Perdre et gagner

Soirée sous le signe de la diffraction des sentiments à Lisbonne. Jamais vainqueurs dans le Stade de Lumière jusque là, le Barça a survolé les débats face à Benfica, mais n’a pas eu le loisir de célébrer sa victoire, plus préoccupé de laisser sur le bord de la route son capitaine, bras en écharpe, et Busquets, sévèrement rougi. On peut à la fois perdre et gagner, comme l’a professé l’enfant seul de la rime de confection Française.

Contrairement au raisonnement en vogue dans les médias cette semaine, un match de Ligue des Champions n’est pas une répétition générale pour le Clasico à venir le week-end suivant. Jusqu’à preuve du contraire, la Champions reste la top-priorité sur la shopping-list, pas un sas de préparation pour l’évènement de la semaine, quand bien même celui-ci attire tous les projecteurs éditoriaux des conférences de rédaction.

Tito envoie donc l’artillerie lourde, d’autant qu’au coup d’envoi, on sait que les Celtes viennent de remporter la bataille de Moscou. L’occasion de se mettre en position de confort dans ce groupe G. Le Mister a la joie (mais ne la cherchez pas sur son visage) de réincorporer sur la feuille de match Adriano et Iniesta, en survêt, et Puyol, en brassard. Cesc tient sa place au milieu, la seule véritable surprise vient de la titularisation d’Alexis, aux côtés de Messi et Pedro.

Pour le moins dans le dur depuis le début de saison, le Chilien bénéficie de la Méthode Vilanova, réitération de confiance à un joueur décevant. Ce dérivé de Méthode Coué avait fonctionné avec Adriano, Tello et Cesc. Rebelote hier avec Faudel, pas loin d’être l’homme du match. Expert dans l’art de remettre en selle ceux qui sont dans le creux de la vague, Tito ne va pas tarder à recevoir des appels d'Herbert Leonard et de François Bayrou.

 

Le premier quart d’heure est schizophrène. Offensivement, le Barça régale dans le toque, trouve des solutions, et ouvre la marque dès la 6ème, Faudel ayant la bonne idée de ne pas vendanger à 4 mètres du but vide un cadeau né de la relation intime entre Messi et Alba sur le côté gauche. Défensivement, par contre, ça tangue gentiment, et il faut une paire d’arrêts décisifs de Valdés pour que la cage barcelonaise, tout comme les voies du Seigneur, reste impénétrable.

Progressivement, le FCB impose sa patte sur le jeu, ne se privant surtout pas de se mettre tout seul dans la difficulté par quelques jeux en triangle à une touche devant sa propre surface. A ce petit jeu-là, Busquets est impérial. Les Catalans varient et donnent une leçon de jeu long, dans la largeur ou dans la profondeur pour profiter de la vitesse de Sanchez. Messi, lui, décroche beaucoup, ce qui laisse de la place aux appels de FabFab. Parfois gourmand ballon au pied, D10S aura perdu tous les ballons qu’il a surtripotés, et illuminé le jeu quand il a joué dans le tempo. Personne, même le génie, ne peut s’élever contre le Jeu.

 

Après le changement de côté, la rencontre reprend sur les mêmes bases, les Blaugrana enchaînent d’invraisemblables séquences, ce qui leur fait un point commun avec Rocco Siffredi. Le FCB psalmodie sa prose ballonée et les Lisboètes, sans parfois toucher la gonfle pendant 1 minute 30, assistent en spectateurs privilégiés, au premier rang et sans payer, au grand récital.

Non content d’avoir souillé un face-à-face plus que jouable en 1ère, Alexis rempile et rate la balle du break, offerte par un décalage de Messi. La Pulga a compris qu’il fallait changer d’interlocuteur. Prise de balle aux 35 mètres, accélération, slalom, mystification, tour de rein, et passe du pointu au moment ou les sept Benfiquistes qui l’entourent allaient lui piquer le cuir, il met Cesc sur orbite, qui finit du gauche au premier poteau. Toute ressemblance avec l’égalisation de samedi à Séville n’est évidemment pas fortuite.

 

2-0, le ver est dans le fruit pour les Aigles, on n’épiloguera pas sur leur dernière demi-heure difficile à courir après le ballon étoilé, même si l’entrée d’Aimar a apporté un sursaut d’intensité dans leur jeu. Iniesta entre à l’heure, à la place d’un Fabregas excellent mais averti et en sursis, et le match s’achemine en père peinard vers une victoire paisible… A l’orée du dernier quart d’heure, il ne fait plus un temps à faire monter un central sur corner, surtout si celui-ci en est à son match de reprise. Evidemment, le Chevelu, monsieur je-suis-toujours-à-400%, choisit ce moment pour ramener sa vieille charpente dans la surface rouge. L’impulsion est éminemment aérienne, mais l’atterrissage sera nettement moins dans les normes Euro NCap. Bousculé en l’air, Donc Carles de la Blessure retombe sur son bras gauche, que son vaillant brassard sang et or ne suffit pas à sauver des décombres. A cette heure-là, les enfants sont couchés et c’est tant mieux, car le spectacle est honnêtement assez crade, Puyi est évacué avec le coude plié en trois dans la boîte à gant. Le bras n’est pas cassé, mais le Capitaine s’offre le luxe du coude et deux nouveaux mois loin des terrains. Rarement épargné, Puyol prend les choses avec philosophie, il aurait décidé d’entamer une relation épistolaire avec Abou Diaby, histoire de se tenir chaud entre habitués des CHU.

Avec son effectif pléthorique en défense centrale, Vilanova accueille la nouvelle avec délectation.

Une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, c’est bien connu. A une poignée de secondes du terme, Sergi Busquets va au charbon en deux temps devant Maxi Pereira. L’action est déjà d’une clarté sombre, mais l’échauffourée qui suit ajoute à la confusion. Toujours est-il que Busi est renvoyé aux vestiaires avant les autres, pour… pour quoi d’ailleurs ? Difficile à dire… Pour l’ensemble de son œuvre diront les (nombreux) détracteurs de l’homme qui obtient des fautes plus vite que son ombre. Carton rouge direct, en langage UEFA cela se traduit par deux matches de suspension. Il vaudrait mieux que Piqué soit sur pied le 23 octobre pour le match contre le Celtic, sinon Vilanova devra à nouveau confectionner une défense de bric et de broc.

 

Grand match, grosses pertes. Pendant que vous refléchissez pour déterminer si l’on a plus gagné ou perdu ce mardi, on passe à la traditionnelle notation.

 

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Le Client

Monarchique au milieu, Busquets a régné sur le match jusqu’à ce que l’arbitre, sentant qu’il lui faisait de l’ombre, le rende victime de sa crise d’autorité.

Nominés dans la catégorie : Buteur et très remuant, Alexis a enfin osé et pondu un match de haut niveau, même s’il a encore croqué. Un pion aussi pour Fabregas, par ailleurs inspiré et volontaire au pressing. Malgré quelques spasmes de surjeu, Messi a débloqué la situation sur 2 passes à forte puissance d’exposition lumineuse. Alba, avec ses 12 poumons, était partout, devant pour dédouber et derrière pour des retours explosifs sur l’homme. Enfin, le match n’aurait pas été le même sans l’entame rassurante de Valdés, qui a sauvé la maison.

Oui. Ca fait beaucoup de clients.

 

Le Bialès

Moins en vue qu’à son habitude, Xavi a joué sa partition sobrement, sans trop se projeter vers l’avant.

Nominés dans la catégorie : Mascherano a fait son match mais s’est fendu de quelques relances discutables. Pedro, sans être hors-sujet, a pâli de la comparaison avec Faudel.

 

Le Casper

Pas dans la forme de sa vie, Dani Alvès s’est encore montré en manque d’affûtage. Surtout quand on compare avec Alba de l’autre côté.

 

Le Cagolin

Vu la très épaisse prestation collective, personne ne mérite vraiment la peluche. Du coup, en hérite celui qui va passer 2 mois à l’infirmerie. Ca fera un peu de compagnie à Puyol.

 

Sur ce, on se retrouve dès demain et toute la semaine pour faire monter la sauce pour le petit match amical de dimanche contre nos supers potes de la capitale.

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