La malédiction d'Anoeta

19 matches et puis voilà. La magnifique série de 19 rencontres sans défaites, dont 18 victoires, a pris fin hier sur un pauvre extérieur du droit à la 91ème. Un but qui vient mettre fin au rêve d’écrire son nom à côté des Invincibles d’Arsenal ou de la Juve 2011-2012. Mais, à cause d’Agirretxe, ce doux songe n’est plus.

 

Tout semblait pourtant en place pour écraser la Real Sociedad, comme au match aller où les protégés de Philippe Montanier avaient encaissé un cinglant 5-1. Pour poursuivre dans le rythme du match liguesque contre Malaga, Tito avait remis son onze type, avec cette fois une défense centrale Piqué-Puyol.
Une stratégie payante puisque le Barça croit avoir tué le match à la demi-heure de jeu. Messi, d’un enroulé à l’entrée de la surface, puis Pedro, sur un jeu en triangle Xavi-Alves-lui-même, avaient agité par deux fois la quiétude des filets basques. A tel point que le raté incroyable de Leo à la 5ème minute étaient un lointain souvenir. Même les poteaux, heurtés par l’Argentin et le Canarien, ne suscitaient pas d'inquiétude outrecuidante, tellement la sérénité affichée récemment paraissait immuniser le Tito Crew.


On en arrive presque à penser que les Txuri-urdin avaient laissé passer leurs chances sur les frappes non cadrées de Xabi Prieto et de Griezmann. En forçant le trait, on oserait presque un parallèle entre la défense locale et les lumières d’Anoeta, marchant main dans la main pour s’éteindre à petit feu, menaçant jusqu'à l'issue du match.

 

Ce scenario idyllique avait forcément de quoi faire sourire, jaune, ceux qui ont la mémoire moins courte que le palmarès du FC Gueugnon. Plusieurs fois dans l'année écoulée, et notamment la saison dernière sur cette même pelouse, le Barça s'était rendu coupable d'un suicidaire abandaon de navire en Rade de San Sebastian, menant rapidement  2-0 avant de sombrer dans une inhabituelle facilité, synonyme alors de match nul au goût de hic amer.

Les démons donostiarras sont vite remontés à la surface. Les projecteurs du stade retrouvent leur vigueur comme supporters basques leur voix. Et pour cause, juste avant la mi-temps, Chorry Castro profite d’une intervention douteuse de Piqué et d’un alignement du même acabit (Haïfa) pour tromper le Double V.
Un but qui vient à point nommé pour semer le doute dans les têtes blaugranas. Ni l’arrêt de Claudio Bravo sur une superbe volée de Messi ni la pause ne viendront apaiser la peur. Bien au contraire.


Le Barça déjoue totalement dans un début de seconde période qui voit la possession de balle passer en faveur des locaux. Le signe qui ne trompe pas dans un match du Barça. A moins d’être atteint d’anosmie, on remarque aisément que ça pue le match galère.
Pour plonger la tête la première dans le synopsis catastrophe, monsieur Undiano Mallenco expulse Gérard Piqué, coupable d’une faute sur Vela. Sa première du match, qui lui vaut un second avertissement après avoir gêné l’exécution d’un coup-franc en première mi-temps. Une décision qu’on peut juger sévère à deux égards. Tout d’abord puisque c’est la première faute de Shakiro, mais aussi parce que le croche-patte sur Vela ne coupe pas une grande possibilité pour la Real. Pas suffisamment en tout cas pour expulser un joueur.
Mais voilà, l’arbitre a toujours raison et le Barça doit faire avec. Tito appelle Masche à la rescousse pour prendre la place vacante de Piqué. Mais voilà, à peine rentré en jeu après un très court échauffement, el Jefecito a le malheur de dévier la frappe de Castro dans les cages de VV. Le quatrième but de l’Argentin sous le maillot barcelonais, le quatrième dans ses propres filets. On aimerait bien qu'il trouve un autre moyen de témoigner son affection à son gardien...


Le schema, connu et redouté de l’an dernier, se répète et on est de suite prêt à signer pour en rester là. On en est à prier pour que les projos qui jouent aux warning s’éteignent tout d’un coup et reportent cette fin de calvaire à plus tard. A un futur où les Barcelonais arriveraient à se faire trois passes. A une date ultérieure où le ballon circulerait librement entre les pieds blaugranas.
Au lieu de cela, le Barça continuera à déjouer totalement jusqu’à cette fameuse 91ème minute symbole d’un match à oublier. Sur une longue balle, Puyi préfère dégager en touche plutôt que de remettre à Valdès comme à l’accoutumée. Sur la remise en jeu, Carlos Martinez provoque deux contres favorables pour se défaire d’Alba et de Busquets avant de centrer. Agirretxe, l’enfant du pays, reprend d’un extérieur du pied frêle qui vient pourtant prendre à contre-pied le portier culé.

 

La lumière de cette fin de partie nauséeuse attise évidemment les regrets, rapport aux occases de prendre trois buts d'avance avant les citrons. Un petit pion supplémentaire avant la mi-temps, et on n’en seraitcertainement pas aujourd'hui à conter la première défaite de l’année. Mais, si le match d’Anoeta de la saison passée avait été trainé comme un boulet, il y a peu de chance qu’on ait à déplorer cette rencontre en fin de saison. Si seulement le Barça reprend son train dès jeudi en Copa face à Malaga et dimanche contre Osasuna.


La défaite n'exclut pas la notation.

 

LE CLIENT
Malgré quelques pertes de balle inhabituelles, Iniesta a régalé dans le match, avec une passe décisive à la clé pour Messi.
Nominé : un nouveau récital de passe pour Xavi, notamment à l’origine du but de Pedro et du poteau de Messi. Messi et Pedro auraient pu obtenir le Graal s’ils avaient converti leurs occases qui ont touché le montant et/ou si leur potes de derrière n’avaient pas sombré.


LE BIALES
Très bon offensivement comme sur son service pour Pedro, Alves s’est un peu oublié sur l’ouverture du score.
Nominé : des récupérations de balles intéressantes et des pertes de balle inquiétante, Busi a été le symbole d’un Barça perdu au milieu de terrain.


LE CASPER
VV a vu passer trois ballons. Tout le monde se demande si ça a à voir avec le souhait de ne pas renouveler. On peut aussi penser que c’est malheureusement son niveau habituel.
Nominé : Fabregas n’a pas été beaucoup plus en vue.


LE CAGOLIN
Une intervention ratée sur le premier et un rouge, certes discutable, Shakiro a mis ses potes dans l’embarras. Surement que le terme de l’accouchement de madame est prévue pour dimanche...
Nominés : les collègues défensifs de Piqué, plutôt à la ramasse.

 

On se retrouve pour une reprise en main de gouvernail attendue à Malaga jeudi puis face à Osasuna dimanche.

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Commentaires: 2
  • #1

    Peio B. (mardi, 22 janvier 2013 13:45)

    Txuri urdin txuri urdin maitea!
    Le Barça a eu le bon goût (à la saveur de pintxos) de venir s'incliner sur le terrain de la Real, quel honneur.
    Bien que l'oeil de Sylve ne laisse transparaître que sa déception à propos de la prestation des blaugranas, je tiens, en toute relative neutralité, à saluer la très belle performance des basques.
    Avec tout le respect que j'ai pour le Barça et la nuque longue de Messi,
    Aupa donostiarrak!

  • #2

    Ju (mercredi, 23 janvier 2013 14:40)

    Dans les dernieres belle perf de la Real, j aurais préfére qu'ils perdent avec les honneurs contre le Barça et qu'ils tordent le Madrid.
    Ils ont eu la vile idée de faire le contraire...

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