Les ailes et lui

L’équipe de Guardiola pouvait, ce mardi, recoller au Madrid dans leur podium à deux, ce qui manque clairement d’intérêt pour les vendeurs de bronze. Dans une configuration inédite, le jeu du Barça a oscillé entre ses ailes et Messi dans l’axe, non sans une efficacité certaine. De quoi infliger au onze Burger King de Getafe un double whooper en 1ère mi-temps, et le même menu en 2nde.

Lancés vent de face dans leur folle remuntada, les Blaugrana n’avaient que de bonnes raisons de vouloir passer Getafe au grill. Evidemment, l’occasion était trop belle d’accrocher l’épée de Damoclès, un petit point au-dessus des têtes meringuées, avant le derby de la capitale mercredi. Surtout, les Catalans devaient avoir à cœur d’effacer l’exubérant dénuement de la défaite lors du match aller, peut-être l’indigence la plus notable de Pep sur un banc de touche. Enfin, jouer Getafe, c’est l’éventualité de gagner contre Madrid, et sa banlieue Sud, comme un Massy-Palaiseau au cœur de la Castille. Ce qui est toujours bon à prendre.

Pour la réception du 10ème de Liga, Guardiola avait décidé de faire dans la nouveauté au niveau de son alineación, avec l’agencement du 3-4-3 à forte tendance 3-3-4, ce qui avait le mérite d’annoncer la couleur. Le biceps fémoral retenant dans sa crypte Dani Alvès et Piqué, Guardiola opte pour une défense à trois, Puyi-Masche-Adriano, qui prive une fois de plus Montoya de temps de jeu. Laissé au repos samedi, le triptyque Busquets-Xavi-Iniesta retrouve la dignité des titulaires. Positionné en vrai meneur de jeu axial, Messi décidera s’il appartient aux 4 du milieu ou aux 4 de devant, derrière Alexis avec Cuenca à droite et Pedro à gauche.

Du côté de Getafe, on notera avant tout la présence en attaque de Miku, l’autre, autre Johan.

 

On l’aura compris, Pep avait choisi la formule offensive. Offensive, la formule… offensive !!! Tombé relativement en désuétude ces derniers temps, le jeu d’ailier est clairement l’élu de cette compo, avec Cuenca et Pedro qui jouent leur match de la craie plein la bouche. Les mecs dans le creux de la vague bien écartés, la voie était libre plein champ pour les types en pleine bourre, Messi et Alexis. Toute la partie, le jeu balance entre le combo débordement-centre et la verticalité des passes-laser dans l’entonnoir, avec la Pulga à la baguette. Positionné plus bas derrière la pointe, Leo le goleador se mue en Messi le passeur.

En première mi-temps, c’est de lui que vient la foudre, en plusieurs éclairs. Ca commence par une déviation de la poitrine pour l’ouverture du score qui rend sa voix à Faudel, pourtant aphone depuis de longues semaines. Excellent mais pas payé à Saragosse, le Chilien s’offre un grand sourire, corroboré par Xavi, premier à le féliciter, lui qui était le premier à lui remonter le moral samedi après son match sans but.

Les éclairs de Messi, volume 2. Une passe d’une tranchante clairvoyance crucifie 8 joueurs dans un mouchoir et offre à Xavier Hernandez (aucun lien avec Patrick, chanteur à canne) l’honneur de relancer le débat sur l’assistance vidéo sur la ligne de but. D’une frappe en rupture un tantinet facile et sauvée à hauteur de ligne par Cata Diaz, X6 ravive la question que se posent aussi des rondeurs à l’orée d’un pantalon taille 36 ; ça rentre ? ça rentre pas ? Au troisième ralenti, ça semble rentrer. Officiellement, ça ne rentre pas.

Changement de rôles pour le volume 3. La fulgurance part des pieds de Messi plein axe, transite par le talon inspiré de Don Andrès à l’entrée de la boîte, et finit, moyennant une frappe coup de pied, dans la lucarne droite du gardien. Petite sœur du but de D10S à Saragosse.

On l’aura compris, Messi dans l’axe a tout débloqué. On ne peut pas en dire autant de ses ailiers. Mis à part un centre au cordeau de Cuenca vendangé au second poteau par l’exter d’Alexis (Youri aurait choisi le plat du pied), les centres n’obtiennent que des fins de non-recevoir. On est en droit de se poser la question de l’utilité des centres aériens pour 2 mecs d’1m70 dans une forêt de grands défenseurs. On aura la réponse en fin de match.

 

On vire donc à la pause avec un double whooper au compteur. Face à un Getafe d’une frilosité rare, la seconde mi-temps ressemble, au milieu de tous ces maillots jaunes à une ballade sur l’air de I’m Singing Indurain. Le Barça ne force vraiment pas, on est en droit de se demander si les joueurs sortiraient plus fatigués d’une séance d’entraînement. En fin de match, Cuenca puis Messi, en autant de centres aériens pour les têtes de Sanchez et Pedro, valident le choix d’avoir densifié les ailes. Une paire de solos de Leo plus tard, exquis mais infructueux, M. Gonzalez Gonzalez, le consanguin de service, renvoie les Catalans dormir à un point du Real.

 

Place donc à la désormais traditionnelle notation sauce Blograna: 

 

          ----------------------------------------------------------------------------------------

 

Le Client

Auteur d’un doublé loin d’être dégueulasse, Faudel n’était pas loin d’un 1,2,3 Soleil, sans son raté en 1ère mi-temps.

Nominés dans la catégorie : des galettes, un grain et 2 assists, Messi était encore dans tous les bons coups. Comme Iniesta, habile, grâcieux et fort à propos.

 

Le Bialès

Comme le Commissaire Bialès, sorti à son époque de l’école de Police avec une moyenne de 11/20, ce qui est bien, mais pas top, le trident arrière, très propre et appliqué, méritait une autre opposition pour être jugé de façon honnête.

 

Le Casper

Un centre décisif pour l’un, un but de la tête pour l’autre, un ensemble encore insuffisant pour les deux. Cuenca et Pedro ont encore joué de transparence.

 

Le Cagolin

Petite peluche mascotte d’une équipe, le Cagolin est traditionnellement octroyé au plus mauvais joueur du match, puis remis en jeu au match d’après. Battu sur la seule frappe (à côté) de Getafe, Valdès s’est signalé par une qualité de relance proche de celle d’un rustre stoppeur de 39 ans en 2ème division de District. Il faisait certes un vent à coucher les platanes de la vallée du Rhône, mais ça n’excuse pas tout.

 

 

Sur ce, guettez le retour de Nando dans l’Académie. On se retrouve ce weekend pour le match à Levante. N’oubliez pas d’aller flâner dans le Coin Panini, comme d’habitude, dont la Plaça de Glories affiche maintenant complet.

 

 

Écrire commentaire

Commentaires: 1
  • #1

    Miguel (jeudi, 12 avril 2012 11:51)

    Podium au début, formule offensive par la suite. Il y a de la cohérence dans cet article. Me gusta.

Vous aimez le style

de Blograna.com,

n'hésitez pas à

cliquer sur "J'aime"!

Un autre football est possible. Près de chez vous.

Si vous aimez Blograna.com, vous aller vous régaler sur Alterfoot.com

Passer le mot autour de vous....