Les maux Bleus

Alors que le vent d'hiver souffle en Avril, j'aime le silence immobile d'une rencontre de Ligue des Champions. Pour le déplacement chez les Blues, le FC Barcelone s’était paré de noir, en deuil d‘une efficacité qui s’est perdue dans la nuit et la pluie londoniennes. Les maux étaient donc blau. Ceux qui rendent Pep malheureux.

On avait laissé Chelsea il y a 3 saisons, un soir de fuckin’ disgrace à Stamford, des bleus à l’âme et de l’amertume plein la bouche, un peu comme dans ces soirées où la Suze m’habite. Ce soir là, les attaquants Blues et l’arbitrage s’étaient rejoints à un niveau rarement atteint de honteuse incapacité, laissant le soin à Iniesta de porter le coup de grâce d’un missile lunettivore à 18m.

Drôle de sensations pour les téléspectateurs pour cette demi-finale aller, ils connaissent déjà le scenario, domination catalane, contres anglais, mais pas le dénouement. Lequel tiendrait de la capacité des gardiens à repousser, ou pas, la poignée de ballons ayant l’intention de franchir leur ligne.

 

Peu de surprises dans le onze titulaire de Guardiola. Toujours pas de retour de Piqué dans la défense à 4, confiance donc aux seuls autres zagueros valides, Alvès-Puyi-Masch-Adriano. Busquets et Xavi en lieu et place d’eux-mêmes au milieu, idem pour Alexis et Messi devant. Dans l’entrejeu, Cesc occupe plutôt l’axe et Iniesta le côté gauche, même s’ils sont amenés à permuter. 

Comme prévu côté Chelsea, Di Matteo a potassé son anthologie de Le Corbusier pour nous architecter un bloc de béton armé dans le plus pur style de l'inventeur de l'unité d'habitation, que le commun des mortels a la bassesse d’appeler barre HLM.

Une barre HLM, un mur, c’est ce face à quoi les Catalans ont eu l’impression de jouer pendant 90 minutes, comme une réminiscence d’un match de quartier à Berlin-Est en 87.

C’était encore plus vrai pour Messi, qui avait vraiment de quoi devenir claustrophobe, enfermé à l’entrée d’une surface dont la surpopulation frisait les taux du milieu carcéral. Un terrain donc approprié pour un Hold-Up de légende, orchestré par Di Matteo qui aura opéré, en Spaggiari du catenaccio, sans arme, ni haine, ni violence.

Un but de Drogba au bout des arrêts de jeu d’avant mi-temps, sur la seule occasion des Blues, a suffi pour faire sauter la banque. Et Kalou en fin de match aurait pu donner à la rencontre des tournures de casse du siècle.

 

Le coach italien a pourtant joué avec le feu, et son équipe avec. Il a semblé miser sur un improbable coup de bluff, museler Messi, sans lésiner sur les moyens humains, et attendre que les autres Blaugrana ratent leurs occasions.

Certainement passés à Lourdes en début de semaine, les Blues ont réussi leur pari dans une soirée où tout, absolument tout, leur a réussi. Selon le principe des vases communicants, les hommes de Pep, eux, ont tout raté. Auteur d’un match plutôt bon avec une extravagante ribambelle d’occasions, l’impression laissée a été nettement douchée par un taux de réussite dans la finition pas loin d’être pire que les saisons les plus exécrables de Dagui Bakari et Gilles Yapi-Yapo réunis.

On peut au moins reconnaître aux Barcelonais leur sens de l’exhaustivité quant il s’agit d’occasions gâchées. Un peu de malchance, les montants repoussant la subtilité du lob de Faudel et du plat du pied de Pedro. Un manque de longueur lorsqu’Ashley Cole arrive à reprendre avant la ligne une pichenette de Fab Fab. De grands arrêts de Cech, notamment sur une tête décroisée du Captain, pas rageuse pour un sou, mais vicieuse au possible. Et surtout d’impardonnables ratés qui fuient le cadre. Cesc du gauche aux 6 mètres, Alexis seul face à Cech et Busquets à la sirène n’avaient pas le droit de vendanger de la sorte. Et comme un bonheur n’arrive jamais seul, le but de Chelsea part d’une balle perdue par D10S sur un dribble raté au 60m.

Coupable sur le but, Leo a fait trembler le barcelonisme dans son ensemble sur l’action précédente, lorsqu’il glisse et se tient l’adducteur. La peur d’une blessure vite dissipée, on a encore une fois pu mesurer qu’il est indispensable dans la finition. Si le Barça n’a pas marqué à Stamford, c’est peut-être surtout parce qu’aucune occasion n’a fini dans les pieds de Messi.

 

Dans son match dans le match des comédiens de pelouse face à Busi, Drogba a dû bien se marrer. Non content de largement dominer les débats dans le décompte de temps de parole passé au sol, il a scoré au même endroit où, exactement une heure plus tard, Sergio nous envoyait à la limite de l’infarctus, par le biais d’une saloperie de drop au point de péno qui a fini sur le parking à l'extérieur du stade.

 

A quelques jours du match retour, des questions se posent.

Une équipe qui vendange autant que le Barça mérite-t’elle d’aller en finale de Ligue des Champions ?

A l’inverse, une équipe comme Chelsea peut-elle avoir autant de réussite 2 fois en moins d’une semaine ?

Ce qui est sûr, c’est qu’à l’instar du Madrid samedi, les Blues vont venir creuser des tranchées et dresser des barricades pour ramener un 0-0, qui ternirait quelque peu le style de nos retrouvailles.

En écho à sa légendaire maxime de 2009, le mot de la fin était certainement pour Didier, qui a dû penser en arrivant au vestiaire : it’s a miracle, a fuckin’ miracle.

 

Même si le cœur n’y est pas, un coup d’œil à la folklorique notation blogranesque.

 

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Le Client

Une grande maîtrise d’un match qui s’annonçait pourtant plus chaud que mon ex, l’arbitre M. Brych mérite largement les lauriers.

Nominés dans la catégorie : Drogba et Cech, décisifs. Le joueur blaugrana qui aurait eu la bonne idée de marquer aurait emporté la palme haut la main.

 

Le Bialès

Comme dans une interrogation de la mathématique moderne et appliquée où les raisonnements sont justes et les résultats faux, l’ensemble de l’équipe n’a pas la moyenne. C'est la moindre des choses quant on se goinfre la feuille avec supplément de crème comme mercredi.

 

Le Casper

Match plus que quelconque pour Xavi, aussi influent dans le jeu que Rama Yade au gouvernement.

 

Le Cagolin

A contre-courant de bout en bout, Dani Alvès a eu tout faux, et hérite donc de la peluche.

Nominés dans la catégorie, Valdès n’est pas répréhensible sur le but, mais c’est la seule contribution qu’on lui demandait, le lot de tout grand gardien. Coupable d’oublier Drogba dans son dos en suivant Puyi sur l'action du 1-0, Mascherano a une part du but sur son casier.

 

 

Sur ce, guettez l'analyse moustachue de Nando dans l’Académie. On se retrouve ce weekend pour le Clasico. A ce titre, Blograna vous offre sur sa portada une rétrospective des précédents Clasicos de la saison. N’oubliez pas d’aller flâner dans le Coin Panini, comme d’habitude, dont la Plaça de Glories affiche maintenant complet.

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Commentaires: 1
  • #1

    blograna (jeudi, 19 avril 2012 22:14)

    J'ai oublié de saluer John Terry. Aka "L'homme qui appuie là où ça fait mal".
    Je cherche le numéro de la femme de Wayne Bridge pour me faire confirmer...

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