La marche de l'Empereur

Laissé pour mort (pendu à un croc de boucher ?) il y a moins d’une semaine sur le bas-côté du Nou, Leo Messi a révélé un talent certain pour les résurrections foudroyantes, avec un nouveau doublé qui le conduit donc au décompte butif annuel que l’on sait. Deux buts qui ont permis au Barça de l’emporter mais qui ne l’ont pas empêché de souffrir.

Le FCB danse les Sevillanes comme personne. Le style est discutable, le déhanché un tantinet ric-rac, mais mathématiquement le bilan reste autrement plus glorieux que les numéros de claquettes ratés des Pâles dans la capitale andalouse. Pour rééditer la perf bimensuellement précédente de Sanchez Pizjuan, si possible de manière moins capillotractée, Tito avait reconduit son onze majeur pour le déplacement à Benito Villamarin. Dans le vent ces derniers temps, ce qui lui fait au moins un point commun avec Armel Le Cleac’h, Adriano est intrusif au coup d’envoi en tant que seul joueur non issu de la Masia, mais occupe tout de même le couloir droit. Pour le reste, la seule (demi) surprise réside en la titularisation de D10S à la fausse pointe de l’attaque. On croyait son genou nauséabond d’odeur faisandée, lui octroyant une pension d’invalidité et les entrées à tarif réduit au musée qui vont avec. Que nenni, Maître au Royaume des Manchots, l’Empereur est là, bien qu’il n’ait pas sorti le smoking pour célébrer le nouvel avènement de lui-même qu’il se dessinait.

Le premier quart d’heure est annonciateur de l’hostilité Betica à l’égard de l’envahisseur catalan, et la première occasion est andalouse, une tête de Salva Sevilla, l’homme qui avait un nom pour triompher aux élections locales. Haut pressés, les Blaugrana font l’éloge de la patience, mis à part Fabregas, contraint par de trop violentes envies de vacances immédiates à se tenir le biceps fémoral en grimaçant. On a connu plus original…

En transit vers les Seychelles, donc, Cesc laisse sa place sur le terrain à Alexis, et sa place au milieu à Iniesta. Le futur Ballon d’Or en profite pour glisser une passe anodine aux 20 mètres à l’autre futur Ballon d’Or (faites votre choix, tant que vous n’optez pas pour la troisième option gomina intégrale). La Pulga prend le contrôle de la sphère et décapsule la défense d’un coup de rein, pour finir le boulot dans le classicisme le plus total, frappe croisée du gauche, petit filet opposé. L’angle de frappe a un goût de reviens-y, et le Génie copie-colle 9 minutes plus tard, au terme d’un une-deux à tendance talonophile avec le Cerveau.

Seul au monde sur sa banquise inaccessible au reste de la race humaine, Leo s’adjuge le record dont on lui rebattait les oreilles depuis des semaines, et du même coup un léger retour au calme médiatique. Heureusement pour lui, Alain Delon n’était pas dans les parages et n’est donc pas venu lui coller dans le cou un suçon de 40 secondes pour le féliciter.

 

Deux accélérations pour autant de buts d’avance, le Barça est une Mustang lancée pied au plancher sur la Route 66, personne ne lui résiste. Mais les bolides connaissent parfois des couacs et peuvent manquer un rapport (ce qui par contre n’arrive jamais aux anciens présidents du FMI).

Trop faciles ou logiquement bousculés par un hardi Real Betis Balompié (chantre du jusqu’au-boutisme de la traduction), les Catalans reculent jusqu’à ce que sanction s’ensuive. Au prix d’un alignement empreint de fainéantise de Jordi, voire également d’un placement trop assist-friendly de Piqué, Ruben a le temps de boire un café et de demander l’addition avant de mystifier VV de près, et de ramener son équipe à portée de fusil. Certains se demandent si Pinto ne l’aurait pas sortie…  

 

Alors qu’il semblait inébranlable, le colosse culé commence alors à dévoiler ses pieds d’argile, qu’il affichera carrément en 16/9ème tout au long du second acte. Fait rarissime, le ballon brûle les pieds barcelonais, qui commencent à allonger le jeu, à base de grands coups de chausson en direction de loin devant… Iniesta et Faudel, précieux, arrivent néanmoins à générer de l’occase, mais c’est nettement la panique à bord. Piqué colmate les brèches, Mascherano est éminemment ravi d’avoir suppléé Puyol dans cette partie de plaisir, et Valdés s’en remet à ses montants pour l’aider à maintenir à flot le rafiot. Complice avec sa transversale sur un Ballon Volant Non Identifié de Salva, VV a fait appel à la baraka sur une tête de Molina et un Scud de Pozuelo. Certains appelleront ça une chance de cocu, d’autres le mojo de Pinto, autre grand habitué des bois salvateurs.

Généralement demandeurs de prolongation du plaisir, les supporters culés ont hâte d’entendre les trois coups de sifflet. Leur équipe aura pourtant l’opportunité de plier l’affaire à deux reprises. Joint aux 6 mètres dos au but, Messi voit le poteau lui refuser le triplé au terme d’une volée en pivot, Alba a bien suivi mais trouve le moyen de catapulter sur la barre le ballon qui traînait mollement à 70 cm de la cage vide. Jordi sera accompagné dans l’échec voisin du ridicule par Thiago, coupable d’expédier loin du cadre sa frappe après un dribble qui lui ouvrait le but.

Un ultime corner de la peur plus tard, l’arbitre libère le barcelonisme et entérine la 14ème victoire de la saison. Mais Séville est décidément aussi belle que difficile à prendre. Nous nous abstiendrons de toute vanne sur cette dernière phrase.

 

La crainte de la chute n’épargne pas du besoin de notation.

 

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Le Client

Auteur de son 10ème (!!!!!!!) doublé de la saison, Messi n’est même plus décisif, il est la décision (LeBron, tu peux pas lutter). Falcao a beau en mettre 5 à la suite, il reste à 7 longueurs au classement des buteurs. Leo Messi, tu n’es pas, de notre galaxie…

Nominés dans la catégorie : virevoltant d’inspiration, Iniesta nous a livré son chef d’œuvre bihebdomadaire (celui qui a 2 bosses). Ce mec-là pue le jeu à tous les étages. Excellente entrée de Faudel, percutant et qui a soulagé par sa propension à obtenir des coups-francs. Derrière, malgré un placement pas innocent sur le but Sevillan, Piqué a tenu la baraque et s’est même permis des montées audacieuses. Très réactif à la tombée de ses poteaux, Valdés n’a rien laissé traîner devant sa ligne de but.

 

Le Bialès

Au four et au moulin défensivement, Sergi Busquets n’en est-il pas moins directement responsable lorsque le Barça perd son légendaire monopole possessif au milieu ? Même question et même réponse pour Xavi.

Nominés dans la catégorie : moins à la fête que dernièrement, les latéraux ont fait leur match, sans plus. Alba, fautif sur le but encaissé, a préféré vendanger plutôt que se rattraper en marquant le 3ème. Entré dans la tourmente, Mascherano a subi les évènements. Dans la dignité qui l’honore et le caractérise.

 

Le Casper

Encore un match difficile pour Pedro, pas particulièrement saignant et croqueur d’une énorme occasion. A son crédit, un gros travail défensif comme toujours.

 

Le Cagolin

Cesc et Puyol se sont cachés à l’infirmerie pendant que les copains en chiaient sur la pelouse. Pas classe. Donc, peluche.

 

On se retrouve dans la semaine, déplacement copero à Cordoba, avant le Choc face à l’Atleti du Tigre dimanche soir.

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