Trois points d'interrogation

Malmené contre des équipes modestes la semaine dernière, le Barça se déplaçait à Pizjuan après une semaine de repos. Un stade où les visages pâles ont perdus de précieux points il y a un mois. En terre andalouse, les Barcelonais ont décidé de nous faire voyager dans un ascenseur émotionnel, pour finalement remonter à 11 points du Real Madrid.

Encore privés de ses PP flingueurs et d’Iniesta, Tito a dû bricoler en défense. Song et Masche sont alignés en centraux, pour mieux rappeler à Bartra qu’il va devoir attendre pour devenir le nouveau Puyol. VV, Dani et Alba complètent la défense. Busi et Xavi accueillent à nouveau Cesc dans le milieu habituel de début de saison. Devant, Leo se voit entouré de Pedro et d’Alexis. Le Chilien teste donc cette semaine la fameuse technique vilanovesque du prouve-moi-que-j-ai-bien-fait-de-te-mettre-à-la-place-de-Villa-et-Tello.

Dès le début de la partie, on se demande ce que sont devenus les bancs de touche saucisse qu’arboraient le Sanchez Pizjuan la saison passée. Homer Simpson désapprouve. Qu’à cela ne tienne, si les frankfurts sont absentes, ce n’est pas le cas des ambitions de jeu et des occasions. Pedro et Xavi frôlent le cadre de Palop, Negredo celui de VV. Les premières frappes cadrées ne se font pas attendre longtemps. Après un double une-deux avec Xavi puis Cesc, Messi se fait légèrement retenir par Gary Medel à l’entrée de la surface. Suffisamment pour devoir armer sa frappe sans vitesse et ne pas inquiéter outre-mesure le vieux briscard andalou. Déjà, Monsieur Mateu Lahoz montrent des signes de fébrilité. Les tacles de Botia et Spahic et les interventions de Song se succèdent sans faire moufter le référé.

 

Inquiété plus tôt par une frappe d’un virevoltant Rakitic, VV s’incline à la demi-heure de jeu sur une action-flipper. Gary Medel, surnommé affectueusement le « Gattuso chilien », voit sa frappe inoffensive, promise aux publicités derrière les buts, remise en jeu par Mascherano. Trochowski récupère et envoie une « kartoffel » teutone. Pourtant dominateur dans le jeu, le Barça se voit mené au score et peut se demander si VV et Alves avaient envie de défendre leur but, tant ils ont été inertes. On se replonge alors dans les scénarii de Moscou et de Grenade et on se dit que le Barça n’aime plus gagner ses matches tranquillement.

 

Après une double occasion de Cesc et Messi puis deux actions de Negredo, tout le monde rentre au vestiaire sur ce mince avantage pour les locaux (aucun lien avec Patrice). Les remparts sévillans, battis devant Palop, repoussent les coups de boutoir barcelonais. Dans cet étau (aucun lien avec Samuel), toujours un pied ou une cuisse dépassent pour annihiler les attaques blaugrana. On rejoue une nouvelle fois le script du match entonnoir.

Dès le début de la seconde période, Busquets et Messi rivalisent de nonchalanche dans le rond central pour perdre un ballon anodin. Medel récupère et lance Negredo au duel avec Song. L’ex-gunner, trop tendre, laisse filer l’international espagnol crucifier VV d’une merveille de balle piquée. Honnêtement, on aurait préféré une intervention saignante du camerounais, à l’image de ce qu’on fait les centraux sévillans de l’autre côté du pré. Au lieu de cela, le Barça se retrouve mené 2-0 juste après la pause.

Evidemment, peu de gens misent sur la sixième victoire de la saison du conjunto barcelonais. Pas même les femmes des joueurs du MAHB. On imagine même les titres de la presse du lundi si le Real venait à battre le Depor ce dimanche : « A 5 points à une semaine du Clasico ! » ou encore « Un Barça fébrile et sans défense avant le Clasico ». De quoi vous mettre le (manu del) moral au sous-sol.

 

Et pourtant, Alba mène la charge après le deuxième pion. Si Pedro voit sa frappe dévié sur la ligne sur un centre de Jordi, personne ne peut contrer la lourde de Cesc. Celui d’Arenys profite d’une balle perdue aux 25 mètres pour la propulser du gauche dans le petit filet. La remuntada est en marche. On y croit encore plus quand Messi décoche un coup-franc dans la lucarne de Palop. Le portier sévillan, qui se souvient de celui encaissé ici-même sur un coup de patte de Xavi la saison passée, soulève sa vieille carcasse de quadra pour écœurer D10S. Les Catalans poussent, ça sent l'empate, mais les Sévillans sont toujours en surnombre devant leur surface, et même à un contre un sur chaque contre-attaque, portés par un Navas pied au plancher.

 

Il ne reste désormais plus que 20 minutes et monsieur Mateu Lahoz va changer le cours du match. Après une faute sévillane, Medel tarde à rendre le ballon que vient alors chercher Cesc. S’ensuit un jeu de regard avant que le Chilien ne s’approche de Fabregas pour un front contre front. Le catalan feint un coup de tête, Busi et consorts viennent se faire entendre auprès de Mateu Lahoz qui dégaine un rouge sévère. Le milieu sévillan écope là des cartons que n’ont pas reçu Spahic, Botia et Del Moral, pourtant pas avares de fautes.

 

S’ensuit alors un siège de la cage sévillane, orchestré par un Messi reculé aux côtés de Xavi pour distiller les passes. La première décisive sera pour Cesc qui fusille encore une fois Palop d’un pointu du gauche. Une libération pour celui qui est remis en question depuis Noël dernier par les socios et la presse spécialisée. Le Barça tient alors un nul inespéré quarante minutes plus tôt.

 

Il ne reste plus que les arrêts de jeu et les Catalans ne se satisfont pas de ce partage des points et continuent le pilonage de la surface adverse. Messi s'offre sa deuxième passe décisive sur un une-deux avec Villa. El Guaje imite Cesc et étrille Palop d’une frappe puissante du gauche.

 

Tout le banc exulte et vient saluer cette victoire acquise au bout du suspense. Pendant ce temps, les joueurs du FC Séville se plaignent d’une main de Thiago au départ de l’action. Cette mimine et l’expulsion de Medel font la une d’As aujourd’hui, et plus généralement la prestation équivoque de Mateu Lahoz fait débat. S’il est difficile de nier que les coups de sifflet ont avantagé le Barça sur la fin de match, on ne peut passer sous silence les erreurs dans l’autre sens. En effet, l’arbitre aura attendu la 94ème pour sortir un carton à un défenseur central, Botia. Le multirécidiviste bosnien Spahic et le briseur d’action Manu del Moral auront été épargnés là où trois barcelonais ont été avertis, alors que le Barça n’aura fait que quatre fautes dans le match. On laisse Fred Hermel se faire l’avocat de la lutte « Un carton rouge pour Busquets », qui trouve des volontaires dans la capitale. Une cause toutefois difficile à soutenir, Busquets ayant effectué une seule faute dans le match.

 

L’ascenseur émotionnel, passé par les catacombes en début de deuxième mi-temps, est finalement arrivé aux 3 points. Difficile pourtant de se satisfaire pleinement de cette victoire. Si les 3 points sont là, les errances défensives et les inhabituelles imprécisions techniques laissent pantois avant un déplacement à Benfica et la réception du Real.

 

Dimanche, le FCB aura à la fois rendez-vous avec le Real et Anne Sinclair, pour un 7 sur 7 de haut vol.

 

On passe à la notation.

 

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LE CLIENT

Auteur d’un doublé et à l’origine de l’expulsion de Medel, Cesc aura été l’homme du match côté blaugrana.

Nominé : Villa, rentré en jeu à 20 minutes de la fin, auteur du but de la victoire.

 

LE BIALES

Effacé tout le match et auteur d’une prestation bardée de déchet, Leo a tenté 15 fois la passe décisive dans la dernière demi-heure. Il en réussit tout de même deux dans les superficies réduites du camp sévillan.

Dans le même registre, Xavi a été précieux dans le jeu mais léger sur son replacement défensif. Match consistant d'Alba, même si Navas lui a donné du fil à retordre.

 

LE CASPER

Alerte enlèvement ! Le petit Pedro, 1,70m, à la dentition imparfaite, portait un maillot bleu et grenat hier. Si vous l’avez vu, n’hésitez pas à nous contacter.

 

LE CAGOLIN

Toujours dans la mauvaise décision, Faudel aura été mis à mal par Fernando Navarro, un type qui n’a pas été gardé à la cantera. Bref, un match à oublier.

 

Si la victoire n’avait pas été au bout, la peluche aurait pu repartir chez le faux-rempart VV, Dani Alves ou encore Song. Dans une moindre mesure à Busquets, en difficulté autour du rond central, et qui a laissé la défense souvent en sous-nombre.

 

Evidemment, la peluche aurait pu revenir de droit à Mateu Lahoz, auteur d’une prestation excécrable qui fera couler de l’encre jusqu’au Clasico.

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Commentaires: 3
  • #1

    KARIM (dimanche, 30 septembre 2012 21:15)

    Le milieu sévillan écope là des cartons que n’ont pas reçu Spahic, Botia et Del Moral, pourtant pas avares de fautes ... cette phrase à elle seule fermera le caquet aux petits grincheux de AS et cie

  • #2

    blograna (dimanche, 30 septembre 2012 22:59)

    En espérant que Fred Hermel et cie nous lisent...

  • #3

    Ju (lundi, 01 octobre 2012 10:06)

    Ce que fait Fabregas est vraiment petit. Pas de soute là-dessus.
    Mais ce que fait Medel est stupide. En venant au coup de tête, il sait qu'il s'expose au rouge. L'amplification de Cesc, c'est pas beau, mais c'est une moins mauvaise réponse que de rendre le coup de tête, allonger Medel et laisser son équipe à 10...

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