Les soirées de Berlusconi, c'était mieux avant...

Dans un San Siro déguisé en Pacman, Barça et Milan ont livré un match inégal, entre une première mi-temps pétillante et une seconde période sans sirop, fade et sans saveur. On pouvait difficilement s’attendre à un match sans but, pourtant les protagonistes se sont rendus coupables d’une clean sheet intégrale.

Giuseppe Meazza était passé au salon du geek, coloré aux couleurs du gros mangeur jaune, pour préparer l’hébergement du quart de finale le plus alléchant, sur le papier au moins, de cette Champions League. Ce tifo, réservé aux aficionados d’Amstrad, était en fait une diversion, pour que les regards ne se portent pas sur la vieille moquette spongiforme qui tient lieu de pelouse dans l’antre du Milan. Un carré de verdure, ou plutôt des strates de lichen, qui font penser à un match sur un tapis de Subbutéo non repassé. Les jardiniers locaux entretiennent probablement la verdure à la truelle.

Pour les retrouvailles avec les rossoneri, quelques mois après une victoire 3-2 au même endroit, Guardiola avait aligné une équipe quasi-type. Puyol titularisé latéral gauche, ce sera certainement la formule de base pour la fin de saison, la surprise se situe au milieu, où Seydou est préféré à Cesc, pour amener un peu de viande à côté de Busquets. Devant, c’est Iniesta qui hérite du flanc gauche laissé vacant par Mélenchon pour la soirée. Faudel à droite, et Messi dans l’axe, complètent un onze qui s’emploiera à ne pas glisser pendant 90 minutes.

Enfin, 88 plutôt, car les Catalans sont seulement entrés dans le match après les 120 secondes inaugurales. Le temps d’offrir des boulevards, de relances floues en marquages approximatifs, à Boateng puis Robinho, qui ont le bon goût de villipender deux occases monumentales. Passés un peu moins près de la guillotine que Louis XVI en son temps, les Blaugrana prennent le contrôle du jeu, et s’installent dans le camp lombard. Ce sera le schéma de la première mi-temps, le FCB fait du camping dans les 25 mètres de Berlusconi. L’emplacement est bon, calme et pas loin du bloc sanitaire, on attend Patrick Chirac pour un petit jaune entre amis (oui, la rédaction s’autorise aussi des références aux calvaires les moins digestes du cinéma français).

La rencontre se complait dans un rythme bizarre, les barcelonais monopolisent la gonfle aux abords de la surface mais presque tout le monde joue en marchant. Les occasions se présentent quand même, pourtant il se dégage un singulier manque de conviction dans la finition. Keita tente de mettre la tête à hauteur de pied, Xavi écrase ses deux frappes, imité par Don Andrès. Messi trouve bien l’ouverture sur un service d’Alvès, mais est signalé fuorigiocco, lui le fuoriclasse, comme aiment à le dire nos amis italiens qui s’autorisent à parler calcio. Entre-temps, Milan avait fait trembler les fans clubs du Barça, sur un contre mal exploité par Zlatan le Modeste, son plat du pied gauche chétif finit dans les gants de Valdès.

Tout aurait pu (dû ?) basculer sur un coup franc joué en triangle, où Alexis se trouve face à Abbiati aux 6 mètres. Il crochète le gardien, qui lui rend la pareille et le crochète lui aussi, exactement au même endroit (vous pouvez vérifier sur Google Map) où Mandanda avait reçu la double sanction il y a 2 semaines. Là, l’arbitre n’a pas daigné montrer le petit point blanc. On pourra également apprécier la prise de décision et de responsabilité de l’arbitre de surface, aux premières loges à 3 mètres de l’action, mais qui était visiblement venu là passer la soirée, tranquillement, en touriste.

 

Le score reste vierge à la mi-temps, et aucun Strauss-Kahn à l’horizon pour l’encoquiner. Le Barça a passé 45 minutes à essayer de rentrer balle au pied dans les buts milanais, il va passer les 45 suivantes à… à… à pas grand-chose en fait. Après du haut niveau dans la première moitié, c’est le trou noir en seconde mi-temps, personne n’essaie d’attaquer, le rythme disparaît, on se croirait dans un film de David Lynch. Ou, plus précisément, les spectateurs sont saisis d’un ennui rarement vu depuis les meilleurs discours de Raymond Barre au moment du scandale de la Josacine. Bref, on ne va pas s’attarder sur une fin de match qui a commencé à la 47 ème, et qui a duré, duré, duréééé. Assez inoffensifs, les hommes de Pep se sont néanmoins procurés une poignée d’opportunités, une frappe de Messi dans une forêt de jambes, un tir en angle fermé de Tello, entré en cours pour amener un coup de sang. La meilleure situation aura été cette tête du capitaine, sur corner, qui frôle le poteau. Une action sur laquelle son maillot s’étire sur 4 fois sa longueur initiale, sans que l’homme au sifflet, ni son collègue de surface, ne bronchent.

Il ne s’est donc pas passé grand-chose, on retiendra donc le middle-kick désespéré de Nesta sur un Messi trop jeune pour lui, puis le sandwich au Leo tenté et réussi par la défense centrale quelques minutes plus tard. Certainement un futur best-seller des baraques à frites du Camp Nou.

 

Le match se termine donc dans la satisfaction générale, comme toute bonne purge qui touche à sa fin. Le Barça, peu fringant, ramène un bon nul, et des chances de qualif’ intactes pour mardi prochain.

 

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Suite à des remarques sur l’absence de notation, nous avons décidé de commettre un tableau d’honneur pour saluer le best et le worst of des performances de la soirée.

 

Le Client

L’homme du match, le caïd.

Piqué, après un début de partie cahin-caha, a été intratable dans les duels. Comme Pierre Martinet dans les assiettes.

 

Le Bialès

Comme le Commissaire Bialès, sorti à son époque de l’école de Police avec une moyenne de 11/20, ce qui est bien, mais pas top, Puyol a livré un match combatif, ce qui est quasiment un pléonasme, mais a été très peu mis en difficulté par le côté droit du Milan, aussi présent que Jacques Cheminade dans les sondages.

 

Le Casper

Aussi en vue que le héros du dessin animé, Faudel a livré un match à la limite du fantômatique, même s’il aurait dû se voir offrir un penalty. Un acting surjoué valbuenesque l’a trahi.

 

Le Cagolin

Petite peluche mascotte d’une équipe, le Cagolin est traditionnellement octroyé au plus mauvais joueur du match, puis remis en jeu au match d’après. Mercredi, c’est Iniesta qui emporte la palme haut la main. Pas inspiré, entre dribbles ratés et mauvais choix, il a eu tout faux. Un Cagolin qu’on lui remet sans scrupules puisqu’il sera peut-être le seul qu’il récoltera cette année.

 

Sur ce, n’oubliez pas d’aller faire un big up au retour (provisoire) de Hristo dans l’Académie. On se retrouve ce weekend pour la réception de l’Atletic Bilbao, et dans le Coin Panini, comme d’habitude.

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Commentaires: 1
  • #1

    KARIM (dimanche, 01 avril 2012 20:27)

    Comme d'hab, éloquence, rhétorique, style, élocution de haute volée ... Hats Off Milord Ju - un Big UP de Casablanca, berceau des Rajaouis, adorateurs du style raffiné :)

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