On fait le bilan calmement...

Le clap de fin a retenti dans la nuit madrilène vendredi dernier. Dès lundi, déjà, Tito Vilanova avait pris ses quartiers en tant qu’entraîneur du FC Barcelone. L'ère Guardiola est donc bien terminée. Après ses six titres initiaux, les deux de la deuxième saison, les cinq de l'an dernier, la Pep Team aura offert un peu de répit aux polisheurs des trophées du musée du Camp Nou, un peu trop occupés avec la moisson de 14 titres en 4 ans... 6, 2, 5 et 1 succès, les amateurs de suite logique et de tests psychotechniques apprécieront.

Si le quadriennat de Pep est pour le moins sublime, il est temps pour nous de dresser le bilan de cette dernière année. L'année la plus pauvre des quatre en terme de trophées, qui sera passé à quelques matches et quelques blessures de la saison parfaite. En effet, avec plus de réussite et de détermination face à Chelsea et au Real, avec Villa et Abidal, la saison aurait été moins noire et le palmarès de la Liga moins blanc. Toutefois, la pénurie de titres ne peut se cacher derrière ces deux seules explications.

 

Une saison pas si pire

 

Jusqu'au début du mois de mai et la folle remuntada en cours, il était difficile d'évoquer une saison ratée. A 4 points du Real, qualifiés pour les demis de la Champions et la finale de la Lana del Rey, le Barça entamait sa fin de saison avec l'appétit d'un ogre mais la santé d'un unijambiste. Deux mois plus tard, on doit se contenter de la coupe aux petites oreilles pointues.

Pourtant, hormis la place de Poulidor, il est difficile de blâmer numériquement le parcours des Barcelonais. 91 points accumulés en Liga et pas moins de 114 buts n'ont pas fait mieux que des Madrilènes qui auront battu tous les records collectifs. Côté records persos, c'est à Messi qu'il faut rendre hommage : meilleur buteur de l'Histoire sur une saison en Liga (50 réalisations) et en Europe (73 buts toutes compétitions confondues) et désormais meilleur buteur du Barça de tous les temps (avec un total de 253 buts).

 

Un système tactique laissant la clef aux joueurs

 

Le début de la saison est marqué par les changements tactiques de la Guardiole. Avec l'arrivée de Cesc dans les rangs blaugrana, Pep est tenté d'aligner un carré magique et de faire de l'ombre à Giresse, Genghini, Tigana et Platoche (et aussi à Luis, un bon jouor, dont le pragmatisme mathématique permettait de compléter ce carré à cinq), rien que ça.

Ce système de jeu est préféré au 4-3-3 dès le premier match, où le Barça inflige une manita à Villareal. L'alternance avec le système classique se met en place jusqu'aux rendez-vous clefs du début de saison, à savoir le match à Mestalla et le premier Clasico. Si le match contre les Valencians est une débacle défensive, le match à Bernabeu montre la réussite tactique des Pep Boys.

En effet, le 4-3-3 de la feuille de match laisse libre au cours à l'ingéniosité des Blaugrana qui excellent dans la modulation.

Les clefs du système sont multiples. Derrière, la polyvalence d'Abidieu et de Puyol, capables d'occuper la bande et de resserrer dans l'axe, laisse libre la mobylette Alves, chargé d'occuper le côté droit. En cas de contre-attaque adverse, Busquets se charge de recomposer une défense à quatre. Du côté offensif, si Iniesta joue souvent comme un électron libre oscillant sur le côté gauche, Xavi reste, lui, plus axial. Devant, personne ne joue véritablement en poste de numéro 9 et les attaquants, chacun leur tour, viennent occuper un poste de faux 9, qui permet de libérer les espaces devant et derrière la défense.

 

Ce système de jeu, où tout le monde trouve sa place sans rester dans un poste bloqué permet aux Barcelonais de désorienter leurs adversaires. Un système exquis, que l'on doit à l'audace des choix de Pep, et dont la réussite tient à l'intelligence de jeu de ses protégés.

 

Une gestion du groupe qui montre ses limites


La gestion du groupe de Pep a été claire depuis sa prise de fonction. Le technicien catalan opte pour un groupe professionnel réduit, agrémenté de plusieurs canteranos. Ce système a pour avantages une masse salariale «allégée» de quelques joueurs et l'éclosion de jeunes de la Masia, comme par exemple Busquets, Pedro ou encore Thiago.

Malheureusement, cette gestion a des failles, montrées cette année par les blessures. Partis avec un groupe particulièrement resserré en défense, les Barcelonais se sont retrouvés orphelins d'un Abidieu qui régnait sur le côté gauche de la défense. Combiné au départ de Maxwell, aux blessures de Puyol et aux errances de Piqué, cette absence a mis l'arrière-garde culé dans un chantier perpétuel. Devant, la blessure de Villa a laissé un vide dans une position de 9 que personne n'aura su occuper lorsqu'il fallait tuer les matchs de fin de saison.

Au coeur de cette envie d'incorporer les jeunes, Pep aura magnifié le turnover cette année. Hormis Messi, qui n'aura raté qu'un seul match en Liga (à cause de 5 cartons jaunes pour le moins équivoques), aucun joueur n'aura disputé plus de 33 rencontres en Liga : Dani Alves devance de deux parties Xavi et Mascherano sur le podium à 4 des joueurs de champ les plus utilisés. Une rotation qui nous a fait découvrir Sergi Roberto, Montoya mais surtout Cuenca et Tello.

 

La fin d'une ère

 

Cette fin de saison est surtout la fin d'une ère. Le calendrier de la Pep Team va donc s'arrêter en fin de l'an 3 ap. J.G. Place désormais à Tito, qui n'aurait, me dit-on, aucun lien de parenté avec le maréchal yougoslave sanguinaire. Une nouvelle année commence donc dès maintenant avec l'adjoint de Pep. Une saison qui débouchera sur de nouvelles élections au Barça, avec, qui sait, le retour d'un tandem Laporta-Guardiola aux commandes. 

 

Après ce bilan de la saison, retrouvez l'article de Ju, qui passera prendre ses provisions sur le marché estival vendredi. Guettez aussi les performances des Barcelonais de la Roja, ce soir sur C+ Sport.

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Commentaires: 1
  • #1

    KARIM (jeudi, 31 mai 2012 22:50)

    comme d'hab un réel plaisir de vous lire les amis ! continuez à nous faire plaisir, décidément, le guardiolisme est aussi présent dans les plumes raffinées :)

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