Demain, c'est loin

Un match dont on connaît l’issue. L’occasion de passer en revue la relève blaugrana. Ils sont l’avenir, le monde de demain. La victoire plus difficile qu’il n’y paraît face à Alaves prouve que quoi qu’il advienne, il ne leur appartient pas encore. Ne pensons pas (tout de suite) à demain, parce demain c’est loin…

La réception de l’autre Deportivo blanc à rayures bleues revêtait à peu près autant de suspens que les résultats de la table de 7. L’intérêt était plutôt pour l’aficion culé, pas convaincue ni emballée à l'idée de rester sur l'autre chaîne où s'étalait la réussite outrancière de Lyon dans l’Olimpico, de pouvoir jauger les jeunes dont on entend tout le temps parler mais qu’on ne voit jamais jouer. A moins d’avoir son accréditation à l’année au Mini Estadi. Pour présenter au contrôleur de la FEF le billet déjà composté, Vilanova avait donc décidé d’incorporer du lait frais.

Pas partout puisque Pinto se trouvait dans les bois (un lait qui commence sérieusement à cailler), Puyol et Masch juste devant lui. Avec Montoya à droite et Adriano à gauche, jusque-là tout va bien, on parle d’une défense sans 3 des titulaires, la moyenne depuis le début de saison. Le rajeunissement de la population commence au milieu, où Song est encadré par Jonathan Dos Santos (aka Johnny DS) et Sergi Roberto (aka Sergi Roberto). La surprise de la soirée consiste à la titularisation de Thiago en faux 9, plutôt que Villa qui se trouve à gauche, plutôt donc que Tello qui, par le principe des ailes communicantes, se retrouve sur la bande droite. Tito est donc attaché à aligner des milieux au poste d’avant-centre. Le ministre du contre-emploi. Préférant donc garder le beau monde en tribune. Notamment Messi, qui laisse en jachère pour la soirée sa chasse au Gerd. Une bonne nouvelle pour le Bombardier, encore titulaire du record, qui a donc pu savourer une petite canette pour fêter ça.

 

Le premier quart d’heure est séduisant, sous l’impulsion notamment de John Dos (qui n’est pas le personnage central du remake portugais d’une série TV sur un héros amnésique). Le ballon circule mais trop systématiquement dans la latéralité, sans s’aventurer à voltiger dans la surface adverse. Moins emmerdé par les offensives culés que par la bouille de Oui-Oui qu’il se trimballe, les joues bien roses comme un enfant de 14 ans qu’il paraît encore être, Sergio Herrera passe un début de soirée somme toute assez tranquille dans le but blanquiazul.

Pas tranchant devant, le Barça joue avec le feu derrière. L’arbitre ferme d’abord les yeux lorsque Song, pris à contre pied sur son tacle, ratisse le ballon du bras dans les 6 mètres, mais ne trouve aucun motif pour refuser le but de Viguera, sur un centre aussi fuyant que fourbe de Miki dans le dos de la défense, l’avant-centre de Vitoria, autrement plus malin que Montoya, fait étalage de son expertise dans l’art de la lecture des trajectoires, et conclut d’un astucieux plat du pied frontal. Pris au dépourvu sur l'ouverture du score, Montoya et Pinto ont l'occasion dans la foulée, sur un ballon en cloche d'une mièvrerie effarante, de démontrer une entente de tous les instants, une relation sur la même longueur d'ondes comme celles qui unit les leaders de l'UMP. Pour un résultat pas loin de confiner autant au grotesque.

Alaves prend les devants à la marque, et l’avantage psychologique sur un milieu barcelonais un peu frêle niveau expérience. Totalement dans la zone, malgré leur maillot au design raturé toujours du plus mauvais effet, c’est le moment groove session dans le jeu des Basques.  

 

Les jeunes pousses locales ne sont pas loin de passer en dessous de la ligne de flottaison, où pataugent déjà Villa, transparent, et Tello, apparemment en proie à des problèmes psychomoteurs. Tout ce petit monde sera ramené à la surface par les deux uniques Maitres Nageurs Sauveteurs en service à ce moment-là côté blaugrana. Un traditionnel une-deux en guise de main tendue, Adriano ramène de l'oxygène dans tous les poumons de l'équipe après un appui sur Thiago à l'entrée de la boîte.

 

Aidé par l'activité du latéral brasilou, le léger mieux catalan découle du repositionnement d'Alcantara un cran plus bas. S'il est indéniable que l'apport de Thiago est énorme lorsqu'il prend les clés du camion, on est encore en droit de s'agacer lorsqu'on le voit s'amuser à collectionner les dérapages et les tours de parking au volant du 38 tonnes. Nota : pour Noël, se faire offrir La Simplicité pour les Nuls.

 

Le poste laissé vacant par le troisième non-attaquant dans la hiérarchie, Villa ne fait quand même pas la fine bouche et se replace en position de véritable 9 axial. Et va la mettre à profit, alors que son match prenait le chemin du Mont Sinaï, avec la lourde croix de la désillusion clouée aux lombaires.

Pour son premier ballon vaguement exploitable de la partie, un coup-franc aux 18 mètres, el Guaje profite du placement jusqu'au-boutiste d’Herrera pour lober le mur sans puissance mais avec la précision des arachnophobes. Puisqu'il est ces derniers temps de bon ton de s'attarder sur les records chiffrés, les amateurs de comptes ronds auront acceuilli avec une délectation non feinte ce but numéro 300 dans la carrière de Barbichette. Un nombre qui n'est pas sans rappeler une certaine esthétique crypto-gay faite de corps indécemment musclés, luisants de crasse mêlée au sang de l'ennemi, sur fond d'héroïque tragédie armée.

Tout admirateur qu'il puisse être de Leonidas et de sa clique de Spartiates, Villa va rapidement délaisser la jupette, le pilon et le champ de bataille des Thermopyles pour embrayer sur son 301ème. Pas le plus compliqué, un plat du pied gauche dans le but rendu à demi vide par l'inspiration altruiste de Michel Tello. Coupable de cette offrande royale, le tatoué avait encore été victime de sa dislexie des pattes arrières sur un contrôle que l'on se contentera de qualifier d'heureux, à défaut de le taxer d'improbablement verni.

 

Dans son immense mansuétude pour les grands de ce monde, M. Velasco Carballo s'est octroyé le droit de refuser à Alavès un second pion qu'il aura bien du mal à défendre. Ajouté au péno non sifflé de début de match, ça fait de l'eau apportée au moulin des chevaliers qui partent en croisade contre le sifflet qui vole aux pauvres pour donner aux riches. Auteurs d'un match remarquable, les Basques auront, en sus des félicitations du conseil, la classe de ne même pas s'en offusquer, pour le peu de poids que cela aurait pris pour la qualification.

Le sésame officiellement validé, la fin de match n'a eu d'intérêt et d'yeux que pour l'entrée de Deulofeu. Une entrée showtime, du dribble et de la tentative de lob bien sentis à foison, après des premiers ballons gâchés par l'envie de surjouer. Peut-être la suite au prochain tour, où les Catalans pourront croiser le fer avec Cordoue, tombeur de la Real.

 

Demain, il y aura toujours de la notation (jusqu'à décision contraire de Vince Peillon).

 

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Le client

Totalement absent des débats, mais deux buts en autant d'occasions, le prototype du match d'avant-centre pour Villa. Gerd Müller a apprécié, et célébré ça d'une petite moussette.

Nominés dans la catégorie : Hyperactif et buteur du soulagement, Adriano a (encore) répondu présent. Tout comme Thiago, malgré un criant besoin d'épuration technique.

 

Le Bialès

Plutôt bon quand c'est facile, John Dos a eu tendance à disparaître dès que la mer se déforme.

Nominés dans la catégorie : beaucoup de présence et peu de pertes de balles pour Sergi Roberto, mais surtout très peu de prises de risque. A côté de ses pompes, Tello ne doit qu'à son assist, de bon ton, d'échapper au cagolin.

 

Le Casper

Le titre semblait promis à Villa avant sa verve butophile. Il revient donc à la paire Puyol-Masch, dans la section RAS.

 

Le Cagolin

Fébrillissime défensivement, une soirée à oublier pour Montoya, il est vrai pas aidé par le chicano dans les buts.

Nominé : Song, pas particulièrement convaincant en sentinelle.

 

Rendez-vous ce weekend pour une journée de Liga cruciale avec un retentissant derby madrilène, la porte de l'autoroute en cas de victoire culé face à L'Atletic.

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