A fleur de Celtes

Un de chute. A force de trop bien souhaiter la bienvenue aux pourtant rares attaques adverses, le Barça a fini par concéder une défaite, la première concernant Liga et LDC, qui lui a plusieurs fois pendu au nez cette saison. L'inéluctable a donc eu pour théâtre un Celtic Park passionné, vibrant et humide.

 

Le FC Barcelone avait hier, à Celtic Park donc (un des Park du football à ne pas être Coréen), l'opportunité d'assurer son passage en huitièmes, avec un nul, et dans le fauteuil de leader avec une victoire.

Vilanova avait donc décidé de faire dans le classicisme. Valdés devant le kop vert, Bartra et Masch devant lui, flanqués des 2A, Alba et Alvès. Busquets à la purge, Song se trouvait devant la défense, et derrière Xaviniesta. Devant, c'est Faudel qui était choisi pour accompagner le frais papa et le canarien coiffé à l'ancienne. Tito a donc sciemment décidé de se passer de deux hommes en forme, Villa et Fab, et de ménager le revenant, GP3.

Si vous êtes un féru de la composition tactique des Highlands, sachez que le Celtic a choisi d'évoluer avec 2 lignes de 4 pitbulls dans ses 25 mètres, tous à la diète forcée depuis une semaine. Charge à la paire Miku-Samarras de se débrouiller devant.

On ne pourra pas dire que les Catalans aient été pris par surprise, puisque coach Lennon avait annoncé vouloir "tenir courageusement et essayer de faire la différence sur coups de pied arrêtés". C'est ce que l'on appelle être visionnaire. Côté Barça, c’est ce que l’on appelle être masochiste.

 

Le scenario n’a pas traîné à se mettre en place, et les 20 premières minutes auront suffi à comprendre que Xavi et ses ouailles allaient passer une soirée particulièrement pénible. La défense du Celtic se révèle aussi dense, visqueuse et indigeste qu’une pâte à tartiner goût noisette, sans la surtaxe de 300%, et les offensives blaugrana s’y embourbent goulûment. Le triangle défensif est inquiétant dans sa lecture des ballons longs, et Song fleurte déjà avec les cartons de couleur écarlate au bout du premier quart d’heure. Et comme par hasard, les Glaswegiens obtiennent un corner à la 20ème. Le rapport des gabarits n’étant pas franchement flatteur pour les Barcelonais, il aurait pu être judicieux de ravaler fierté et principes et de placer des hommes aux poteaux. Mais non, once again, le Barça a la brillante idée de concéder l’ouverture du score sur la première occasion adverse, et par la même occasion de se mettre dans une position incommodante. Comme si le foot, c’était trop facile et qu’il fallait se donner des handicaps pour le rendre encore distrayant.

Sinon, côté jeu, le ballon est monopolisé, entre 75 et 80% du temps, par les visiteurs, qui peinent à trouver des décalages alors que les locaux défendent à l’intérieur de leur surface. Les rares fois où une brèche s’ouvre, sur les côtés, les catalans refusent le centre car ils savent que personne n’est capable de reprendre un ballon de la tête dans la boîte. Une situation que l’on retrouve assez régulièrement. Pour information et à tout hasard, Fernando Llorente sera libre de signer gratuitement où bon lui semble en janvier. Un profil qui n’aurait pas fait de mal mercredi soir, offensivement mais aussi sur les coups de pieds arrêtés défensifs.

Dans ce charleston incessant, un pas en avant, deux en arrière, le match devient une caricature de tableau noir handballeux. Sur son canapé toulousain, Claude Onesta devient fou, lui a la clé, il hurle à Tito Vilanova de tenter la Yago inversée. Malgré la structure semi-cristalline de la défense celtique, le Barça réussira à se créer une bonne demi-douzaine d’occasions. Deux centres fuyants d’Alba ne trouvent pas preneurs dans les 6 mètres, Messi et Faudel trouvent les montants avant la pause, et les parades extravagantes de Forster après les citrons. Quand arrive la 80ème, le Celtic a donc fait 1/1 et le Barça 0/6. Pour gagner des matches contre des équipes aussi joueuses, alors qu’on sait que marquer un but sera aussi aisé que de retrouver Xavier Dupont de Ligonnès , les Barcelonais ne semblent pas avoir compris que faire le minimum syndical derrière était une idée qui se tenait quand même un tant soit peu. Pire, ils réussissent à prendre un second but sur un dégagement du gardien. Ce qui est criminel. Xavi se troue à l’endroit du rebond, Masch est lobé et pris de vitesse, Valdès battu dans son face-à-face. A 2-0, fondus dans les transcendants chœurs des terres brumeuses, les personnalités adeptes de la rayure verte et blanche sont en fusion. Rod Steward en verse une petite (une larme, pas une nouvelle conquête de moins de 22 ans). Gordon Strachan, ex entraîneur des lieux, qui prouve au passage par son jumelage de pigmentation capillaire avec Lennon que la rouquemoutie est un attribut dynastique à l’accession au banc celtique, se tape gentiment le ventre avec Jan Venegoor of Hesselink, le grand (hollan)dadais, celui qui n’avait de toute façon pas besoin d’être une terreur des surfaces pour se faire un nom, ses ancêtres s’en étant déjà chargé.

On approche de la fin du supplice, Cesc et Piqué sont venus se mêler à la triste bombance. Villa aussi, histoire de faire éclater un nouveau clash avec D10S, de quoi alimenter les unes des gazettes ibériques pour le reste de la semaine. Au terme d’une incroyable séquence à une touche de balle au cours de laquelle on était en droit de se demander si elle aboutirait à une frappe, Pedro sollicite Forster qui remet impeccablement de la paume pour Messi qui finit d’un plat du pied puissant. De quoi se sucer furtivement le pouce en clin d’œil à ce que vous savez. De toute façon, je sais pas vous mais je préfère largement quand c’est Rihanna qui se suce les doigts. Je dois être insensible à la paternité.

En dépit de la défaite, l’atmosphère est incroyable dans Celtic Park au coup de sifflet et justifiait à elle seule le déplacement. Il est certain que ce n’est pas la qualité de jeu de leurs favoris, tout en kick and rush et fighting spirit, qui a de quoi enthousiasmer les foules.

 

Notation de défaite

 

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Le Client

Dans son élément en plantant la tente dans les 30 mètres adverses, Dani Alvès a été un de ceux qui a le plus proposé de solutions.

Nominés dans la catégorie : Faudel, percutant mais en manque de réussite sur ses deux occases, et Alba, égal à son incroyable niveau, malgré qu’il soit battu de la tête sur corner par un type lancé à qui il rend 20 cm. Etait-ce écrit d’avance ?

 

Le Bialès

Omniprésent mais pas décisif, avec forcément du déchet dans le marécage défensif du Celtic, la Trinité n’a pas fait la différence. Xavi n’est pas loin du cagolin pour sa feinte sur le second but de Watt.

 

Le Casper

Réduit au chômage, Valdès est livré à lui-même par sa défense.

Nominé dans la catégorie : Pedro. RAS ou si peu

 

Le Cagolin

A la peine dans sa lecture des trajectoires de ballons qui venaient pourtant de loin (une hésitation quasi fatale devant Valdés), dans la relance et les duels, Bartra a connu un baptême gaillard au pays du scotch.

Nominés : Masch et Song ne l’ont pas vraiment aidé, avec les mêmes symptômes. Tellement mal à l’aise dans le match qu’ils sont tout fait pour filer à la douche avant la 90ème. Sans réussite.

 

Rendez-vous ce weekend pour le déplacement Baléar.

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