Xavi-Cesc à la sentinelle, Pedro-Iniesta-Messi sur le pont-levis. Etrange, on voit, dans le tunnel, Leo gober un cachet... Une aspirine contre des maux de têtes selon les médias espagnols. On attend avec impatience la version des Guignols, ou celle de Yannick Noah, habitué lui d'un autre type de médecine (grand amateur de potion magique, il aimait à aller cueillir le gui avec Panoramix dans la forêt des Carnutes, mais gardait la récolte pour sa consommation personnelle).

Les 20 premières minutes sont compliquées. Gros pressing des Allemands, qui misent également sur une stratégie qui a fait ses preuves dans le championnat écossais, de grands ballons devant et des duels aériens, sur lesquels Piqué est le seul à rivaliser côté catalan. Le milieu des Champions du Monde semble aussi bien organisé que Pôle Emploi, on ne situe pas très bien les zones de confort de Fab et d'Iniesta. Parler de confort est un peu osé pour Don Andrès, qui prend un bâton dans les rayons toutes les 5 minutes, à chaque dribble réussi.

La qualif' du Barça va passer comme une lettre à la poste, le courrier est déjà affranchi et l'UEFA attend le pli, mais personne ne semble vouloir se faire violence pour aller à la boîte aux lettres la plus proche. Surs de leur fait, les Pep Boys jouent à 50%, tranquillement, sans forcer, et cherchent comment mettre en route cette p***** de pompe à chaleur.

C'est évidemment Messi qui a la notice, et comme il sait que l'isolation est fondamentale, il va lui même poser le double vitrage avant la mi-temps. La pose de la première couche est du travail d'apprenti, sur une ouverture callipyge de Xavi en profondeur, la Pulga rate à moitié sa louche, qui trompe Leno plus qu'elle ne le lobe. Ca fait 1-0 tout de même. Les observateurs avertis se rappellent d'un lob mieux touché il y a un mois à Villareal, qui avait flirté avec le mauvais côté du poteau, pour un match nul et deux points perdus.

La pose du second vitrage, elle, relève du travail de pro. Action à une touche, décalage d'Iniesta, D10S rentre sur son gauche, feinte puis feinte la frappe et, une main à la place du pied, dépose ses achats au fond du panier à provision.

 

2-0 à la mi-temps, l'enveloppe a reçu le cachet postal. Certains passent pourtant une soirée pépère, notamment Cesc qui en a gardé sous la semelle, à l'image d'un pote qui vient faire le nombre au futsal en disant "Demain, j'ai un match important". Alors qu'on pouvait craindre le non-match, les Barcelonais vont au contraire, passer aux ampoules basse consommation pour fournir un éclairage d'une rare intensité dans le deuxième acte. Spectacle son et lumières à moindres frais.

Le Bayer et son officine d'apothique ressemblent à une barre HLM insalubre du début des années 60, avec chauffage électrique au rendement proche du néant. Ca sent la grosse facture à la fin du match, et le délabrement complet de l'édifice, qui va rapidement virer au taudis.

La seconde partie de l'entraînement (du match?), lorsque l'on est passé sur demi-terrain, convient mieux aux hommes de Guardiola, qui prennent plus de plaisir dans la séance. Il ne faut pas attendre très longtemps pour que Leo, à nouveau lancé verticalement par Xavi, capitaine d'un soir, prouve à tout le monde que s'il le veut, il peut marquer même en réussissant son lob, et du pied droit s'il le décide... On a repris depuis 5 minutes, et déjà le génial argentin peut appeler madame, pour faire un peut de place dans la vitrine du salon, il s'est rendu propriétaire du ballon du match.

50ème minute, Guardiola décide de passer en moteur hybride, en faisant sortir conjointement ses 2 soupapes principales, Xaviniesta, au profit de Michel Tello et Michel Seydou Keita. Bref, c'était pas une entrée de Jackys.

Toujours aussi percutant sur son aile gauche, Tello a permis par son entrée de redonner une organisation tactique claire au FCB, avec deux ailiers pur jus. Alors que Pedro avait le goût du nectar coupé à l'eau, le jeune canterano avait lui de la pulpe à revendre. Dans tous les bons coups, il a commencé par rendre hommage à Thierry Henry, en scorant le 4ème d'un plat du pied droit sorti du moule de l'ancien Gunner. Du travail propre et soigné, qui lui donne envie de retenter sa chance dans le même style. C'est moins propre, mais tout aussi efficace, grâce à Leno qui dans le but de Leverkusen a visiblement souhaité rendre un hommage à Luis Arconada. En fin de match, Tello aura une dernière occase, un face-à-face galvaudé, comme un hommage à Stéphane Guivarc'h (qui fait actuellement des super promos sur ses piscines, avis aux intéressés...).

Le match vire au supplice pour le Bayer, dont le milieu de terrain s'est transformé en portes de saloon. Avec les économies réalisées, Leo Messi vous refait également la déco. Après un double une-deux avec Pedro à l'entrée de la boîte, la défense tergiverse, son gardien avec, et la Puce n'a plus qu'à pousser le ballon dans le but, le tout dans un angle fermé à double tour. A ce moment-là, ça fait déjà 6-0. Tennistiquement, on appelle ça mettre une roue... Jeu, set et match ? Que nenni, marquer un quadruplé, l'argentin l'a déjà fait il y a 2 semaines contre Valence, alors il remet un coup de rein à 5 minutes du terme, un plat du pied des 16 mètres logé dans le petit filet, comme une caresse sur une joue de princesse.

A 7-0, les locaux s'accordent un petit relâchement, et Bellarabbi en profite pour réduire le score pour les Allemands, une deux d'école et enroulé lunette, c'est beau mais un peu tardif...

Guardiola félicite au passage son homologue Dutt, et peut laisser tranquille la concha de su madre...

Le match se termine, 7 à 1. Une véritable boucherie. Halal ou pas, ami Claude Guéant, je te laisse seul juge, mais tu peux te faire aider par François Fillon si tu le souhaites. Humilié dans sa chair, l'emblématique Carsten Ramelow a du passer une bien mauvaise soirée, anéanti dans son canapé... Une soirée aussi pourrie que celle de Jean-Michel Aulas et de l'ensemble du foot français? Pas sûr.

 

 

On se retrouve dimanche pour le match au Sardinero de Santander.

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Commentaires: 1
  • #1

    Eva Joly (jeudi, 08 mars 2012 23:03)

    J'approuve le message de fond.

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