Les soirées de Berlusconi, c'était mieux à la maison

On se souvient (c’était il y a 6 jours...) de l’accueil discutable réservé par Berlusconi à ses convives catalans la semaine dernière. Une pelouse spongieuse, un jeu rude, à la limite de la loi, et un arbitre visiblement complice. Le Barça avait décidé de mettre les petits plats dans les grands, pour que la soirée, tout comme celles de l’ambassadeur, soit un succès.

C’est un Camp Nou des grands soirs qui accueillait hier la clique à Silvio, une pelouse tondue au coupe-ongle, un tifo magistral où s’incrivait « Sempre junts » (« toujours ensemble », dans la langue commune à Molière et Ribéry) et un arbitre visiblement complice. De quoi nous offrir un spectacle consistant, après la curieuse sensation laissée par la prestation mi-figue, mi-raisin de San Siro, pour ce qui est déjà le quatrième affrontement avec le Milan cette année. Les culés craignaient que les rossoneri n’affichent le même taux d’efficacité que lors du 2-2 de septembre, un but à chaque frappe.

 

Fil rouge de la semaine, l’état du mollet de Xavi suscitait au moins autant de questions et de commentaires que le nez de Cleopâtre il y a plus de mille ans. Indispensable pour qu’il n’y ait plus de Milan, et finalement jugé apte, Xavi est bien titulaire au milieu du 3-3-3 concocté par Guardiola, Dani Alvès héritant d’un rôle en marge de l’équipe. Seul sur son aile, il fera toute la soirée passer l’organisation Blaugrana à 4 défenseurs, puis à 4 milieux, et souvent à 4 attaquants. Si l’on s’en tient donc à ceux qui sont capables de respecter leur poste tout au long du match, Valdès était au sous-sol, Masche et Puyol encadraient Piqué au rez-de-chaussée. On retrouvait au 1er Busquets, Xavi sur une jambe et Iniesta. Les surprises, comme bien souvent, était planquées dans la poussière du grenier : abonnés au banc ou aux tribunes dernièrement, Cuenca et Cesc sont alignés d’entrée avec Messi. Soirée K-Way banc de touche donc pour Faudel et Tello.

De leur côté, les protégés de Silvio ont eu droit à l’entrée à tarif réduit, rapport au prix de groupe pour les cartes Vermeil avec les présences de Nesta, Abbiati, Ambrosini et Seedorf.

 

Le match démarre là où on l’avait laissé mercredi dernier, aux 30 mètres face à deux lignes compactes de joueurs blancs. A la différence que l’on voit une paire de débordements de Cuenca, un jeu sur les ailes dont on avait oublié l’existence depuis au moins deux rencontres. Le FCB commence par se procurer, et vendanger, deux mignonnes occases. Le doute commence à planer. La France a peur, ajouterait Roger Gicquel. Heureusement, beau prince, Mexès a la bonne idée de perdre bêtement un ballon au 50 mètres. Au bout du sprint, Messi refuse la frappe et tente de chercher Xavi dans la surface, certainement pour rendre hommage à l’unique accélération de son n°6 dans ce match.

Tel un taulard à sa sortie de zonz’, Leo a droit à une seconde chance, du moins le croit-il avant qu’Antonini vienne lui ébranler le pied d’appui. L’arbitre siffle penalty, ce qui rend totalement fortuite l’exagération du geste de D10S, qui visiblement a encore des choses à apprendre de Valbuena. Direction le petit point blanc (celui qu’on ne traite pas au Biactol). La Pulga ajuste au ras du poteau, juste ce qu’il faut pour chercher les limites de souplesse d’Abbiati. On croit le Barça libéré, prêt à enchaîner, mais non, ce sont les Lombards qui se rebiffent. Plus haut sur le terrain, ils égalisent par Nocerino, qui profite de l’excellente conjoncture entre le caviar d’Ibra et le vague placement de Puyol pour mettre les siens en position de qualifiés.

La fin de mi-temps ne respire pas la sérénité chez les Pep Boys, l’entrée de la surface adverse a des faux-airs de Porte Maillot un vendredi soir à 17h, où Messi est coincé dans un taxi dont le compteur continue de tourner. Peu avant les citrons, Nesta ceinture Busquets sur un corner. L’erreur de débutant, il aurait dû savoir que Busi, plus que tout autre joueur, est particulièrement sujet aux effets de la gravité, irrémédiablement attiré par le sol à chaque contact. Forcément, houblonné au comptoir, on a tous un copain rugbyman qui a du mal à comprendre qu’on n’ait pas le droit de plaquer dans la surface. L’arbitre, lui, n’est pas un féru de l’ovalie et indique le point de péno, toujours aussi blanc. Messi change de côté, pas Abbiati, et le Barça vire en tête à la pause.

 

Deux penaltys en sa faveur, le Barça déchaîne la haine et le fiel dans les diatribes italiennes et néanmoins courroucées. Les Unes d’As et Marca ne suffisaient pas, il fallait donc y ajouter pour le lendemain celle du Corriere dello Sport. Vous traduiriez comment fuckin’ disgrace en Italien ? Pour ceux qui ont la mémoire courte, on est en droit de rappeler que la semaine précédente, deux sanctions suprêmes ont été oubliées pour les Catalans, et on n’en avait peut-être pas parlé autant. Prises séparément, les deux décisions sont difficilement contestables, c’est l’addition des deux qui rend la pilule pénible à avaler pour les Milanais.

 

A palabrer sur la légitimité des coups de pieds de réparation, on en oublierait presque qu’il reste 45 minutes à jouer. 45 minutes qui auraient pu nous donner des migraines si l’homme en vert-fluo-dégueulasse avait puni le contact entre le pied de Mascherano et celui de Zlatan. Pas de coup de sifflet, le Milan n’aura plus sa chance. Les Blaugrana font disparaître le ballon et Iniesta, de flair et de sang froid à la réception d’une frappe contrée, abat le suspens d’une balle entre les deux yeux. Adriano et Thiago, entrés en cours de jeu et protagonistes de gâchis rocambolesques, évitent une addition salée et imméritée à leur adversaire.

Certains sortiront la boîte à stats au coup de sifflet final, soulignant la série de demi-finales où les totaux de Messi. D’autres rabâcheront des reproches larmoyants sur la performance arbitrale pour se cacher la vérité de cette double confrontation. Tous seront d’accord le 18 avril, c’est bien le Barça qui sera sur la pelouse de Stamford pour un énième remake face à Chelsea. Fuckin’ great !!!

 

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On ne déroge pas à nos nouvelles résolutions, nous avons décidé de commettre un tableau d’honneur pour saluer le best et le worst of des performances de la soirée.

 

Le Client

Un doublé signé de nerfs d’acier sur deux péno, dont un qu’il provoque lui-même, passeur indirect sur le 3ème suite à une frappe contrée, Messi a été trop décisif pour ne pas être le Client de ce match.

Nominé dans la catégorie, Busquets obtient l’autre penalty et surtout règne de placement et d’intelligence dans le cœur du jeu.

 

Le Bialès

Comme le Commissaire Bialès, sorti à son époque de l’école de Police avec une moyenne de 11/20, ce qui est bien, mais pas top, Iniesta est décisif par ce but qui préserve notre santé cardiaque pour la fin du match. Le reste de sa prestation a oscillé entre le correct et la disparition des radars.

Nominés dans la catégorie, Alvès par son placement trop haut, Piqué et Mascherano par leur sérénité parfois relative, ont dégagé moins d’assurance défensive que lors des dernières sorties.

 

Le Casper

Incertain jusqu’au dernier moment, on accorde à Xavi le costume de Fantômas, pour ce match durant lequel il a plus marché que pesé. De retour avec un dos endolori, mêmes maux et même constat pour Fabregas.

Battu par Nocerino, VV se montre décisif face à Robinho mais l’arbitre avait sifflé main. Too bad.

 

Le Cagolin

Petite peluche mascotte d’une équipe, le Cagolin est traditionnellement octroyé au plus mauvais joueur du match, puis remis en jeu au match d’après. Un début percutant et pas grand chose par la suite, Cuenca n’a certainement pas gagné sa place dans l’esprit de Guardiola. Trop peu de rendement par rapport à ce qu’amènent Tello ou Alexis.

Nominé dans la catégorie, aux fraises sur le but du Milan et pas multi-serein par la suite, Puyol n’était pas loin de récupérer la peluche pour la semaine.

 

 

Sur ce, n’oubliez pas d’aller faire coucou à Hristo dans l’Académie. On se retrouve ce weekend pour le déplacement aragon à Saragosse ce weekend. N’oubliez pas d’aller flâner dans le Coin Panini, comme d’habitude.

 

 

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Commentaires: 2
  • #1

    guillaume (jeudi, 05 avril 2012 09:54)

    Peu d accord pour cuenca comme villa il etire la defense en collant la ligne tandis que tello ou alexis rentre toujours dans l axe cela crée des brèches dans l axe

  • #2

    Ju (jeudi, 05 avril 2012 12:11)

    Je suis d'accord avec toi par rapport à son positionnement de vrai ailier, mais il est Cagolin (parce qu'il en faut bien un) parce qu'on l'a trop peu vu percuter.

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