Un dimanche de Roi

Passés le turron et les Rois Mages, le Barça devait remettre le bleugrana de chauffe pour démarrer l’année 2013 aussi bien qu’il a fini 2012. C'est-à-dire en étrillant ses adversaires sans aucune forme de procès. Dimanche, la victime expiatoire s’appelait l’Espanyol. Un derby catalan en guise de dessert, à la place de la frangipane et du mazapan, ça a de la gueule.

Trois jours après avoir défendu ensemble la Selecció contre le Nigéria au Lluís Companys, les frères catalans se retrouvaient pour un duel fratricide au Nou. Jordi Roura était présent sur le banc, mais avait laissé le costume d’entraineur à Tito, déjà remis de son opération et acclamé par les supporters lors de son entrée dans la cahute. Vilanova avait sorti ses 11 Reyes pour affronter les banlieusards. Le Double V gardant l’entrée de la crèche avec Dani, les PP tacleurs et Jordi. Les magiciens du milieu Xavi, Busi et Cesc se devaient de livrer des offrandes à Iniesta, Pedro et au messie. Une équipe sur laquelle on peut apposer sans problème le label d’équipe-type.

La fête pouvait donc commencer après le coup d’envoi. Très vite, un spectacle pyrotechnique de passes millimétrées illumine le Camp Nou. Des combinaisons en veux-tu en voilà qui asphyxient un Espanyol déjà agonisant. Les dix premières minutes sont un récital de football total mais ne voient pas d’occasions franches.

 

Trois suffiront pourtant pour voir le Barça mener 2-0 au quart d’heure de jeu. Deux buts quasi-identiques après un débordement côté gauche. C’est d’abord Iniesta qui joue le messager entre Messi et Xavi pour l’ouverture, et offre donc une première galette tout à fait de saison. Dans la foulée, Cesc fête son retour d’un festival le long de la ligne de but, assorti d’un centre en retrait imparable pour Messi. Imparfaitement cadré, le plat du pied de l’Argentin bénéficie de l’involontaire à-propos du genou de Pedro, et le ricochet termine sa molle course du bon côté du poteau.

 

La messe est dite. Surtout lorsque Sergio Garcia vendange une occasion offerte par la bienveillance de Busquets et Puyol, qui jugent opportun de se gêner sur un dégagement du gardien adverse. Les Blaugrana semblent à l’abri, et s’offrent une fin de mi-temps récréative. Ça tricote sur le côté gauche dans un mouchoir de poche, on n’est pas loin de jouer au toro, une discipline pourtant interdite en Catalogne depuis deux ans. Busi, en grand défenseur de la cause senyeriste, sort de ce petit jeu tout en verticalité. Une pique lancée vers Pedro qui conclut d’une pichenette sublime du gauche. Sans grande concurrence puisqu’on n’est que le 6 janvier, le Caviar est directement élu Passe Décisive de l’Année.

 

Pendant que le réalisateur s’attarde sur cette merveille d’anesthésie, Cesc se retrouve par terre en pleine surface de réparation. Monsieur Gil Manzano siffle un pénalty qu’on qualifiera de généreux, tant le contact entre Casilla et Fabregas semble léger, comme la caresse d’un vent de printemps dans le Carré Hermès d’une fille du XVIème . Messi laisse les suiveurs Madridistes s’emparer du dossier, et ne se fait pas prier pour ouvrir son compteur 2013.

 

Le derby est plié, après à peine une demi-heure au tableau d'affichage. Le FCB a profité d'une première mi-temps de haute volée et d'une adversité Jean-Michel apathique pour s'assurer une victoire dans le match de quartier le plus attendu du calendrier.

Evidemment, portée par un suspens insoutenable, la seconde période est une banalité. Les pericos se resserrent derrière et arrivent à enchaîner des actions à plus de trois passes lorsque leurs adversaires leur en octroient la possibilité. Au cœur de l’ennui, la perspective d’une manita est le seul intérêt un tant soit peu réjouissant qui se dessine. Par deux fois, Pedro croit tenir le 5ème et le droit de ramener à la piaule le ballon du match, mais l’assesseur de M. Manzano a le drapeau taquin. Il refuse donc une paire de fois le but au Canarien. Sur le premier, Cesc, passeur virtuellement décisif, ne semble pas loin d’être sur la même ligne que le dernier défenseur. Sur le second Pedro parait se trouver juste derrière (ou juste devant, suivant les erreurs de paralaxe ou le clan de supporters dans lequel vous vous trouvez) le ballon quand Dani Alves le lui remet. A chaque fois, donc, la décision est discutable, mais on ne pourra pas enlever à l’assistant le fait qu'accorder un triplé à Pedro, ça semble bien trop louche.

 

Le corps arbitral ne souhaite visiblement pas infliger une claque à 5 doigts à l'Espanyol. La barre de Casilla non plus. Elle collabore en repoussant le coup-franc de plus de 30 mètres de Messi. De l'autre côté, Valdés signale sa présence par un face-à-face victorieux remporté devant Juan Albin. VV peut remercier Piqué pour sa cagade, qui a permis au gardien de briller au moment où il va s’agir de renégocier son contrat.

 

Pendant ce temps, l'aficion culé préfère médire sur ses voisins de l'autre côté du périph. On entend des "Espanyol Segunda" dans les gradins, qui s’imaginent déjà un match voyant s’affrontant l'Espanyol au Barça B l’an prochain au MiniEstadi. Une leçon d’amitié entre les peuples. Et une belle façon de se souhaiter les vœux,pour une année que les hinchas espèrent aussi victorieuse que la première partie de saison.

 

On passe à la notation

 

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LE CLIENT

 

Dealer de bons ballons au milieu, premier buteur, Xavi repart avec le titre, juste parce que lundi soir, il n’a rien eu. Et ça, c’est triste.

Les nominés : Pedro a enfin marqué, et même un doublé. Vu qu’il  y a un but du genou dans les deux,  il est simplement nominé. On ne peut quand même pas balancer un type abonné Casper direct au rang de Client, non ? Incroyablement insiré dans la mène du jeu, et impliqué sur 3 des 4 buts, Messi mérite sa nomination, même si un seul but, c’est de la sous-performance…

 

LE BIALES

 

Retour convaincant pour Cesc, mais qui n’améliore pas ses stats d’assists. C’était pourtant presque ça, la faute à Pedro, son genou et ses hors-jeux. Même motif et même sanction pour Dani Alves. Divinement lumineux sur son ouverture pour son n°17, Busquets compense son approximation avec puyol qui aurait dû offrir un but aux Pericos.  

 

LE CASPER

 

Puisqu’il faut en trouver au moins un, on désigne Valdés, qui a pu tranquillement remplir 19 grilles de Sudoku avant d’être dérangé à la 80ème. Match plus discret qu’à l’habitude pour Alba.

 

LE CAGOLIN

 

Une fève pour l’un en première sur un dégagement de Casilla, une bévue pour l’autre sur une passe vers son gardien,  les PP flingueurs ont tout fait, en vain, pour faire marquer les voisins, et se partagent une maigre peluche.

 

On se retrouve en cette fin de semaine après le match de Lana.

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