Les 50èmes émouvants

Le dernier match à la piaule d’une époque. Toutes les raisons sont bonnes dans ce derby pour que les mouchoirs blancs soient de sortie, les adieux du patriarche, la fessée passée aux banlieusards, le festival du génie, et le premier samedi du mois.

Dans la grande famille des derbys, celui de Barcelone n’est certes pas aussi décisif pour le titre que celui de Manchester. Pas aussi bouillant que ceux entre Boca et River, Fenerbahçe et Galatasaray ou Inter et Milan AC. Mais il reste nettement plus attendu que celui entre le Gazelec et l’AC Ajaccio…

Sous la lumière de fins de saisons aussi maussades que les services secrets sémites pour les deux équipes, ce match promettait d’avoir le parfum d’un yaourt nature sans sucre ajouté, une saveur comparable à un Kiri Gouter 0%.

 

A l’image d’un Ministre de l’Intérieur qui sait son bail terminé mais s’applique à soigner ses derniers chiffres de reconduites à la frontière, le Barça connaît le dénouement de sa Liga et ne joue plus que pour offrir le titre de Pichichi à Leo Messi. Un Soulier d’Or qui donne lieu à un véritable combat de poids lourds. Dans le coin gauche, la Pulga, 1m69 pour 68kg, 46 buts, dont 25 avant la reprise. Dans le coin droit, Cristiana la Gominée, détenteur de la ceinture, 3000 abdos sur la balance, 43 buts au compteur. En avance aux points, Messi cherche même la réunification des titres en Liga et Ligue des Champions cette saison.

Un duel qui renvoie dans les cordes, comme de vulgaires poids welter, les Zlatan, v. Persie et autres Huntelaar et leur dérisoire collection d’une trentaine de perles en championnat (qui aurait pourtant un fort potentiel priapique pour n’importe quel avant-centre de Ligue 1).

 

Le derby est également l’occasion d’offrir enfin un match au Camp Nou à certains canteranos de la Masia, partis chercher du temps de jeu à l’autre bout de la ville, Verdu et Javi Lopez en tête. Evidemment, canteranos il y a aussi dans les rangs blaugrana. Pas dans les buts, où Pinto et son impayable coiffure sont à nouveau titulaire. Mais Puyol, Montoya, Busquets, Thiago, Iniesta, Pedro et Leo représentent le cru dans le onze de départ, complété par une immigration savamment choisie avec Masche, Adriano et Keita. Les quotas sont respectés.

Si le point culminant de la soirée est attendu avec la cérémonie d’adieux à l’homme le plus classe du monde (Georges Abitbol n’a même pas contesté la confiscation de son titre…), il y avait néanmoins 90 minutes à jouer entre-temps. Ce que Canal+ et son moisiplex n’avaient visiblement qu’approximativement intégré.

 

Qu’attendre de la configuration d’un match du FCB ? Classique, domination outrageuse, possession de balle outrancière, degré d’implication offensive adverse proche du néant. A la surprise générale, donc, le Barça maîtrise les débats mais peine à faire trembler le gardien perico, et, par voie de conséquence, les filets. Il faudra un coup-franc aux 25 mètres, et une ogive lucarnophile artillée par le suave gauche de Leo, pour que les Pep Boys virent en tête à la pause.

On prend les mêmes après les citrons, avec le gracieux concours du sifflet de M. Teixera Vitienes et sa coiffure de commandant de la Gestapo, qui offre dans la corbeille de la mariée deux penaltys que l’on pourra qualifier de charitables. Ajoutez à cela une leçon de contre-attaque, où trois touches de balle loin d’être approximatives envoient au fond une ouverture parfaite d’Adriano, et vous atteignez la barre mythique et vertigineuse de 50 buts en 37 matches de Liga. Des altitudes footballistiques difficilement respirables pour le commun des joueurs.

Messi se permet même de se goinfrer un face-à-face et, déjà rassasié, s’interdit un supplément de friandises aux chocolat. A l’autre bout du terrain, le catogan ganté arrive, de façon aussi improbable qu’effrayante, à signer une nouvelle clean-sheet. Pourtant, il avait tout fait pour laisser marquer les blanquiazules, avec sa sortie à la frontière entre le kamikaze et le cocasse, sauvée par un retour d’outre-tombe de Masche.

Le résultat final tombe, manita de Simpson giflée au visage de rival, place à l’hommage. Le Camp Nou se plonge dans l’émotif de satisfaction. Touché mais placide, Guardiola semble gêné par les remerciements de ses joueurs, de son staff, de ses socios. Des mots simples, distillés dans une retenue Gandhienne, des hourras, et pour finir la traditionnelle sardane avant de siffler la fin du bal.

Après un dernier salut de comédien, Guardiola s’éclipse par ce qu’on retiendra comme étant LE véritable pasillo de la soirée, bien plus prenant que sa pâle copie en l’honneur du titre meringué.

 

La larme à l’œil, place à la notation sauce blograna.

 

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Le Client

Et quatre pions qui font 50. Justesse technique, sang-froid, pas d’effusion déplacée dans la célébration de ses buts, Messi a encore une fois sorti un match qui tutoie la perfection. Comme sa saison, moins un penalty raté par-ci, par-là.

 

Le Bialès

Pour l’ensemble de son œuvre, Pep aurait mérité de recevoir notre titre de Client. Puisqu’il décide de nous quitter, on est partagé. Donc, on lui décerne le Bialès.

 

Le Casper

Le match du Barça, passé à la trapinette d’un Multiplex de quatre rencontres, qui nous aura permis de ne suivre aucun match.

 

Le Cagolin

Une sortie burlesque, pas vraiment rassurant pour celui qui devra nous protéger des attaques basques dans trois semaines, Pinto ramène la peluche a la maison. On espère qu’il ne la gagnera pas sur le dernier match de la saison.

 

 

Rendez-vous cette semaine pour l'introduction de Hristo sur Blograna.com. D'ici là, guettez l'Académie du match, si Nando a réussi à ce dépétrer du moisiplex.

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