Au carrefour de l'Europe

Coincé entre deux confrontations européennes, cette rencontre contre l'Athletic avait un parfum d'avant-goût, de finale de Copa del Rey, et pourquoi pas, rêvons-en de Supercoupe d'Europe. C'était surtout l'occasion de se régaler, pour les yeux avides de joueurs de ballon.

Nouvel épisode entre Real et Barça, dans leur tiercé à 2, ce qui manque clairement d’intérêt hippique. Les turfistes Catalans avaient espéré des difficultés pour la pouliche madrilène, sur le difficile hippodrome de Pampelune, où les favoris ont parfois du mal à finir placés. Las, bien drivé par José dans sa casaque habituelle, Blancheur de Castille, déferrée des 4 et à l’aise sur terrain sec, s’est imposée haut la main dans la première, mettant du même coup la pression sur l’écurie Guardiola pour la seconde.

Match particulièrement alléchant au Camp Nou, en seconde partie de soirée, entre deux équipes qui sont, dans la péninsule et peut-être sur le continent, ce qu'il se fait de mieux en terme de futebol. Difficile dans cette rencontre de ne pas évoquer l’affrontement des cerveaux entre Bielsa et Guardiola, architectes-philosophes d’un football où la possession est reine. On vous épargnera le cliché en acier trempé sur la confrontation entre le maître et l’élève, pour savoir si le second a dépassé le premier. En tout cas , ce qu’on peut vous dire, c’est que Pep s’est inspiré de Bielsa, mais il s’est arrêté avant la garde-robe, et bien lui en a pris. Le costard cintré est autrement plus seyant que le vieux survêt’ en moleton, tout juste bon pour aller promener le clébard à la base de loisir le dimanche matin, en n’oubliant pas de s’arrêter pour se jeter une mousse à l’estaminet voisin sur le chemin du retour.

Aberration calendaire oblige, cette partie ne pouvait avoir lieu que dans l’étroit goulot de 5 jours entre le Schalke- Bilbao de jeudi dernier et le FCB-Milan de mardi  prochain. Ce sont les Basques qui trinquent, avec seulement 48h de rab avant d’enfiler leur tenue au Camp Nou.

 

Bielsa avait donc logiquement exercé son droit de rotation à l'encontre de son onze de départ. N'en déplaise à ces dames, les yeux bleu lagon et la tignasse ondulée de Fernando Llorente avaient laissé place au crâne luisant de Toquero en pointe, Muniain et Ander étant également réservés au frais au coup d'envoi.

Côté Barça, les deux capitaines Puyol et Xavi remplaçants, le brassard sang et or atterit autour du bras tatoué de Valdès. Devant lui une défense classique, Alvès-Piqué-Mascherano, avec le retour d'Adriano à gauche. A Busquets, Iniesta et Thiago la charge de faire le jeu, et au trident Tello-Messi-Alexis celui de finir le travail. A noter la présence d'Alcantara, dont la suspension a été levée pour sa non-main de Majorque. Pas entré en jeu mercredi et à la limite du lumbago, Cesc n'est pas sur la feuille de match, il pourra palabrer le bout de gras en tribunes avec Villa et Affelay.

 

Le moins que l’on puisse dire, c’est que le début n’a rien à voir avec Milan, et son match en bois sur pelouse en carton-pâte. Les déceptions de San Siro semblent en net regain d’entrain. Iniesta a raccroché l’élastique entre son pied et le ballon, et Busquets a retrouvé sa clairvoyance. Les occasions commencent à pointer le bout de leur nez, notamment sous l’impulsion de Piqué qui répond plusieurs fois à l’appel du large, et se retrouve au bout à deux reprises, pour une frappe à côté et une sauvée sur sa ligne par la défense Basque. Les hinchas culés croient à la libération sur une action mielleuse en triangle entre Messi, Alvès et Thiago, mais l’ouverture du score est invalidée pour hors-jeu.

D10S essaie bien de nous rejouer Scapin et ses fourberies, mais son coup-franc rapide destination lucarne est détourné par Iraizoz, vigilant. Totalement dominateurs, les Pep Boys sont de plus en plus gênés aux entournures par les protégés du Fou, mais arrivent à créer le danger en interrompant les sorties de balles de l’Athletic. A la 40ème, Faudel se bat pour récupérer la propriété du cuir et s’appuie sur La Pulga, qui lance Iniesta dans un timing digne de l’horlogerie helvète. Moyennant une feinte de frappe bien sentie qui fixe le dernier défenseur et le gardien, il fait dans la finesse pour déflorer la table de marque en marmitant sous la barre, alors qu’on pouvait penser qu’il offrirait le but à Alexis à ses côtés.

 

Au retour des vestiaires, Bielsa fait rapidement entrer les absents du coup d’envoi, Llorente, Muniain et Ander Herrera, mais son équipe se crééra autant d’opportunités qu’un laideron dans une soirée hype. Les rojiblancos posent néanmoins des soucis au Barça, notamment un marquage incessant sur Leo, qui doit souvent se défaire de 2 joueurs pour se retrouver face au jeu. Surtout, la plupart des attaques Blaugrana viennent se terminer dans l’entonnoir. Comme à Milan, le FCB semble avoir laissé à la banque son jeu sur les ailes. Les deux latéraux ont toujours tendance à rentrer, comme Alexis qui est aspiré par l’axe. Souvent bien placé et démarqué le long de la craie, Tello n’a lui pas un crayon à se mettre sous la dent. Etrangement mis à l’amende par ses coéquipiers qui paraissent (volontairement ?) l’oublier, il n’a que très peu l’occasion de faire profiter de sa force de percussion. Sur le seul ballon potable qu’il jouera avant sa sortie pour Pedro, il enrhume deux défenseurs et vient provoquer un penalty généreux au contact de Javi Martinez. Si Messi est tout heureux de transformer la sentence, son accolade avec Tello était particulièrement tiède lors de la célébration du but.

A l’abri, le Barça se procure encore une poignée d’opportunités. Piqué de la tête, Pedro en face-à-face puis Keita sur la transversale manquent d’en rajouter un. Hors-jeu, Messi se voit refuser un nouveau lob victorieux. Cette feuille morte ne viendra pas s’ajouter à celles des semaines passées, ramassées à la pelle comme dans une chanson sur pré vert. Dans les 10 dernières minutes, Bilbao s’octroie son unique tentative. Muniain trompe Valdès, mais il faut un retour de Piqué, tout en grâce et en souplesse précaires, pour sauver sur la ligne et préserver la clean sheet.

 

On en reste à 2-0, un score pour lequel on signerait illico face à Milan mardi. Quant à l’hypothétique remuntada, il faudra attendre un peu pour que l’écart en tête de la Liga se resserre.

 

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Suite à des remarques sur l’absence de notation, nous avons décidé de commettre un tableau d’honneur pour saluer le best et le worst of des performances de la soirée.

 

Le Client

Après le navet qu’il a pondu à Meazza, Iniesta devait une revanche. A lui-même, à son coach et à toute l’aficion. Chose faite. Pas auteur du meilleur match de sa vie, Don Andrès s’est montré partout, à la fête dans ses dribbles et décisif pour débloquer le score.

Nominés dans la catégorie, les 2 défenseurs centraux ont été plus que solides défensivement, mais surtout rampe de lancement des attaques, tout en raids et en relance ciselées. Impérial de bout en bout, Piqué a failli marquer mais il revient au sommet après s’être vu ostracisé par les suiveurs depuis quelques semaines.

 

Le Bialès

Comme le Commissaire Bialès, sorti à son époque de l’école de Police avec une moyenne de 11/20, ce qui est bien, mais pas top, Thiago paye encore ses gourmandises habituelles, des pertes de balles évitables et un jeu qui gagnerait à se simplifier. Un Bialès sévère pour Thiago, auteur d'un très bon match, dans le volume et les intentions, mais surtout un Bialès d’encouragement; en gommant ces petits défauts il aspire au statut de Client.

Très incisif et remuant, Alexis a benéficié de 2 ou 3 ballons dangereux. Il lui manque le coup de rein et un peu de spontanéité pour s’ouvrir l’angle de frappe. Dommage, il aurait mérité un but pour l’ensemble de son match.

 

Le Casper

Dans le costume de Fantômas ce samedi, Victor Valdès a été réduit au chômage technique par les inexistantes velléités Basques. Il est quand même battu par Muniain en fin de match. Et sauvé par Shakiro.

 

Le Cagolin

Petite peluche mascotte d’une équipe, le Cagolin est traditionnellement octroyé au plus mauvais joueur du match, puis remis en jeu au match d’après. Samedi, c’est Tello qui gagne le droit de s’occuper de la peluche. Un « trophée » que l’ensemble de l’équipe mérite de partager avec lui, coupable de l'avoir mis au ban en le sevrant de ballons. Sur les 2 seuls qu’il a eu à exploiter, il offre un caviar à Piqué et obtient le péno. Un Cagolin plus subi que mérité…

 

 

Sur ce, n’oubliez pas d’aller faire un big up au retour (provisoire) de Hristo dans l’Académie. On se retrouve dans la semaine pour le match retour face au Milan AC, et dans le Coin Panini, comme d’habitude

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Commentaires: 3
  • #1

    Yamina (dimanche, 01 avril 2012 21:26)

    Une question : Vous croyez qu'un jour Pedro retrouvera sa forme d'antan? Retrouver le trident MVP à l'attaque pour la fin de saison serait cool...

  • #2

    blograna (dimanche, 01 avril 2012 21:43)

    Retrouver le MVP de la saison dernière, je crois qu'on signe tous ! Ce sera pour l'an prochain, Villa ne devrait pas rentrer avant mi avril au mieux.
    Concernant Pedro, il était vraiment dans le dur à son retour de blessure, mais il est de mieux en mieux, notamment dans la percussion. Il lui manque 1 ou 2 buts pour être à nouveau en confiance. Mais je le sens plus très loin de son niveau. Cette saison, il a plus de concurrence, avec l'arrivée de Cuenca puis surtout de Tello, qui est de tous les ailiers purs (je ne compte pas Alexis dans ceux-là) celui qui apporte le plus.
    Quand l'effectif sera au complet autour de Messi, entre Alexis, Villa, Affelay, Cuenca, Pedro et Tello je pense qu'il y en aura au moins un de trop. Certainement un départ à prévoir au mercato.

  • #3

    Yamina (dimanche, 01 avril 2012 22:02)

    Ouais c'est clair. Ca me fait de la peine de pas le voir marquer surtout quand tu vois le courir avec ses bras qui bougent de partout là !
    Un départ ? J'espère que ça va pas être mon Ibri, pour une fois qu'il y avait un joueur d'origine marocaine au Barça :)

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