Le week-end de la gifle

Les aficionados de châtiments corporels, ceux qui se plaisent à organiser des soirées punition à domicile, auront certainement été comblés par ce weekend de Liga. Le Rayo Vallecano a encore les joues rouges de la claque que le Barça est venu lui administrer, tout comme Majorque, rossé devant ses enfants par le Real Madrid le lendemain.

Nouvel épisode samedi de la dernière série à succès, Trouvons Une Défense au FCB. Dans la saison et les épisodes précédents, Abidal était gravement malade, personne n’avait été recruté à l’été, Piqué tardait à revenir de sa blessure plantaire, Puyol était le seul homme sur Terre à pouvoir se lécher le coude. Derniers rebondissement, Masch se trouvait suspendu pour le périple glamour de Vallecas, qui succédait chronologiquement aux débuts réussis de Bartra dans cette charnière qui se refusait à lui.

Considérant certainement qu’un bon match dans la semaine est amplement suffisant, Vilanova décidait de se passer de son canterano, pour poursuivre ses expérimentations défenso-axiales. Dans une rassurante instabilité, les flancs étaient confiés à Alba et Montoya, la centrale à la paire Busquets-Adriano, avec Song juste devant eux sur les remparts. Pour ceux qui pensaient qu’on avait déjà tout vu… Exceptionnel à La Corogne et au frigo trois jours plus tard, Cesc retrouvait une place dans le onze, au milieu avec Xavi. Devant, la titularisation de Villa est assez rare pour être soulignée, Messi et Pedro sont évidemment de la virée banlieusarde.

Si la soirée allait s’avérer orientée vers les punitions physiques, le Rayo n’avait pas forcément annoncé la couleur avec envoi de cartons d’invitation, et à ce petit jeu-là, ce sont les Catalans qui, dans le premier quart d’heure, subissent une série de petits coups de cravache. Sans véritablement concéder d’occasions, l’arrière-garde est sérieusement chahutée. Les Blaugrana se trouvent plutôt du côté inquiétant de la force, sans véritable occasion jusqu’à ce que ce ballon échoit dans les pieds inspirés de Cesc « my Pumas » Fabregas. Passe diagonale dans le backdoor, plat du pied acéré de Villa sans contrôle. Ficelle. Limpide.

Pourtant volontaire et incisif depuis le début, l’élève madrilène joint les cinq doigts, le maître barcelonais assène un grand coup de règle en métal. Ça pique, et ça rappelle la belle époque de l’Education Française, la blouse grise, l’encrier dans la table, et les grands coups de brosse dans le nez pour qui ne connaît pas bien sa table de 7.

Le Barça passe donc devant avec un mérite qui peut prêter à discussion. La circulation souffre du pressing rayé, le triangle défensif affiche, tout au long du match, une qualité de relance proche de l’époque britannique de Gaël Givet. Ce qui laisse rêveur.

 

Il ne se passe rien de notable jusqu’à la mi-temps, mis à part peut-être un un-contre-un Fabréguien classé sans suite. On ne tiendra pas vraiment rigueur à ceux d’entre vous qui ont louché sur Danse Avec les Stars pendant ce premier acte. Toujours installé dans l’agressivité appropriée, le Rayo, insatisfait de la sanction de la première mi-temps, va immédiatement tendre l’autre joue. Pour y voir la trace des orteils de Messi. Sur la première attaque culé post boisson énergetique, Pedro décale Montoya, qui conclut son enthousiaste montée d’un évident centre en retrait, dans l’arc devant Dieu. Une action qui ne pouvait se terminer que dans la lucarne. 2-0 à la 48ème, le cadeau semble déjà dans le paquet. Les Vallecans gardent pourtant leur ligne directrice, basée sur le harcèlement du cahoteux jeu de passe catalan. La température monte une paire de fois dans la surface de Valdés, le portier au cheveu ras devant se coucher sur une frappe de Javi Fuego, le joueur préféré des amateurs de version coupé sport de Renault 18.

Le milieu barcelonais impose progressivement sa patte, Xavi réduit son déchet, Cesc reste dans le ton juste, Song poursuit dans la promiscuité hasardeuse du hors sujet. Les Tito Boys finissent par mettre sur pied leurs combinaisons. La plupart d’entre elles sont anéanties par Alexis, entré pour Villa à l’heure, qui a visiblement eu du mal à appréhender la notion de ligne du hors-jeu. Fatalement, une inéluctable odeur de fessée couve dans le noir ciel madrilène, trois nouveaux coups de martinet viendront blâmer les hommes de Paco Jemez, dont le dos ainsi lacéré a au moins le mérite de s’assortir à la bande qui cingle leur maillot.

Certainement jaloux de l’assistance de Montoya sur le second, Jordi Alba dédouble Faudel et renchérit dans l’évidence du centre en retrait. Xavi a la bonne idée de passer par là, en bout de tacle, offrant son plat du pied en réponse à la course du cuir pour l’envoyer par le fond des filets, là-bas, près de la tribune qui n‘existe pas. A chaque accélération suffit sa peine pour les locaux, FabFab enfonce le clou à dix minutes du gong, d’un subtil plat du pied au bout d’un centre de Pedro. Sur le coup, le corps arbitral se fait indulgent en omettant de signaler la position (encore) illicite d’Alexis, élu Pippo Inzaghi de la soirée. L’addition est déjà bien salée, tout le monde en a assez, mais deux joueurs sont particulièrement férus de distinctions chiffrées. Le meilleur passeur de Liga et son Pichichi la régalent une dernière fois à la 89ème, histoire d’arrondir à la hausse leur bilan statistique personnel.

Fin de la correction pour le Rayo, qui pourra éventuellement se consoler le lendemain en voyant son voisin insulaire du ventre mou se faire infliger les cinq gros doigts de la manita Royale sur le faciès. Ce n’était pas un weekend à recevoir les gros…

 

Place désormais à la notation

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Le Client :

Toujours dans le bon tempo, Cesc débloque le match d’une cuillerée de caviar. A nouveau plus que convaincant dans cette position où on le disait incapable il y a encore un mois, il a bonifié le jeu, et gonflé ses chiffres avec encore un grain et une passe dans le bouquet final.

Nominés dans la catégorie : Efficace, décisif, David Villa a lui-même apporté de l’eau au moulin de sa canditature à la titularisation. Encore un doublé toute en aisance, Messi fait encore partie du bon wagon. Mention très bien à Montoya, sérieux derrière et passeur. Félicitations également à Busi, pour son rôle de central improvisé à la hâte, avec le succès qui le caractérise.

 

Le Bialès :

Du déchet dans la première heure sous le pressing prive Xavi de la première catégorie, il était quand même au four et au moulin vu que derrière lui Song était à la cave.

Nominés : Pas loin d’être Client pour sa première Clean sheet depuis 4 matches, VV n’a pourtant pas été indécemment mis à contribution. Alba a encore fait son match, malgré des débuts assez délicats. Idem pour Adriano en dépit d’une qualité de relance désertique. Grosse activité de Pedro, qui pâtit hormis son assist de ne pas être assez impliqué dans les bon coups.

 

Le Casper :

Une entrée directement en position de hors jeu, Alexis a disparu dans ses erreurs de parallaxe.

 

Le Cagolin :

Défectueux dans son rôle, tant dans l’impact duelleux que dans la clarté de ses passes, Alex Song poursuit douloureusement son adaptation au jeu culé. La douceur réconfortante de la peluche lui fera le plus grand bien.

 

Pour ceux que ça intéresse, il y a Lana Del Rey demain à Vitoria. Sinon, il est encore temps pour se préparer à la semaine Celte qui s’annonce dès le weekend prochain.

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