Quelques minutes suffisent

Le Barça de Vilanova a de la marge. Dans un match de sénateur sur la pelouse du 6ème de Liga, il lui aura suffit d’un quart d’heure d’accélération, quinze minutes d’Iniestazo pour faire exploser Levante en vol. Un match qui aura réjoui les férus de statistiques.

Samedi soir, les Laiteux, habillés pour l’occasion par l’Office National des Forêts, ont sombré sur la pelouse betica de Seville. De quoi attaquer le weekend avec le sourire, évidemment, mais également l’occasion pour les deux véritables rivaux pour le titre de voir la clique à José ostensiblement maigrir dans le rétroviseur. Etonnamment, les médias continuent de couver d’anonymat la Confrérie du Matelas, pourtant l’oreiller rembourré de victoires, et à portée de couette de la tête de lit de Liga. Le derby capital de la semaine prochaine permettra peut-être d’indexer les pendules médiatiques sur la réalité du leaderboard.

Dimanche à 21h, les Blaugrana avaient donc l’occasion de prendre une avance à deux chiffres sur les Livides honnis, mais surtout de creuser un écart avec l’Atletico qui venait de les rattraper en tête.

Sur la dynamique de la qualif à Moscou, première mi-temps partidazo et seconde soporificazo, Tito reconduit son onze de jugones, les blessures de Villa et Alexis lui simplifiant la question du choix entre Iniesta et Fabregas.

 

La rencontre part sur des bases loin d’être échevelées, les Levantins peinent à aligner 3 passes, soit sensiblement moins que les copines de Bernard de la Villardière dans son Enquête Exclusive raccoleuse à souhait de la seconde partie de soirée hier sur M6. Seul fait d’armes, Barkero éhonte Piqué et ses jambes écartées comme dans un clip de Madame. L’action finira au-dessus, mais Shakiro a semblé moins à l’aise que le matin-même au bureau de vote. Peut-être était-il en train de se demander si le résultat des élections catalanes allait lui aussi dépendre du comptage des voix de Wallis et Futuna.

 

Pas égayée par la poignée de pseudo-occasions que se créent les visiteurs, la première période va néanmoins créer l’évènement, par le truchement malheureux des faiblesses cuissues de Dani Alvés. Pep Guardiola en rêvait, l’aficion en salivait, et Vilanova, obligé par la sortie du latéral carioca, a lancé Montoya à bord du premier onze 100% canterano de l’histoire du club. Une certaine idée du bon goût. Le champagne va arriver un peu plus tard.

 

Si le premier acte nous a arraché des baillements prononcés, la reprise sera riche en gémissements de plaisir, comparables à ceux d’Axl Rose lorsqu’il toque aux portes du paradis. La sieste généralisée des premières 45 minutes a passablement turlupiné Don Andres, qui décide donc de prendre les choses en main et d’emmener la lumière dans tout le village. A la 46ème, seul face à la fôret bleue, il entrevoit une brèche et la clairière de réparation cachée derrière. Qui, à part lui, était capable de voir l’espace où il glisse son ouverture qui vient lécher les pointes alu longueur 18 du bedonnant Ballesteros ? Qui ? D10S, évidemment, le seul capable de sentir un tel coup, parfumé à l’essence de génie. D’un petit piqué au bout de son sprint, La Pulga enquille son 81ème de l’année 2012, avançant d’un pas de plus vers le record de Gerd Müller. Der Bomber qui sentira un peu plus dans son cou le souffle chaud du lutin argentin 300 secondes plus tard, lorsque Leo prolonge au fond du but de Munua un nouveau festival d’Iniesta sur l’aile gauche.

Dans un rôle convaincant de VRP de lui-même dans la course au Ballon d’Or, le Don certifie définitivement qu’il est né au XVIIIème , le siècle des Lumières, avec une puissante sache sous la barre et un exter de velours pour la clotûre de l’addition par FabFab. Une prestation majuscule pour le Manchego, pour clore en seigneur une semaine où il a affolé YouTube avec sa séance de domination SM sur la défense moscovite.

 

La marque affiche 0-4 à la 61ème, le suspense n’a pas résisté au quart d’heure d’accélération catalan. Le rythme du match va succomber lui aussi par la suite, avec un FCB en mode gestion. Sur une perte de balle de Jordi au milieu, Obafémi Martins, le demi-frère de Corentin, oblige le double V à une véloce horizontale. Valdés sera même la re-sta de la fin de match, en stoppant le penalty de Barkero, il est vrai frappé avec la puissance d’un grand-père en déambulateur. A l’origine de ce péno, Piqué et Puyol s’étaient lancés dans un concours d’improbabilités défensives. Piqué avait montré une inventivité inspirée avec son « je peux défendre à plat ventre », mais c’est Puyol qui rafle la mise avec son interprétation du « moi je défends sur les fesses, et je touche trois fois le ballon du bras ». Moyennant un Valdès décisif, ce concours de stupidités n’empêche pas le Barça d’accrocher une clean sheet à son tableau de chasse, ce qui n’a pas été légion cette saison.

 

Les Blaugrana n’ont joué que 15 minutes, mais ont quand même droit à la notation.

 

 

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Le Client

Magistral, lumineux, l’Homme qui tombe à pic a encore étalé sa classe sur la pelouse du Ciutat de Valencia. Si le foot mondial est un océan, aujourd’hui Iniesta marche sur l’eau élégamment à la surface.

Nominé dans la catégorie : Incapable de ne marquer qu’un but dans un match, Messi s’octroie un nouveau doublé, grâce à deux cadeaux du Don. Les êtres suprêmes sont faits pour s’entendre. Dans la foulée, Cesc a profité du feu sacré pour bonifier sa bonne perf par le grain du 4-0. Mention également pour VV, qui a gardé sa cage vierge et inviolée.

 

Le Biales

Hormis le trio impliqué sur les 4 buts, dans un quart d’heure de folie, le match s’est passé en père peinard. On renvoie donc Xavi, Busquets, Montoya et Alba dans le même sac.

 

Le Casper

Eclipsé par ses collègues, et un peu pataud sur ses 2 occasions, Pedro a marché dans l’ombre des géants.

 

Le Cagolin

Peluche de consolation pour Alvès, blessé tôt dans le match. Pourrait être le client car c’est lui qui par sa sortie a provoqué le onze all-canterano.

Nominés dans la catégorie : pas vraiment mise en danger, la paire Piqué-Puyol a pédalé dans le grotesque sur l’action du penalty.

 

Cœur de semaine tranquillou en perspective avec la réception d’Alavès en Copa. Avant un weekend décisif en championnat, le Barça tentera de battre le meilleur départ en Liga de l’histoire, et de profiter des débris du derby madrilène.

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