Le Barça fait le taf à Getafe

Pour son retour aux affaires liguères, faisant suite à la trêve intercontinentale, le Barça s'offrait une rencontre en banlieue subcapitale. Un déplacement à Getafe craint de tous à cause de l'odeur de cadavre constatée sur place, celui encore chaud des Livides au début du mois, celui des espoirs de titre blaugrana la saison passée. Un obstacle surmonté à leur main par les Catalans, qui bouclaient ainsi une semaine de revendication sang et or.  

Sandro et la Senyera
Sandro et la Senyera

Semaine sous l'égide du catalanisme. Lundi : Sport dévoile que le FCB pourrait porter les couleurs Sang et Or pour leur tenue extérieure la saison prochaine. La rumeur déclenche de nombreuses réactions, mais est loin de faire l'unanimité, bien au contraire. Mardi, alors que les internationaux peinaient à battre les Géorgiens chez eux, la Diada, Journée annuelle de la Catalogne rassemblait environ un million et demi de personnes dans les rues de Barcelone. Plus quelques autres un peu partout dans le monde. On pourra citer ce récent ex-entraîneur aux 14 titres en 4 ans, qui soutient les velléités indépendantistes depuis son New York sabbatique. Les chiffres sont évidemment discutés du côté de TVe, qui passait l’info sous quasi-silence. As préférait ironiser sur le sujet, se demandant ce que serait la « Liga Catalana » et doutait de l’intérêt d’un championnat entre le Barça et l’Espanyol. Même si ça fait mal de l’avouer, les collègues de Fred Hermel n'avaient peut-être pas totalement tort…

C'est dans ce contexte que le Barça se rendait à Madrid. Pas pour affronter le rival blanc, ni l’ennemi de l’ennemi colchonero mais pour se rendre plus au sud, dans la banlieue toute dévouée à l’industrie aéronautique de Getafe, qui pousse même sa passion des airs jusqu'à afficher de jolis avions sur son logo. Et Getafe comptait bien encore une fois étreiner son rôle de bête noire des grosses écuries. Les Madrilènes du sud attendaient les catalans dans leur Coliseum, une espèce de petit Vélodrome avec une pelouse en relief comme une boîte à oeufs...

Tito, encore reclus en tribunes, craignait l'adversaire autant que le virus FIFA, qui l'a privé dans la semaine de la disponibilité d'Iniesta, Alexis et Alba. Et le nouveau Mister a innové. Un truc qu’on n’avait jamais vu sous l’aire Guardiola, mettre Leo sur le banc pour l’obscure raison de le laisser reposer. Couillu le nouveau ! Ainsi, le Barça se retrouvait avec un onze inédit et, semaine de Diada oblige, à forte consonnance catalane. Avec Valdes, les PP flingueurs, le jeune Montoya, Busi, Thiago, Xavi, Tello, Cesc et Pedro, Vilanova montrait à Platoche qu’on fait mieux qu’appliquer les quotas de joueurs formés au club. Comme il fallait quand même jouer à onze, un étranger, Adriano, était titularisé sur le flanc gauche

Sans Messi ni Villa au coup d'envoi, les Barcelonais dominent un match chloroformé, peinant à enfoncer le verrou getafense, malgré les incursions de Cesc, placé en faux 9, et de Thiago, à qui la transversale refuse l’ouverture du score. Comme contre Valence, c’est Adriano qui débloque la situation, opportuniste après le slalom d’un Fabregas incisif. Les détracteurs de FabFab, en récente recrudescence, diront qu'il s'agit plus d'une conduite de balle ratée que d'une passe déc'. Toujours est-il que ça fait 1-0, et le Barça regagne alors les vestiaires alors que Valdes n’aura eu qu’un arrêt à effectuer, dans un match facile avec un confiscation totale du ballon.
Xavi et Messi militent aussi pour le marriage homosexuel
Xavi et Messi militent aussi pour le marriage homosexuel

La partie reprend avec un peu mois de possession, et végète dans un ronronnant ennui, jusqu’à la frayeur qui nous arrache enfin des émotions sur nos canapés. Sur un contact anodin, Don Carles de la Paumette Casquée se tient le genou gauche. Après vidéo et avant IRM, on s’aperçoit que les ligaments ont été touchés. Le chevelu revient sur le terrain pour de brefs instants mais quitte ses coéquipiers pour la fin du match, ce qui reste anecdotique et pour plus d’un mois, ce qui va devenir problématique. Sentant l’équipe faiblir, Tito lance alors La Pulga, qui a le mérite de réveiller une attaque barcelonaise fadasse, à l'image de ses deux attaquants de couloir.

 

Il ne faut pas longtemps pour remarquer la différence, la présence de Dieu change tout. On s'en serait un peu douté. L'homme en noir a beau lui refuser un penalty évident, Leo se retrouve quand même sur le point blanc des 11 mètres, à la suite d'un accrochage sur Pedro. Une sanction tranformée en puissance, suivie d'un plat du pied opportun pour conclure un centre au cordeau de Montoya, et le génie donne une ampleur définitive à l’avance blaugrana. Un doublé 19 minutes après son entrée en jeu, ou l'efficacité froide d'un tueur en série.

Le dénouement ne fait plus aucun doute mais la table de marque fait des soubresauts. Adriano et Mascherano décident alors de se muer en flipper pour catapulter le ballon au fond des filets d’un Valdes impuissant. Puis, une semaine après avoir été gentiment relancé par le moustachu avec la Roja, Villa conclut une magnifique ouverture de Cesc par un enchainement de grand standing.

Heureux de ce quatrième succès en autant de matches, le Barça a surtout exulté deux heures plus tard, en apprenant la déroute du Real à Pizjuan. Ca fait donc, déjà, 8 points d’avance sur les Blancs. Un bon matelas sur lequel il ne faudra pas s’endormir. Busi le dit bien ce matin, « queda mucha Liga » (« il reste encore beaucoup en Liga »), effectivement, il reste 102 points à prendre. Mais, ne faisons pas la fine bouche, la Catalogne a vécu une bonne semaine et bon week-end. Cap désormais sur le continent (on croirait entendre des Corses...) avec la réception du Spartak Moscou mercredi soir.

 

On passe à la notation sauce Blograna :

 

LE CLIENT

Titulaire à moitié surprise pour son retour, Thiago a joué très juste et inspiré pendant son heure sur la pelouse imparfaite du Colisée. Remplacé par Messi, phénoménal avec un doublé dans la demi-heure restante.

Nominés dans la catégorie : disponible et très actif, en faux neuf puis un cran plus bas, Cesc a gonflé ses stats avec de nouvelles assistances. Dont la première pour Adriano, encore une fois dans le rôle de celui qui fait la diff. Mention pas mal pour Montoya, avec une passe déc à la clé.

 

Le Bialès

A l'image de son gardien et de Puyi à ses côtés, Piqué n'a pas eu à forcer beaucoup pour éteindre la fougue asthmatique de l'attaque Getafense.

Nominés dans la catégorie, Busquets et Xavi, sérieux mais pas focément dans leur jour de plus profonde inspiration.

 

Le Casper

Malgré l'obtention du péno et une belle occase en seconde, Pedro aura plus été l'ombre que la lumière. A contre-courant de son début de saison réussi.

 

Le Cagolin

Un match sinusoïdal pour Tello. Quelques hauts avec 3 occasions proprement exécutées (2 plats du pied thierryhenryesques et une frappe en quasi-lulu), et de bons appels dans la profondeur dans un début de seconde mi-temps où l'équipe ne montrait pas grand-chose. Mais de nombreux bas, avec une véritable gastroentérite technique dans ses contrôles, dribbles et passes. Pas loin de faire clairement de la peine par moments.

 

On se retrouve cette semaine après le premier match de Champions de la saison. Tito recevra le Spartak Moscou pour sa première.

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