Indigestes meringues

Dans leur triumvirat à 2 au sommet de la Liga, ce qui manque clairement d’équité administrative, l’affrontement entre Madrid et Barcelone pour le pouvoir suprême était direct, pour ce Clasico au Camp Nou. Au terme d’un débat que l’on qualifiera de tactique, c’est le vote blanc qui l’emporte, devant un Barça prévisible et sans solution.

En ce dimanche électoral, l’envie de pondre un papier sur le Clasico est aussi forte que celle d’aller mettre Jacques Cheminade dans l’enveloppe, au détour de la solitude d’un isoloir. Ce matin, le moral des aficionados culés atteint le fond de leur paire de Burlington. Une gueule de bois un 21 avril, un air de déjà-vu…

Favori des sondages pour l’accès au trône, le Madrid se déplaçait en Catalogne sans l’obligation de la gagne, contrairement à ses précédentes visites. Avec 4 points d’avance, le nul avait valeur de titre, et on pouvait craindre de voir les blancs d’œuf sortir parpaings et moellons pour protéger leur coffre-fort. Cela se vérifiera à moitié, mais le onze initial n’affichait pas de trio défensif au milieu.

Guardiola se distingue lui par des choix qui dépassent les limites du conventionnel. Un 3-4-3 qui exclut encore Piqué de la liste de ceux qui débutent. Un milieu de terrain pour jouer au ballon, avec Busquets, Thiago, Xavi et Iniesta. Devant, le jeu demande à être écarté, Alvès est aligné à droite et Tello à gauche, collés aux lignes, et finalement loin de Messi.

 

Comme face à Chelsea trois jours plus tôt, le plan du coach adverse aura suivi un scenario rêvé, le match s’est déroulé pour Mourinho comme une histoire cousue du fil blanc du maillot de ses joueurs. Une entrée en matière pressante, une ouverture du score rapide, le contexte était alors plus que propice à la mise en place de son canevas tactique. Devant au score, les visages pâles se sont appliqués à bien défendre, pas vraiment contrariés en cela par des Catalans plutôt gauches.

Des intentions pendant un quart d’heure, le temps pour Khedira de dépuceler le tableau de marque, sans risquer de faire irruption dans le Top But de la saison, et la bande à Mou a plié les gaules, recroquevillée et supersonique en contre. Imperméable derrière, ce qui lui fait un point commun avec Columbo et Derrick, le Real a été d’une froide efficacité, reprenant les devants 30 secondes après avoir été rejoint au score.

Un réalisme dont le Barça aurait tort de ne pas s’inspirer. Après l’auto-mutilation de Stamford, les Blaugrana ont encore une fois brillé par leur tremblante du mouton face aux cages. Xavi puis Tello se baffrent en beauté les deux uniques occasions que le Barça se crée dans ce Clasico morne plaine. L’efficacité vient donc s’ajouter à la liste des ingrédients qui auront manqué pour forcer la décision. Liste où figurent également la fraîcheur, l’envie, ou l’inspiration. Le FCB n’aura réussi à combiner qu’au-delà des 30 m madrilènes, se retrouvant tout au long du match en sous-nombre, dans toutes les zones du terrain. Trop de cadres catalans ont joué en dessous de leur niveau pour espérer gagner ce match, et logiquement c’est Blancheur de Castille qui file seule vers le titre à grand galop.

 

Paluché sur 124 pages spéciales dans les colonnes d’une Equipe Mag spéciale le matin même, le Barça tombe de haut. Dominateur depuis 4 ans, il allait forcément finir par s’incliner. Les sujets du Roi, muets depuis plusieurs saisons, boivent du petit lait et commencent à parler de victoire au Camp Mou.

Magnifiques dans les flamboyantes victoires, les Barcelonais doivent aujourd’hui être humbles et dignes dans la défaite. Et ne rien invoquer d’autre que la supériorité et le mérite de l’adversaire. Ne pas fustiger l’arbitrage pour un hors-jeu, ne pas pointer du doigt les séquences d’art dramatique du camp d’en face. Assumer. Et se préparer à les regarder triompher. Comme Ali perdant sa ceinture, remontant la reconquérir sur le ring, c'est aussi les soirs de fiasco que s'écrit la légende.

Perdue depuis longtemps, la Liga a eu la perversité de choisir son champion dans son plus beau théâtre. Ce qui fait mal, c’est surtout que ce soit ce Madrid des doigts dans l’œil et des tours de cuisse ostensibles qui mette fin au règne de Pep et de ses ouailles. Une fois de plus tout en retenue et en modestie après son but de la gagne, Cristiana a encore prouvé à tout le monde pourquoi le monde entier lui préfère Messi, plus discret, plus classe, moins « vous avez vu, qui est ce qui a marqué ? c’est moi qui ait marqué ».

 

Impuissants et presque inoffensifs, les hommes de Pep n’ont rassuré personne avant la demi retour face à Chelsea. A brûle-pourpoint, on a peine à se remémorer la dernière séquence de 2 défaites consécutives de cette équipe. Prioritaire, la Ligue des Champions est aujourd’hui vitale, pour échapper à une fin de saison aussi morose et sinistre qu’un plan de rigueur budgétaire.

 

Même si le cœur n’y est pas plus qu’à Chelsea, un coup d’œil à la folklorique notation blogranesque.

 

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Le Client

Difficile de trouver un client dans la poussive prestation catalane. Volontaire et moins déchettophile dans ses transmissions que ses copains, Thiago s’en sort avec la mention correct. Tout comme Busquets. Pas étonnant de retrouver là les milieux qui ont joué le plus bas, dans la seule zone où le Barça a réussi à combiner.

Bonne entrée de Faudel, qui marque de suite. Un but au moins aussi déguelasse que celui de Khedira.

 

Le Bialès

Isolé et englué dans le siphon, difficile d’en vouloir à Messi, qui impulse quand même le but et avait offert la balle de l’égalisation à Xavi. Second match de suite sans se procurer une occase, il faut trouver le remède avant mardi.

Nominé dans la catégorie, Alvès a été plutôt présent et percutant sur son aile.

 

Le Casper

Deuxième masque de Fantômas d’affilée pour Xavi, qui n’a pas pesé et aurait dû marquer. Les plaisanteries les plus courtes étant les meilleures, il faudrait redevenir sérieux face à Chelsea.

 

Le Cagolin

Pas mal de monde postule à la peluche. Comme à Chelsea, VV n’est pas fautif mais ne sort pas d’arrêt décisif non plus (OK la claquette en tout début de match). La paire Puyi-Masch est encore moyennement claire sur les 2 buts, notamment Carles sur le premier, aussi emprunté pour dégager la balle qu’une nonne devant son premier sex-toy. Stéréotypé dans le dribble et précipité dans la finition, Tello n’a pas marqué de points, tout comme Iniesta, qui a perdu un nombre de ballons aussi incalculable qu’inhabituel.

 

 

Sur ce, guettez l'opinion de Nando dans l’Académie. D'ailleurs, une surprise vous attend bientôt sur Blograna les concernant, Hristo et lui.

On se retrouve en milieu de semaine, on l'espère pour l'accession à la finale, pour y rejoindre le Bayern...

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Commentaires: 2
  • #1

    Sid (dimanche, 22 avril 2012 19:36)

    Moi être triste .
    Surtout qu'on ne pourra plus dire que CR7 ne marque pas dans lors des grands rendez-vous , il marque la balle de championnat alors que tout le monde croyait à une "remuntada" (même lui avait l'air surpris du but ...).

    Pourquoi Pep n'a t'il pas titularisé Faudel ? ou même Pedro ? Fabregas ? Doit il revoir sa copie et changer de tactique l'an prochain , recruter un vrai avant-centre par exemple? un petit Falcao , ça serait pas mal ! Laisser tomber ce 3-4-3 formé uniquement de milieu de terrains , tactiques complètement perméable aux contres et qui a mis en avant leurs lacunes offensives , manque d'efficacité , manque d'inspiration , phases de jeu statiques et complètement prévisibles sans parler de la fébrilité lors des déplacements ...

    Xavi est cuit , ça se voit clairement qu'il na plus les jambes , il fait de la peine lorsqu'il tente un sprint ! Comme un symbole de Lucho ...

    I have a dream , Clasico en finale de LDC , victoire catalanes , doublé Messi .Amen.

  • #2

    KARIM (mardi, 24 avril 2012 14:51)

    Comme d'hab, un bel article qui résume tout avec deux coups de coeur verbaux que j'ai bcp appréciés :) "Cristiana a encore prouvé à tout le monde pourquoi le monde entier lui préfère Messi, plus discret, plus classe, moins « vous avez vu, qui est ce qui a marqué ? c’est moi qui ait marqué » et aussi "Stéréotypé dans le dribble et précipité dans la finition" ... surtout celui sur Tello : TRES STEREOTYPE...juste les deux petits tours de jambes et débordement à la gauche qui nous font rappeler un certain Ednilson de 94' ! Ceci dit, j'en veux nullement à Qui que ce soit du Barça, que ce soit PEP ou les joueurs, pour la simple raison que cette équipe ça fait 4 ans qu'elle RULES THE WORLD...donc à un moment donné, dame nature reprend le dessus et les rotules clament du repos !

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