La Coupe aux petites oreilles

Passé à côté de l'objectif principal de la saison, celui avec de grandes oreilles, le Barça jouait la consolante face à l'Athletic de Bielsa. La der pour Guardiola sur le banc catalan.

Dans la famille des coupes de fin de saison, le FC Barcelone a vu la grande soeur hypertrophiée des lobes lui échapper. Sans discussion possible, au profit de l'équipe qui a proposé le futebol le plus complet et chatoyant, chantre du jeu à une touche de balle, entre le stoppeur et l'avant-centre. Mais c'est un débat qui appartient au passé.
Place donc à la petite soeur, avec ses petites oreilles pointues et sa frange droite, le Copa del Rey a bien un air de famille avec M. Spok, lui qui avait prêté pour la soirée son haut de pyjama gris et bleu à Pinto (qui est venu en paix, mais sans la compagnie du Captain Kirk)...

 

 

Barça et Athletic, orfèvres toute la saison durant d'un jeu cinq étoiles, se retrouvaient pour ne pas finir comme le Poulidor de la saison. Après avoir espéré rentrer au bras des plus belles, les deux équipes ont fini par lutter pour pouvoir se rabattre sur la petite dernière et éviter de rentrer bredouille (ce qui nous est tous arrivé au moins une fois...).
Qui dit finale de Coupe d'Espagne dit forcément débuts en fanfare, avec l'hymne national. Les supporters basques et catalans, particulièrement attachés aux symboles de la nation, n'ont pu réfreiner leur irrépressible envie d'accompagner l'orchestre dans sa marche royale expédiée au triple galop en moins de vingt-cinq secondes. D'aucun souligneront, confortablement fiéffés sur leur sofa en mohair, qu'il est plus facile de siffler un hymne qu'un penalty dans un match couperet. Le genre de remarque dont Esperanza Aguirre aime à se fendre entre le dessert et le café.

 

Pour le dernier coup de pinceau de son chef d'oeuvre pictural en 14 tableaux, Pep avait sorti l'argenterie de rigueur, dans la limite des stocks disponibles avec les absences de Puyol et Dani Alvès derrière. Comme de coutume en Lana del Rey, c'est La Tresse qui garde les buts, défendus pas Montoya-Piqué-Masch-Adriano. Au milieu,on retrouve le triangle all-star habituel Busquets-Xavi-Iniesta, dont les victimes, Thiago et Cesc, se blesseront à leur entrée. Devant, c'est Pedro qui est aligné à côté de Leo et Faudel.

Le match démarre sur un rythme fou, ce qui le distingue nettement d'un film de Michael Haneke. Trois énormes occases dans les deux minutes initiales, les Pep Boys sont officiellement les premiers acquéreurs du Rafale, et prennent le score suite à un corner. Après un bon jaillissement de Piqué au premier poteau, c'est Javi Martinez qui se rend involontairement coupable de la première passe dec' de la soirée pour Pedro. Peut-être un avant-goût de la saison prochaine...

Pedro  marque du gauche, et inaugure le thème "faux-pied" de la première demi-heure. Imité ensuite par lui-même (ce qui est moins simple qu'il n'y paraît) et par Messi.
Le but de La Pulga a un furieux air de déjà-vu, action similaire et mêmes acteurs, dans des rôles inversés, que pour l'ouverture du score face aux Leones lors du match de Liga. Sur une ouverture verticale du Don dans la boîte, D10S rentabilise un contrôle pourtant médiocre d'une mine sous la barre au premier poteau. Iraizoz n'a visiblement pas révisé la leçon précédente.

3-0 au bout de 25 minutes, le Barça a fait étalage d'une efficacité qui lui aurait dégagé la route de Munich le mois dernier. On espère que vous vous êtes régalés, la suite va sombrer entre l'approximatif et le soporifique. Tiens, comme un long métrage de Michael Haneke, mais avec des tentatives de talonnade incongrues en supplément.


Ce qu'il faudra retenir de l'heure de jeu restante? Deux accrochages non signalés dans les surfaces, un sur Llorente qui se siffle, et un sur Faudel qui ne le méritait pas.
On pourra également noter la nouvelle improbable clean sheet signée par Pinto, pourtant  une fois de plus aussi rassurant qu'un grabataire au volant.
Décevant dans le toque, les Rojiblancos se sont rabattus sur les fondamentaux du match à l'ancienne. Susaeta avait donné le ton en 1ère avec un coup de faux chirurgical sur Mascherano. Ander Herrera, grippé et en chasuble au coup d'envoi, s'est bien rattrapé en 2nde avec une distribution massive de brins bien sentis.

Mais la palme revient haut-la-main au basquo-vénézuelien Amorebieta, qui visiblement apprécie moyennement les raids balle au pied de Messi. S'il a revu les images, Leo a du se faire une peur rétroactive et s'estimer heureux d'avoir échappé à la tentative d'assassinat, dans la tradition des techniques de boucherie-charcuterie, du stoppeur Athlétique. Certainement un hommage au match de 82, dans lequel la cheville de Maradona n'avait pas eu autant de chance face à l'attentat de Goikotxea.

 

Impatiemment attendue dans le marasme du deuxième acte, la fin du match a fini par arriver.
L'occasion pour les Basques de prouver qu'au-delà d'une grande équipe, ils avaient également un public exceptionnel, salué par Don Carles de la Grinta qui a entamé son tour d'honneur avec les drapeaux d'Euskadi et de Catalunya dans les mains.

Une fête au Calderon qui nous offre la tribune pour souhaiter de bons travaux au meringue dans les chiottes de leur stade, ce qui valait bien de décliner la réception de la finale. c'est certainement aussi pour cela que la police avait fait boucler Cibeles toute la journée...

 

Arborant comme toujours la retenue qui lui colle à la peau, Pep Guardiola a surtout célébré sa fin de règne par de longs abrazos aux membres de l'équipe et du staff. Une bringue qui s'est poursuivie le lendemain au Camp Nou, et dimanche pour un match de futsal où un Barça dans un maillot hideux affrontait un autre Barça, mais dans un maillot ignoble.


Avec le sourire, on passe à la notation sauce blogranaise.

 

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Le client
Tellement impeccable défensivement qu'on lui a permis de faire faute dans la surface, impliqué en attaque et propre dans la relance, Piqué a tout fait pour gagner sa place pour l'an prochain. Défendre sur Llorente lui réussit.
Nominés dans la catégorie : Masch a lui aussi frisé la perfection derrière. Comme la paire Xaviniesta a régalé au milieu.

 

Le Bialès
Intéressant sur ses montées, Montoya aurait gagné à prendre plus souvent l'initiative.
Nominé dans la catégorie : Busquets, égal à lui-même, c'est à dire monumental, jusqu'à 3-0, il a ensuite goulûment sombré dans la gourmandise, en s'embarquant dans des dribbles et talonnades aussi peu inspirés que ratés.

 

Le Casper
On remercie Pedro et Messi pour leur contribution vitale au tableau de marque. Mais à part ça, on n'a pas vu grand chose.

 

Le Cagolin
Aussi à l'aise balle au pied qu'un analphabète au Scrabble, Adriano n'a pas pondu son match le plus convaincant de la saison.
Nominé dans la catégorie : Pinto, à la ramasse tout du long, c'est probablement le bon Dieu qui protège sa cage.

 

 

On se retrouve dans la semaine pour des brûlots sur le bilan de la saison et la projection tactico-mercatonienne du futur Barça de Tito. On vous invite encore à venir pourrir le design du nouveau maillot ici.

N'oubliez pas d'aller lire l'avis de Nando sur la finale dans l'Académie (qui attend son 300ème poney).

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