Fortunes diverses

La concomittance des calendriers de Liga et de Copa faisant bien (ou mal, c’est selon) les choses, le Barça a eu droit à une double ration albiceleste de Malaga. Pour une maîtrise identique mais des résultats contrastés. Le point sur la semaine malagueña avant la belle de la semaine prochaine.

 

Acte I : La leçon de piano

 

Malaga. Son centre-ville qui fleure bon le ciment. Son économie qui empeste le narcotrafic. Son club qui flirte avec le dépôt de bilan… La famille Qatari a beau être un peu pince sur le versement des salaires, les têtes d’affiches ont certes bien le parfum vieilli des highlights légèrement has-been, ex-espoirs de la Champions League dans les années 2000 (Demichelis, Santa Cruz, Joaquin, Toulalan, Saviola…), Malaga n’en reste pas moins un véritable test pour l’équipe de Tito. Un dernier virage serré avant de tourner le dos à la phase aller. L’occasion d’accrocher la 18ème victoire d’un parcours dont la perverse perfection n’a d’égale que la chute de rein de Scarlett Johansson.

Déjà assurés du titre avarié de champion divers, les Blaugrana tenaient en la Rosaleda le théâtre le plus difficile à prendre de la première phase de Liga. Un terrain où il ne serait que partiellement étonnant de voir le Barça perdre des points. Un lieu qui n’a pourtant que modérément l’air d’inquiéter Vilanova, confiant dans le onze type qu’il a l’habitude de cuisiner dans les grandes occasions.

On retrouve donc la vieille rengaine, à commencer par VV dans les bois. Derrière, Alves et Mascherano sont préférés à Montoya et Puyol dans les postes qui laissent un doute au patron quand il couche les onze noms sur la feuille. Logiquement, Piqué et Alba complètent la ligne arrière. Loin des préoccupations de début de saison sur leur compatibilité, Busi, Xavi, Iniesta et Cesc sont alignés ensemble. Pedro et Messi complètent l’escouade offensive.

Dans les rangs Sudistes, le général Pellegrini n’a pas choisi d’envoyer au front le mercenaire Saviola, qui n’a donc pas le loisir d’aller tâter de ses anciennes couleurs. C’est donc Rocco Sainte-Croix qui mène les Ciel&Blanc dans leur volonté de pressing sur le milieu barcelonais.

 

La première mi-temps est de bon niveau mais se débride moins vite qu’une fille à plaisirs tarifés. Le Barça domine (pardonnez ce pléonasme), mais peine à se créer des situations nettes, Malaga subit globalement moins que la moyenne, mais aurait besoin d’un déambulateur pour pondre quelque chose d’un tant soit peu tangible dans les 30 derniers mètres.

Le jeu demande faute. Messi apporte l’addition. Alors que le décompte d’occasions commençait à crier famine, Camacho est pris d’un élan caritatif et choisit d’offrir aux nécessiteux. D10S, Sans Position Fixe maraudant sur le boulevard désert du front de l’attaque, saute sur le cadeau et s’en fait un festin. Excellent jusque là, Willy Caballero mord dans la feinte et laisse les catalans prendre l’avantage. On ne le sait pas encore, mais le match est déjà fini.

 

La deuxième mi-temps est un récital, une séance de domination bondage que les Andalous, à moins d’être férus de la chose masochiste, ont dû trouver assez peu à leur goût. Le milieu de terrain culé joue sa partition dans un mélange wagnérien de grâce et de maîtrise. De mémoire de téléspectateur, on n’avait jamais vu cinq ralentis consécutifs pour une série de passes dans le rond central. A 3 contre 3 dans 18 cm², la série de 12 passes entre Busi, Leo et Xavi sublime les arts premiers que sont la corrida et le flipper. La perfection est une outrance. Symphonie dans un mouchoir de poche.

Non content d’avoir littéralement éteint le feu follet Isco, Busquets rayonne. Des témoins marocains auraient juré l’avoir aperçu depuis Tarifa. Iniesta et Fabregas sont dans la même mouvance, et Cesc finit par bonifier une ouverture prophétique de Messi d’un enchaînement pour le moins pointu. Les vagues arrivent de toutes parts, même du banc, puisque c’est Thiago qui plante le troisième, suite à un appui sur la Pulga, d’une frappe du gauche que l’on aurait attendue plus fouettée. Alexis, lui aussi entré en jeu, persiste et signe dans son œuvre grandguignolesque de gabegie offensive. Comme 3 jours plus tôt, il finit de manière pathétique une action où il avait (presque) brillamment effacé Caballero. Dans le marasme andalou, Buenanotte a impulsé un mieux dès son entrée. Il se récompensera lui-même d’un coup franc direct aux 18 mètres.

 

Un match sensé être piège survolé avec une obscène maestria, un livre de compte qui compile 18 victoires et un nul, le Barça a anéanti la Liga pour de bon, sautant à pieds joints sur le suspense comme un garnement d’école élémentaire qui aurait pris pour cible le cartable de la petite Cynthia. L’issue du match arriverait presque à décourager les supporters catalans, leur équipe est une machine de guerre sans cœur ni sentiment. La Panzer division, et on ne parle pas de l’équivalent germano-teuton du CFA 2.

 

La Liga est morte, soit. Mais les notes sont là.

 

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Les Clients

 

Difficile de sortir des noms d’une telle production. La rédaction du blog a donc décidé, à l’unanimité des deux personnes qui la composent, d’attribuer un Client général à toute l’équipe.

Dans l’ordre des impressions dégagées, on signalera la prestation majuscule de Busquets et le niveau retrouvé d’Alves. Les Messi, Iniesta, Fabregas ou Piqué auront été fidèles à eux-mêmes. Jouissifs.

Par chance, le peu de temps passé par Faudel sur la pelouse ne lui a pas laissé le temps d’euthanasier plus d’une occase, et dans notre mansuétude légendaire nous l’affranchirons du Cagolin. Pas pour longtemps, place à l’Acte II.

 

Acte II : Le temps des Cadeaux

 

La compétition et les onze de départs changent mais l’emprise est la même. Le FCB dans sa tenue d’apparât copero, avec sa colonne Pinto-Montoya-Puyol-Mascherano-Adriano-Thiago-Song-Iniesta-Tello-Messi-Alexis. Oui. Ça commence à faire de la grosse colonne.

Tito a donc fait tourner, comme de coutume en Lana Del Rey, mais l’artificier de service est resté aux soins. Touché à la cuisse la semaine passée, Villa n’améliorera pas son ratio face à Malaga.

 

Faudel non plus. Dans une première mi-temps de haut vol technique, les Blaugrana sont les plus beaux sur la piste mais n’emballent toujours pas… Signe d’une soirée qui va se terminer couci-couci, en se la mettant derrière l’oreille.

Contrairement à dimanche, le crew de Tito désarticule assez aisément la défense andalouse et les occasions plussoient. Thiago est d’abord malheureux sur un lob qui méritait mieux que la fin tragique que Weligton a bien voulu lui octroyer. Mais soudain, c’est le drame.

Surfant sur la vague de confiance qui l’anime actuellement, et qui lui vaudrait certainement une carte de Membre d’Honneur du club des puceaux quadragénénaires du Val-de-Marne, Alexis va, par deux fois, signer la rédition de son club pour la soirée.

Certains consultants, élevés aux éternels poncifs de la beaufiste faconde sportivo-journalistique, auraient gloussé dans leur haleine suintant le mauvais demi qu’il « avait manqué l’immanquable ». Ce serait bien mal le connaître. Actuellement, tout, tout, tout est fini entre Faudel et les filets, absolument tout est manquable, comme il ne cesse de le prouver match après match, alors qu’à chaque itération, l’on ne voit que le ballon qui s’approchoie et la cage qui se vidoie.

Il y a donc eu ce double suicide dans les 6 mètres. Mais ce n’est pas tout. C’est bien Malaga, plongé pendant 30 minutes dans une agonie asphyxiée, qui va ouvrir le score, avec la bienveillance des maîtres de maison, dont la réputation d’hospitalité et de savoir-recevoir n’est plus à faire. Sur une action pour le moins anodine (Morano), Pinto étale sa clairvoyance et son à-propos dans une relance toute en témérité sur Thiago aux 20 mètres. Le Fouetté, dos au jeu et seul comme une bavette au milieu de 4 pitbulls au pressing, abandonne le ballon à Iturra, qui finit comme Youri, sécurité. La théorie des cagades communicantes, suite au cadeau de Camacho pour Messi dimanche dernier.

 

On n’est pas obligé d’apprécier le hold-up. Messi, lui, goûte assez peu la situation, enlève donc sa chemise pour laisser place à bon costume bleu avec cape rouge. Dès le coup d’envoi, il s’appuie sur Montoya devant le banc de Pellegrini (ça va faire un peu juste pour t’accorder l’assist, Martin), grille la politesse à la défense et sanctionne Weligton de s’être cru plus malin qu’une Puce. La suite est d’un classicisme répugnant de facilité. Un partout, balle au centre, mais tout va trop vite, pour la réalisation en tout cas.

Les ralentis de l’égalisation affluent encore et Puyol a déjà donné l’avantage aux locaux, d’une crème renversée cérébrale sur un corner parfaitement… fouetté par Alcantara. Si vous n’avez pas vu les images, imaginez 98 en 2013, Marseille en catalan, Zizou en moins chauve et Dugarry en plus frisé.

De façon inversement proportionnelle au match de Liga, le Barça va progressivement baisser de pied après les gorgées de Powerade. Malaga est plus à l’aise, obligeant Pinto à une paire de parades. Vilanova choisit la formule Tauliers en injectant tout à tour Cesc, Xavi et Pedro. Le canarien est d’emblée rappelé sur terre par une faute de Monreal, alors qu’il s’envolait vers le but de Kameni en solitaire. Malaga va donc finir à 10, mais parviendra à arracher le nul sur un coup franc indirect que Camacho pousse au fond. Au marquage avant de glisser et de choir sur son sus, Adriano assiste aux premières loges, depuis la fosse, à l’égalisation qui va lourdement compliquer la qualif’ blaugrana.

 

Jamais 2 sans 3, évidemment, alors on notationne avant le dénouement de jeudi prochain.

 

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Le Client

 

Rayonnement habituel pour Iniesta et Messi, qui poursuivent leur évolution dans les hautes sphères du jeu.

Nominés dans la catégorie : Song, qui arrive progressivement à trouver le filon. Malgré les 2 buts encaissés, la charnière a fait le métier, avec en prime un but de Puyi et des tacles imposants d’autorité du Jefecito.

 

Le Bialès

 

Excellent dans le jeu avant sa perte de balle entraînant le 0-1, Thiago a continué sa bonne perf par la suite. Un corner décisif en prime.

Nominés dans la catégorie : même constat pour Pinto, deux arrêts décisifs mais à la source du mal sur le premier but. On mettra Adriano la Glissade dans le même sac.

 

Le Casper

Pas grand-chose à signaler du côté de Montoya.

Nominé : Pas beaucoup plus pour Tello, malgré 2 ou 3 percées tranchantes.

 

Le Cagolin

Le Barça a un incroyable gâcheur. Quand on survole le match mais qu’il y a encore 0-0, on en rigole. Quand on repense après ce 2-2 aux 2 ballons à 5 mètres des buts qu’Alexis n’a pas su cadrer, on a le sourire un tantinet moins franc. Et on risque d’avoir la qualification dans le… enfin vous voyez où…

 

La suite des hostilités à Anoeta samedi soir, puis l’acte III jeudi prochain.

 

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