L'homme le plus classe du monde

Le nombre de demandeurs d’emploi a atteint un niveau record aujourd’hui en Espagne. Pour se remonter le moral, le chômage espagnol peut se targeur d’intégrer prochainement dans ses rangs un des plus illustres misters de l’histoire du foot. Le quotidien des supporters culés n’était pas assez morose depuis une semaine, cette nouvelle vient un peu plus ternir leur moral.

Série noire. Habituée aux blocs de caviar à tous les repas depuis 4 saisons, l’aficion blaugrana a particulièrement la nausée, en pleine digestion de cette semaine de salsifis bouillis à l’eau.

Première douche froide samedi, le Madrid s’impose au Camp Nou et repart avec le titre de Liga, confisqué dans la vitrine à trophées catalane depuis 3 ans.

Incroyable coup au moral, comme un quidam qui perd son boulot.

Si pire arrivait, le barcelonisme ne pourrait pas sombrer dans l’alcool, lui qui en est déjà à deux pichets de vin blanc sec au petit dej’ pour oublier cet affront.

Second uppercut mardi, incroyable d’irréalisme, le Barça s’auto-élimine de la Ligue des Champions et rend sa ceinture continentale, offrant à un Chelsea minimaliste un billet en first class pour la finale de Munich.

Incroyable coup au moral, comme un quidam qui perd sa maison.

Si pire arrivait, le barcelonisme ne pourrait pas sombrer dans la drogue, lui qui navigue déjà dans la poussière d’ange pour oublier cet outrage.

 

Pourtant, le pire restait à venir. Peur sur la ville. Le Barça allait perdre encore plus gros que sa collection de trophées. Son maître à penser, son architecte.

Comme un quidam, fraîchement sans emploi et à la rue, qui apprend que la femme de sa vie va le quitter. Si l’idée de la voir un jour dans les bras d’un autre le torture, il aura cependant le droit de partager encore quelques pas de valse avec sa muse, avant peut-être une dernière nuit d’amour le 25 Mai dans la nuit madrilène.

 

Ce qui n’était encore que des on-dit grandissants est devenu officiel à l’heure du pantumacat. Pep Guardiola ne renouvellera pas son bail aux rennes de la meilleure équipe de Catalogne. Donc du monde. Donc de tous les temps. Cqfd.

A part la calvitie, plus que naissante, on a du mal à voir des défauts à Guardiola. Il est plus qu’un coach. Gravure de mode dans ses costards cintrés, ce qui le distingue nettement de Bielsa et ses survêts en moleton à bas prix. Philosophe d’un jeu beau comme un camion Scania lancé à 130 de moyenne sur l'A9. L’art du beau geste, de la domination de son sport comme le Federer grand millésime. De quoi faire virer leur cuti aux plus grands collectionneurs de formes girondes.

Surtout, il avait comme rarement pour un entraîneur créé l’unanimité aux seins des socios. Les culés se reconnaissent en lui, il les a rendu fier de ses quatre saisons de voyage en ballon, orgies de spectacle, de volupté, de grâce.

Evidemment, il n'aurait pas été moins classieux de partir comme un prince, une nouvelle Champions dans l'armoire. Ou même de prolonger pour 2 ans...

 

L’homme le plus classe du monde quitte le Barça. Monde de merde.

 

Le Barça a coupé court à l’ouragan rumeuristique sur le point de se déchaîner au dehors, en annonçant immédiatement le nom de son successeur.

Vilanova, l’adjoint. Tout le monde souhaitait que Pep poursuive. Finalement ce sera ce qui se fait de plus proche de Guardiola. La continuité dans le changement. Ou le changement dans la continuité, c’est selon.

Tito, un nom prédestiné à diriger (si vous avez des amis Yougos d’une cinquantaine d’années, demandez-leur. Propos élogieux non garantis). On ne peut pas dire que Pep lui laisse entre les doigts une 2CV suranée sans carbu, bien au contraire. Mais on a quand même connu héritage plus facile à porter. Peut-être pas dans la famille Bétancourt, mais quand même.

 

 

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Hommages au règne de Pep le Grand, réactions sur son départ, questions quant à la nomination de Tito : allez-y, faites-vous plaisir, la boîte à commentaire frétille de vous lire.

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Commentaires: 3
  • #1

    Tristeman (samedi, 28 avril 2012 01:39)

    I am so triste...

  • #2

    Loik (samedi, 28 avril 2012 08:50)

    Concernant la succession de Pep ,la Une de Sport me semble définir très bien la situation: "Se va Pep pero sigue Guardiola"

  • #3

    yanaldo (dimanche, 29 avril 2012 14:12)

    Merci Pep. Merci pour tout. Que dire de plus?
    Benvingut Tito!

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