Flou de toile

Nouvelle saison, nouvelle toilette. Les détracteurs du maillot « escaliers » vont pouvoir souffler. Qu’ils ne se réjouissent pas trop vite, la nouvelle tunique a l’air partie pour faire autant l’unanimité que le retour en force de Crocs en cette fin de Printemps.

Bonne nouvelle. Eric Abidal, après s’être fait transplanter un autre foie que celui de Christine Bravo (ce qui, avouons-le, n’aurait pas été dans le sens d’une guérison à long terme) est sorti hier du cagibi hospitalier qui lui tenait lieu de quotidien. Espérons qu’il n’y retourne pas illico, victime d’un infarctus en voyant la tenue qu’il va devoir traîner sur ses spartiates épaules la saison prochaine, pour son retour à la compétition.

 

C’est un fait avéré, les rumeurs de nouveau maillot se répendent aussi vite sur le net qu’une sextape de Kim Kardashian. Si bien que le maillot dévoilé aujourd’hui au Musée d’Art Contemporain de Barcelone est bien celui que l’on avait découvert il y a quelques mois. Et pour tout dire, c’est celui que l’on craignait.

Dans un MACBA dévolu à l’Art Moderne, la tenue aura au moins eu le mérite d’échapper à un design façon Jeff Koons (maillot avec capuche en forme de tête de homard, short en ballons de baudruche) ou Damien Hirst (crampons à talon aiguille sertis de diamants 36 carats). Mais le résultat laisse pantois, pour rester poli.

 

Pour le maillot domicile blaugrana, les rayures sont parties rejoindre Donna Summer et Adam MCA Yauch dans le sanctuaire de ceux que l’on regrettera. Place à la bande centrale rouge sur fond bleu, qui a le très mauvais goût de partager une ressemblance coupable et vomitoire avec le petit club de la Porte d’Auteuil.

Non content d’exporter de l’autre côté des Pyrénées son parisianisme patenté, Nike a semble-t’il puisé son inspiration dans la poésie discographique de Gilles Gabriel, grand manitou de la démarquation progressive, pour nous balancer ce flou artistique en 100% polyester respirant. Amis du swoosh, faut faire le point, z’êtes plus focus. A mi-distance, le dégradé entre blau et grana donne une impression de bouillie dont la couleur tire vaguement vers le fécal, on espère que Turkish Airlines, partenaire du club, aura la décence de placer sous les sièges du Camp Nou de petits sacs en papier pour venir en aide aux spectateurs qui auraient des haut-le-cœur.

 

Comment ça, je suis totalement négatif et sarcastique ? Mais non, pas du tout. L’équipement n°1 dévoile au moins une amélioration, la dérive crépusculisante du bleu, qui s’obscurcit comme la tombée de la nuit.

 

 

L’attirail de voyage est de la même veine, aussi dégradé que la cote de la Grèce dans l’estime des agences de notation. Cette fois, on vire de l’orange au jaune de haut en bas, pour un maillot qui s’apparente dangereusement à une brique de jus d’orange à bas prix trônant violemment sur les rayons discount d’une grande surface sordide. Certainement un clin d’œil au tonus et à la vitamine C. Ou à Michel Platini et aux annonceurs de l’AS Nancy-Lorraine à la fin des années 70 (remplacés depuis par Sopalin, décidément, il existe des clubs maudits).

 

La campagne de promotion est axée sur le fait que le maillot est à 100% issu de la filière de recyclage de bouteilles d'eau minérale. Un peu comme les influences des hommes au crayon de la Virgule, qui sont allés chercher sur le maillot de la Juve de cette année le flou du maillot barcelonais de la saison qui arrive. Peut-être étaient-ils débordés en cette année 2012 durant laquelle il leur a fallu, en plus des maillots de club, dessiner également les vareuses des sélections nationales pour l’imminent Euro polono-ukrainien (ou ukraino-polonais, selon le point de vue).

Toujours est-il que Nike, cul et chemise avec Sandro Rosell comme une divorcée qui entretient un plan cul avec son ex, se permet des largesses hasardeuses avec la tradition vestimentaire du Barça. On n’a, par exemple, jamais vu jouer l’Inter avec un maillot bicolore façon Blackurn Rovers (Barça 2008-09) ou un short bleu (Barça 2005-06 et 2010-11 en short rouge), jamais vu la Juve jouer avec un maillot à rayures en escalier, façon jamais-aucune-équipe-digne-de-ce-nom-dans-l’histoire-du-foot (Barça 2011-12).

 

Heureusement, pour faire le deuil des maillots réussis comme celui de Wembley, le noir, sobre et sympa, sera encore présent dans le dressing la saison prochaine.

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Commentaires: 2
  • #1

    Nicolas (mardi, 22 mai 2012 23:36)

    Ué maillot horrible!
    Je n'irai pas l'acheter encore cette année!

  • #2

    Romek (jeudi, 24 mai 2012 17:42)

    Ce maillot est vraiment, vraiment infect.

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