Plus forts que la douleur

Frustration, dépit, atermoiements et désespoir de cause. Samedi, le supporter culé est passé par des émotions familières aux employés PSA d’Aulnay-Sous-Bois. En bon Arnaud Montebourg blaugrana, Xavi a rappliqué pour jouer les sauveurs, pour un dénouement comme un ouf de soulagement. On ne peut que souhaiter la même issue sur les chaînes de montage du Lion et des Chevrons.

Le match de milieu de semaine aurait pourtant dû rendre méfiant. Plus que mal embarquée et sauvée des eaux, à l’huile de coude, par le Génie, la bande à Tito se doutait bien que Grenade allait se pointer au rendez-vous dans le même état d’esprit que les Russes du Spartak.

Adepte du roulement dans son onze titulaire, Vilanova ne change pas une donne qui gagne. En balance avec Bartra après son entrée mi-figue mi-figue mercredi, Song est aligné en charnière centrale. Une bonne occasion de parler tondeuse et ciseau avec Floro Flores, dans un duel de coiffures à l’aérodynamisme testé en soufflerie. Pas d’une grande placidité en Champions, la ligne arrière garde donc la confiance du coach avec Alvès et Adriano sur les côtés. Une stratégie du prouve-moi-que-ton-dernier-match-de-merde-était-un-accident qui venait de faire ses preuves avec Tello.

Au milieu, Xavi est invité à se frictionner les mollets au Baume du Tigre, Thiago le remplaçant à côté de Fabregas sur la feuille des starters (à ne pas confondre avec le menu des hors-d’œuvre…). Bref, le changement, on ne sait pas si c’est maintenant, mais en tout cas c’était devant, Villa et Alexis retrouvent une place de titulaire. L’un aura eu besoin de plus de patience que l’autre depuis leur dernière apparition au coup d’envoi.

 

Que dire de cette première mi-temps bancale ? Habituellement plutôt éco-friendly, les Catalans étalent une joyeuse agglomération de déchets, provoquant l’émission immédiate de gaz à effets de serre à l’entrée de la surface andalouse, et l’engorgement irrémédiable de celle-ci. Les lobbys écolos commencent quasiment à se faire entendre quand Cesc, à la tardive 25ème, décoche la première flèche cadrée, dans le morbide désert des opportunités barcelonaises.

En manque de rythme, d’inspiration, de combinaisons, bref, pour la faire courte, en manque, le Barça ne verra pas d’autres frappes atteindre la cage de Toño. Il est sympa, ce Toño… Dans les 45 premières minutes, ce sont plutôt ses défenseurs qui se montrent agaçants, avec leur fâcheuse manie de toujours tendre la jambe pour contrer les tentatives de frappe difficilement obtenues. Dans une parfaite analogie d’un slip à très grosses coutures, les premières irritations commencent à se faire sentir, l’occasion pour Villa et Messi de faire étalage de leur important potentiel dramatique dans la joute verbale, à défaut de faire démonstration de connivence balloneuse.

L’attaque culé est bien trop diluée dans la défense grenadine. Entretemps, Grenade a bien failli faire sauter la banque sur un contre au bout duquel Valdés, moyennant manchette décisive, évite le but de Siqueira. Autant dire que le retour aux vestiaires respire le saumâtre.

 

Le retour aux affaires sent toujours le faisandé. Dans le premier quart d’heure, c’est même Grenade qui prend confiance et s’autorise un pressing haut, coupant les passes catalanes au milieu et obligeant VV à balancer des tubes loin devant. Le trauma de la bévue clasiquesque traîne toujours. On ne lui en voudra pas de sa politique risque zéro.

Xavi et Pedro sont appelés à la rescousse sur le rectangle histoire de remettre de l’ordre dans la boutique. La devanture commence progressivement à avoir de la gueule, avec un bel échalandage de combinaisons et d’occasions, sur les cintres d’un couillu 3-3-4 dans la dernière demi-heure. Mais c’est surtout Toño, le même mais en moins sympa, qui se donne en spectacle. Messi, puis Cesc, se heurtent au rempart sur des face-à-face. A bout portant au point de péno, sur un caviar de Tello fraîchement entré, Xavi croit avoir trouvé la clé mais doit se raviser, contrarié par le gardien grenadin et sa main de fer dans son gant de néoprène. On commence à parler de San Toño. Frédéric Dard, de là où il est, affiche un sourire goguenard. Sans arriver à la cheville d’Ali Ahamada, c’est la soirée des gardiens puisque Valdès joue lui aussi les San Victor en évitant le hold-up.

Ca commence sincèrement à sentir la transpiration et l’angoisse dans les travées quand arrive la 87ème minute. A la tombée d’un flasque dégagement andalou, dans l’arc-de-cercle, Xavier Hernandez trouve l’accès aux seuls 60 cm² laissés vacants par l’homme ganté rose fluo. OUF !!! L’aficion retrouve toute sa sérénité, qui lui sera nécessaire lors des cañas d’après match à l’heure de disserter de l’indispensabilité de X6. Ils pourront aussi discuter de l’exactitude du mot « indispensabilité ».

Tout en courtoisie, les visiteurs se donnent même la peine, dans le temps additionnel, de donner un reflet flatteur au score. Au bout d’un raid à forte teneur en contre favorable, Messi centre sur Borja Gomez, qui, ayant la bonne idée de se trouver là, dévie la course de la gonfle vers les filets dont Toño s’était donné tant de mal à prohiber l’entrée. C’était bien la peine.

Match très poussif, mais cinquième victoire en cinq matches. Le Barça est donc presque aussi bon que l’Olympique de Marseille. Et pourra regarder tout confort le match des Laiteux chez leur voisin rayé de banlieue. Avec un léger différé dû à des connections électriques douteuses.

 

Comme d’hab, c’est l’heure des notes.

 

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Le Client

Qui aura été le plus décisif ? Xavi et son but de la gagne ou Valdés et son arrêt fondamental ? On les renvoie dos à dos.

Nominé dans la catégorie : Song, qui a regagné les points perdus mercredi pour sa candidature comme défenseur central.

 

Le Bialès

De l’activité mais du déchet et pas d’action décisive, Messi a manqué de son génie habituel.

Nominés dans la catégorie : Cesc, même appréciation que Leo. Match lambda de Busquets. Le reste de la défense, match sérieux, mais quand l’opposition s’appelle Brahimi puis El-Arabi, le point de comparaison s’appelle Seb Puygrenier.

 

Le Casper

Plutôt dans le coup pour son retour mercredi, Thiago a moins rayonné. Surtout à partir de la 55ème quand Tito l’a rappelé à son survêt.

Nominé dans la catégorie : Faudel, quelques éclairs mais on attend plus de lui.

 

Le Cagolin

Pour son retour comme titulaire, Villa s’est surtout signalé par son engueulade (sans conséquence, dixit la langue de bois de rigueur) avec Messi. Il a gagné une semaine de peluche.

 

Languissez-vous, Nando revient bientôt dans l’Acad’. Peut-être le week-end prochain, sur la pelouse de Séville.

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