Irréductibles écossais

Des années avant l’arrivée sur terre du Barbu clouté mort à 33 ans, à une époque où de supposés irréductibles moustachus, et néanmoins gaulois, résistaient à César, les Ecossais eux aussi s’effarouchaient face à l’envahisseur, barricadés derrière le Mur d’Hadrien. Un passé glorieux, quoique sanguinaire (mais pourquoi sont-ils aussi méchants ? Parce queeeee !!!!!!!), avec lequel ils ont renoué hier au Nou, magnifiques d’abnégation, dans un refus tenace de rendre les armes.

Centre de toutes les attentions ces dernières semaines, même si on sait qu’il est très mal élevé de montrer du doigt, la défense blaugrana était encore attendue au tournant, d’autant plus face au Celtic en l’absence du gouvernail au milieu, Busquets étant suspendu, et par voie de conséquence, en tribune.

 

Les solutions ne sont évidemment pas légion, Tito devait donc s’appuyer sur deux hommes qui allaient jouer très gros pour la suite de leur saison. Simple fantassin dans la hiérarchie défensive, Bartra devait commencer à penser qu’il ne jouerait qu’en cas d’épidémie d’H1N1 parmi les centurions du secteur. C’en était presque à se demander si Tito n’était pas prêt à aligner sa belle mère plutôt que le canterano. Un cran plus haut, à la vigie, Alex Song, le grand ami de Samuel Eto’o, allait pouvoir montrer ce qu’il avait dans le calcif à son poste de prédilection.

 

Pour le reste, la charnière Masche-Bartra étant expérimentale, Vilanova l’encadre par de l’expérimenté, Adriano est préféré à Montoya, Alba est préféré à personne puisque a/ il était seul à pouvoir jouer à ce poste, b/ il est actuellement monumental. Au milieu, Xaviniesta épaule(nt) Song, Tito se passe donc de la grande forme de FabFab, alors que devant, à la surprise générale Messi est aligné en faux 9, Pedro à sa gauche, Faudel à sa droite, le monde à ses pieds.

De la prépondérance de l’efficacité dans le football… ceux qui ont trois ans de leur vie à perdre pourront en faire un sujet de thèse, et pourront renvoyer dos à dos les deux dernières rencontres catalanes.

 

Un jeu enlevé, trois grosses occasions de but en 20 minutes de jeu. Au Riazor samedi, ça faisait déjà 3-0. Face au Celtic, le score était toujours vierge après le premier double déciminute, et les ennuis ont commencé. Plus généralement, sur cette paire de matches, le Barça s’est crée une bonne huitaine d’occases. Evidemment, un rendement de 5/8 aide plus facilement à ramener des points qu’un ratio de 1/8 à l’attaque des arrêts de jeu.

 

Contrairement à mon ex, la première période est loin d’être vilaine. Certaines séquences puent carrément le futebol, et on retrouve Don Andrès, très à l’aise dans ses caligae et en verve côté inspiration, à l’origine de tous les bons coups, offrant un but à Alexis et deux à Bartra. Qui, vous l’aurez compris, n’ont pas jugé utile d’ouvrir le score. Messi non plus, dont les deux coup-francs auraient été parfaits si la barre transversale culminait à 2m70.

 

Evidemment, de l’autre côté, le Celtic a eu besoin d’un seul coup franc excentré, impeccablement choyé jusqu’à la tête de Samarras, pour trouver le chemin des filets de Valdés, moyennant une correspondance sur le dos de Mascherano. On saura gré au buteur grec de nous avoir épargné un sirtaki en kilt comme célébration d’un but dont on ne sait pas vraiment s’il lui a été officiellement attribué. Masch préfèrerait, sinon son compteur but culé gonflerait à trois unités… toutes en propia puerta.

 

Le Celtic est devant, c’est la fête dans les Highlands, et c’est la guerre sur la pelouse, dans un match qui reprend à peu près tous les clichés sur le football britannique à l’ancienne. Un coach rouquin, dont le survet moletonné met particulièrement en exergue ses formes girondes glânées en 20 ans de soirées à la Pale Ale. Une présence athlétique incroyable, une âpre sauvagerie dans les duels, du fighting spirit comme s’il en pleuvait (et comme il en pleut 300 jours par ans sur les contreforts brumeux des lacs de Kilmarnock). Du jeu long pour la tête de leur avant-centre de taille quasi-himalayenne, qui, à la sortie de celui-ci, ont évolués vers des ballons de contre dans les pieds des deux roquets de devant.

 

Le Trèfle a sorti un match incroyablement dense, sur la base d’un rideau défensif épais comme le palmarès de Gordon Strachan, et d’un gardien miraculeux. Sans être dangereux autrement que de la tête sur un corner (tiens, c’est étonnant…), ils ont fait planer le doute à chaque perte de balle blaugrana, et réussi à faire déjouer Xavi et sa bande.

 

On avait laissé Iniesta en père Noël distribuant les cadeaux devant le but. Voyant sa générosité mal payée en retour, il décide de prendre lui-même les choses en main avant le retour aux vestiaires, au terme d’un mouvement d’école avec ses deux comparses de la Sainte-Trinité. En seconde période, si son déchet a augmenté en corrélation avec ses prises de risques pour forcer le verrou, il illumine le Nou d’une louche pour la Puce, qui trouve Forster sur sa route, comme quelques minutes plus tôt au bout d’une combinaison Faudel-Pedro.

 

La bande à Vilanova tourne autour du pot, et marche sur des œufs défensivement, Bartra et Mascherano se retrouvent souvent à un pour un, abandonnées à eux même. Ce qui fera peut-être l‘objet d’un débat sur le rôle d’Alex Song concernant la protection et la couverture de sa charnière… La chance semble avoir choisi son camp quand Villa voit sa frappe s’écraser sur le poteau celte. Au bout de la nuit, sur un dernier centre d’Adriano qui n’avait besoin de personne pour aller au fond, Jordi Alba s’attribue le pion de la victoire, et enlève une fière chandelle des pieds catalans.

 

Un match poussif, un manque d’efficacité toujours problématique, mais 3 points qui placent le Barça dans un fauteuil pour aller chercher la qualif’ sur les terres de William Wallace dans 15 jours. On ne va pas faire les difficiles…

 

Place comme de coutume à la notation blogranaise.

 

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Le Client

Difficile de départager les deux buteurs du soir. Si le jeu a clairement penché à gauche, c’est essentiellement grâce au match infernal de Jordi, qui libère tout son monde à 15 secondes du terme. Son incongru autogol de samedi est déjà loin. Iniesta a lui offert 5 PPD (passes potentiellement décisives), dont personne n’a souhaité profiter. Il s’est donc justicié tout seul à la 45ème.

Nominé dans la catégorie : Xavi, rien que pour l’amour du chiffre. 198 ballons touchés (plus de 2 par minutes) à 97% de réussite. Bartra, pour sa première sous les projos, s’est en sorti très proprement, avec un notable apport offensif.

 

Le Bialès

Appliqué mais pas impérial dans les duels, Song s’en est sorti de façon correcte. Mais il en faudra plus pour envoyer Busi sur le banc.

Nominés : Complice d’Alba dans leur occupation incendiraire du flanc gauche, Faudel a pesé mais surtout gâché la balle de 1-0 à la 4ème minute. Côté droit de la défense, Adriano a souffert de la comparaison, mais est sauvé par son centre victorieux sur la fin. Messi, lui, s’est rappelé aux matches face à Chelsea, quelques occasions ratées, un dézonage permanent autour des 30 mètres, des dribbles contrés, un match comme il les hait.

 

Le Casper

Peu en vue, Pedro aurait certainement préféré jouer du côté de Jordi. RAS mis à part un centre parfait pour Messi.

 

Le Cagolin

Il est difficile de les accabler, alors Victor Valdés et Mascherano font peluche commune. Encore aucun arrêt pour VV, spectateur impuissant sur les deux coups de pieds arrêtés Ecossais. Quant au petit chef, malheureux sur le but, on l’a connu plus impérial que ces derniers temps.

 

On se retrouve ce weekend, pour un déplacement chez les rayés de Vallecas.

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Commentaires: 1
  • #1

    Maestro (vendredi, 26 octobre 2012 13:47)

    Quelle bravoure chez ces écossais,incroyable. Sinon coté Barça, toujours ce problème des cpa défensifs et de cette dépendance à Léo qui était dans un jour de moins bien. Mais bon, pour l'instant ca tient.

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