Duel à buts portants

Il est singulièrement rare que l'on s'exclame, devant As.com un soir de Clásico : « Tiens, ils n’ont pas tort ». Il faut l’avouer, une une objective du quotidien madrilène, qui affichait « Dos Balones de Oro » (« Deux Ballons d’Or »), court autant les rues qu'un 29 février. Marca faisait presque de même en titrant ce matin « De otro planeta » (« D’une autre planète »). Il est vrai que, à la vue du tableau d’affichage, il est difficile de ne pas réduire ce derby espagnol en confrontation Messi-CR7.

Au sein d’un Crazy Sunday qui a passionné l’Europe du football, les deux buteurs ont tout fait pour  qu’on passe sous silence les autres affiches de la soirée. Au final, pas de 11 points annoncés, ni de 88 victoires en Clasico pour le Barça.

Au cœur des questions de comptoir et des éditos de presse toute la semaine, la défense choisie par Tito a surpris son monde. Alors qu’on attendait Song, titulaire en l’absence des PP flingués, Vilanova a brouillé les pistes avec sa composition d’équipe. En regardant les onze joueurs alignés, on avait l’impression d’être devant un puzzle de 5000 pièces étalé sur le lino de la chambre d’amis. Pour s’aider à déchiffrer, on a récupéré les pièces à géométrie singulière. On a reconnu la pièce Valdès sans problème, comme celle de Messi et Pedro. Les morceaux Xavi et Busi devaient s’imbriquer quelque part au milieu et celle de Masche pas loin de VV. Pour le reste, on se retrouvait avec trois latéraux, Alves, Adriano et Alba et deux milieux possiblement attaquants, Cesc et Iniesta. Sur le papier, on nous positionnait Adriano en central et Dani et Jordi à leur place. Cesc était positionné au milieu et Iniesta devant. Sur le pré, les pièces du puzzle ont pas mal bougé au gré des phases du match.

 

De l’autre côté, « The only one » avait aligné du classique. Marcelo, Pepe, Ramos et Arbeloa devant San Iker. Xabi Alonso prenait place à côté des teutons Khedira et Özil. Devant, Di Maria partageait l’affiche avec les hommes à la coiffure hétéroclite. Benz avait opté pour l’iroquois revisité par son coiffeur du bled. CR7 rendait hommage à son idole Rémy Cabella en arborant un petit contour d’oreille marqué à la tondeuse.

 

Les joueurs encore dans le couloir, les spectateurs offrent déjà les gros titres de la presse espagnole du lendemain. Dans un contexte social humant de plus en plus fort l’indépendantisme, le déploiement d’une senyera géante n’est pas passée inaperçue. Un signe de plus que le Barça est « més que un club » même si Rosell tente d’adoucir le trait gravé par son prédécesseur.

 

L’ambiance chaude du Nou accompagne un début de match enjoué mais sans grosse occasion, alors qu’on tente de comprendre le schéma tactique proposé par Tito. Les premières minutes ne sont pas pour rassurer l'aficion sur l'assise locale. Ramos vient inquiéter Valdès après s’être défait du marquage d’un Adriano dépassé. L’ouverture du score guette. Servi par Khedira, Rim-K décale CR7 sur la gauche. Pas vraiment gêné par Alves, le gominé ajuste VV d’un tir au premier poteau. Sans pouvoir lui imputer totalement le but, on peut quand même reprocher au portier catalan d’encaisser un grain sur une frappe au premier poteau, alors que langle était fermé à simple tour. Un but qui nous rappelle étrangement celui planté par Van Perso début 2011 ou celui de Trochowski à Séville, voire celui inscrit par CR l’an dernier face à Pinto.

 

La défense est aux abois. La caravane passe.  Et la cabane n’est pas loin de tomber sur le chien peu après l’ouverture du score. Après une superbe action du Real, Benz glisse et manque de trouver la lucarne. Un gros « Uf » de soulagement envahit les travées du Nou. Pour ajouter au début de match chaotique de la défense, Alves ne trouve pas mieux à faire que se tenir le biceps fémoral en grimaçant. On pense alors que Tito va opter pour faire glisser Adriano à droite pour laisser la place à un central. Il préfère persister avec l’option Montoya. Histoire de prouver à Song et à Bartra qu’ils pourront attendre une épidémie de choléra avant de trouver du temps de jeu en charnière.

 

Discret jusque là devant les buts de Casillas, le Barça va égaliser à la demi-heure de jeu. Pepe passe au travers, emporté par la tentation de comparer ses kilos à ceux de Xavi. Il est victime de la filouterie de X6, qui a fui le contact au dernier moment, et ne parvient pas à dégager le cuir. Laisser un ballon trainer dans les six mètres, c’est aussi dangereux que laisser sa sœur dans la chambre mitoyenne à celle de DSK. Messi ne se fait pas prier pour catapulter le ballon aux fonds des filets.

 

Au terme d’une première mi-temps haletante, les deux équipes se laissent sur un score de parité. Un score pas vraiment flatteur pour le Real qui aurait pu faire le break avant de se faire rejoindre au score.

La pause n’éteint pas les velléités offensives. Messi enclenche un raid monumental après avoir changé Arbeloa en pierre sur une feinte de corps que même Kate Uptown lui envie. Les actions se succèdent des deux côtés et l’arbitre monsieur Delgado Ferreiro se montre laxiste / clairvoyant (rayez la mention inutile, suivant votre opinion sur ces deux actions plus que tangentes). Les fautes de Mascherano sur Özil et de Pepe sur Iniesta peuvent se laisser siffler, mais le silence du sifflet n'est pas scandaleux, d'autant plus qu'il est équitable pour les deux camps . On peut aussi discuter sa clémence vis-à-vis de Xabi Alonso. Déjà averti en première période, le Basque tacle par derrière Messi aux vingt-cinq mètres et frôle de près la sortie de piste, à l’instar de son homonyme au cheval cabré, plus tôt dans la journée au pied du Mont Fuji. La Pulga décide alors de se substituer à l'autorité du référé, en infligeant lui-même la punition. Il exécute le Madrid d'un scud avec finitions de dentelle, dans le coin haut de la tringle à rideau. Ce qui constitue son 17ème but en Clasico, à une seule longueur de Di Stefano.

 

Le bonheur culé est intense, mais bref (ce qui doit rappeler des choses à mon ex). Le teuton aux yeux hypertrophiés sert Ronaldo dans le dos d’Adriano. CR7 répond du tac-o-tac à son rival pour l’obtention de la gonfle dorée par un plat du pied. Comme son supérieur hiérarchique de la Rouge un peu avant, VV va chercher le ballon aux fonds des filets pour la seconde fois, sans avoir sauver sa cage à une seule reprise. L'occasion pour Vivelle Dop, qui a au passage oublié qu'il était censé souffrir de l'épaule, de nous gratifier de sa désormais légendaire célébration toute en retenue et en classe, avec un taux d'humilité saharienne. En s'auto-pointant du doigt pour souligner que c'est bien lui qui a scoré, des fois qu'on ne s'en soit pas rendu compte, on pourrait presque croire qu'il nous prend tous pour des cons...

Le humble et le melon
Le humble et le melon

Le premier arrêt de portier intervient sur une frappe d’Higuain que Valdès repousse du pied. De son côté, Casillas n’est pas inquiété outre mesure malgré les attaques répétées des blaugrana. Jusqu’à la 89ème. Un magnifique mouvement collectif abouti par une remise en retrait de Pedro pour Montoya. Le jeune latéral droit expédie un missile à tête quasi-chercheuse sur la transversale du portier madrilène. Le Barça peut enrager et regretter aussi la dernière action de Pedro qui décroise trop sa frappe du gauche.

 

On passe à la notation.

Le Client :

Auteur d’un doublé, Messi ressort dos-à-dos dans son duel avec la tête-à-claque majuscule.

Nominés : Busquets, omniprésent dans l’entrejeu malgré un déchet inaugural, Alba et Pedro atteints d'hyperactivité. Leurs parents sont activement incités à aller consulter. A noter l’excellente rentrée de Faudel, en mode dribbles de rue, qui a dynamité la défense merengue.

 

Le Bialès :

Xavi,qui a mis trop de temps avant de prendre le jeu à son compte

Nominés : Iniesta, incisif uniquement dans la dernière demi-heure. Masche, symbole d’une défense en souffrance. Montoya, en difficulté contre CR et qui aurait pu avoir le bon gout de frapper 10 cm plus bas.

 

Le Casper :

Valdès : un arrêt sur Higuain et deux buts encaissés, dont une implication douteuse sur le premier.

Nominé : Cesc,  auteur d'abondantes passes inabouties, victime de ses téméraires prises de risque dans des zones de vérité.

 

Le Cagolin :

Dani Alvès, qui n’a participé qu’aux trente minutes les plus difficiles de son équipe et s'est montré trop affectueux avec Cristiana sur l'ouverture du score.

Adriano, pas à sa place, aurait pu récupérer la peluche pour son alignement coupable sur le second, mais sa copie à ce poste nouveau n'en méritait pas tant.

 

Pas de Liga le week-end prochain, pour une fois, Xavi et consorts seront dans le camp d'en face lors du prochain match télévisé, face aux ogres Clément Chantôme et Etienne Capoue. Le FCB remettra donc le couvert le 20 octobre, au Riazor contre le SuperDepor.

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