Retour à la normale

Le Barça restait sur deux matches infructueux, qui laissaient craindre un début d’allergie aux rayures bleues et blanches. Le match retour de Lana Del Rey à la Rosaleda était donc l’occasion de remettre les pendules à l’heure d’hiver. Mission accomplie, avec classe et un soupçon de suspens pas superflu.

 

La Rrrrrrrosaleda (la prononciation vous est offerte par Alexandre Ruiz…) tenait lieu d’atelier pour héberger le troisième volet du tryptique de l’affrontement en clair-obscur entre Malaga et Barcelone. L’opus n°2 s’était dessiné sur un canevas différent, bâclé par des artistes Blaugrana en pleine période abstraite, et avait sensiblement viré à l’aquarelle blanquizul. La touche finale du tableau se sera révélée plus conforme à l’œuvre d’ouverture, fresque majeure portée par la maestria catalane.

Pour ce vernissage, les plus beaux pinceaux étaient de sortie, avec en point d’orgue évident le crin de pur-sang andalou de Pinto, devant une ligne Alba-Piqué-Masch-Alves empreinte d’un classicisme exubérant. Tout comme les lignes de milieu (Busi-Xavi-Cesc) et d’attaque (Iniesta-Messi-Pedro). En l’absence de Tito devant le chevalet, Jordi Roura assurait donc la direction artistique, qui commençait difficilement par sa mise, un survêtement ordinaire qui lui confère l’aura d’un coach bourru de 2ème division de district. Ou de Marcelo Bielsa, c’est selon…

 

Depuis deux ou trois jours, les rotatives de journaux spécialisés usaient leur encre baveuse en spéculations sur l’humidité patineuse de la pelouse malagueña et le festival offensif que l’on était en droit d’attendre. Les chroniques du lendemain ne pourront que confirmer ces pronostics inspirés quoique non-révolutionnaires, à commencer par la rubrique jardinerie, les glissades gazonifères manquant entre autres de coûter le grand abducteur à Sergi Busquets dès le premier quart d’heure.

L’aspect goleada annoncé de la soirée ne va pas tarder à se vérifier non plus. La rencontre est équilibrée, et le tableau de marque va la jouer caméléon. Les deux équipes marquent sur leur première occasion, Pedro de la tête suite à un débordement de Dani, puis Joaquin d’un enchaînement millimétré à l’entrée de la surface. Le mimétisme se prolonge jusque dans la polémique à la génèse des deux actions; les contestations affluent sur la position d’Alvès, en plein flirt avec la ligne de hors-jeu, et sur la main de Camacho à l’origine de la contre-attaque égalisatrice des Andalous.

La rédaction de Blograna, de peur d’être taxée d’un excès d’élan partisan, choisit d’exercer son droit de retrait sur la question, et n’en rajoutera pas sur la position « acceptable » d’Alves. Pas plus que sur la floppée de cartons, draconiens de rigidité, dirigés par M. Mateu Lahoz à l'encontre des Blaugrana. Il est quand même rare, en une mi-temps, que le nombre de cartons soit supérieur à celui des fautes commises…

 

La machine Barcelonaise, étincelante et implacable lors de sa dernière visite des lieux, s’était un peu grippée récemment. La première période n’a pas complètement dissipé les doutes, bien aidée par le pressing tout terrain de la meute de Pellegrini. On soulignera la volonté de jouer affichée des locaux, en dépit d’un engagement parfois limite.

Après la pause, ce n’est pas l’équipe hésitante mais la machine à l’inspiration retrouvée qui revient sur la pelouse, armée de pointes alu 18mm pour des raisons évidentes de tenue en équilibre. Le tryptique méritait un feu d’artifice pictural pour sa dernière exposition, il y aura des éclaboussures de gouache écarlate un peu partout sur les murs. Conquérants, dominateurs, maîtres de leur art, les coéquipiers de Xavi empoignent le match de leur main de fer et de feu. Effacés et en manque de réussite dans leurs tentatives avant le descanso, les Iniesta, Cesc et Leo rayonnent à nouveau, et le Barça va reprendre l’avantage après une poignée d’occasions ratées par manque de justesse. Aimanté vers l’avant, c’est Piqué qui trouve la faille et une aubaine pour fêter sa paternité. L’occasion de rappeler à tout le monde que c’est lui, et personne d’autres, qui wakawake Shakira toutes les nuits jusqu’à l’engrosser.

Pour l’anecdote et le reader’s digest, le but de l’égérie He Mango a été infanté dans les pieds fertiles du Don.

Pleinement dans la zone, en total contrôle de leur sujet, les Barcelonais dégagent une impression d’immunité qui, pour une fois et contrairement à ce qu’il aime penser, a le mérite d'offrir un point de rapprochement entre Denis Brognard et le journalisme sportif. Mais les Catalans n’en sont pas encore à se baffrer de Burgers au Foie Gras sur un voilier en rade de Seribuat, et sont ramenés à la non-qualification par un contre supersonique conclu par un tri croisé de Santa Cruz. Doit-on mentionner qu’au début de l’action, dans la surface opposée, Cesc se fait marcher dessus par Weligton ? Doit-on s’arracher les cheveux en voyant un carton brandi à l’encontre de Mascherano pour protestation à la fin de ladite action ? Avant de fulminer et montrer du doigt les décisions de M. Lahoz, toujours portées par un même vent qui souffle pleine face pour les culés, la rédaction de Blograna décide à nouveau d’exercer son droit de fermer sa gueule et d’aller prendre le frais sur la terrasse pour faire retomber la colère.

 

Malaga croit tenir la prolongation, il ne s’est offert qu’un répit à durée déterminée. Fabregas, dans une dernière demi-heure de classe mondiale, tenait tout particulièrement à ne pas marquer, faisant tout pour vilipender ses face-à-face avec Kamé-a-méni (le disciple aussi Camerounais que caché de Tortue Géniale). Mais Cesc aura tout de même la clairvoyance ailée, d’un majuscule enchaînement feinte – contrôle en pivot – passe in the backdoor, d’envoyer Don Andres délivrer la partie. Pour éviter l’anomalie d’un match sans marquer, Leo y va de son but de la tête, après plusieurs essais infructueux. Avant également de sortir en application du principe de précaution.

 

Le FCB s’impose brillament, au terme d’un match de haute volée. Et comme disent ceux qui ont trop longtemps pratiquer l’onanisme, pour que ce soit bon, il faut être deux. Espérons que le prochain tour face aux Laiteux soit aussi enjoué.

 

Cette semaine, Blograna inaugure le rendez-vous que l’on espère devenir habituel de la Stat, sans oublier la traditionnelle Notation.

 

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Les Stats

 

Le nombre de cartons pris par le FCB, pour 8 fautes commises (contestation pour Busquets et Masch, simulation pour Cesc, poussettes à retardement d’Alba et Alves). En face, Malaga a commis 21 fautes, pour seulement 3 avertissements. Apparemment, il vaut mieux mettre des coups que se plaindre d’en prendre…

 

Les quatre buts inscrits à Malaga portent le total blaugrana TCC (toutes compétitions confondues) à 100, à la mi-saison. MundoDeportivo a qualifié le chiffre de « brutal ». Nous ne nous aventurerons pas à les contedire.

 

 

 

La Notation

LE CLIENT

Auteur du but du 2-1, très bon défensivement malgré les 2 buts sur lesquels il est difficilement incriminable, Piqué obtient la palme, notamment pour sa qualité de relance et son apport offensif. Il aurait pu penser à être vilain, élu Cagolin, pour ramener une peluche à son nouveau-né.

Nominés dans la catégorie : Iniesta et Cesc, après des débuts discrets, ont imprimé leur patte sur le match, en étant tous les deux décisifs. Messi s’est montré excellent dans le jeu, a gâché avant de finir par claquer sa bille habituelle. Enorme activité au milieu de Xavi et Busquets. Apport notable et 2 assists pour Dani Alves, qui peut s’enorgueillir d’avoir fait marquer Pedro et Messi de la tête dans le même match. Entrée directe dans le Guiness Book.

 

LE BIALES

A cause des frappes gagnantes de Joaquin et Sainte Croix, jusqu’au-boutistes de précision, Pinto a dû s’incliner deux fois, en dépit d’un match plus qu’honnête.

Nominé : Pedro, virevoltant et buteur en première, porté disparu en seconde. Inversement proportionnel au reste de l’équipe.

 

LE CASPER

Contraint par Malaga à garder sa position, Alba a attendu une heure avant son premier débordement, presque victorieux. C’est peu, surtout si l’on compare à son apport moyen.

Nominé : Mascherano, pas grand-chose à signaler. Un peu court sur son interception sur le but de Joaquin. La bouche un peu trop ouverte après celui de Roque.

 

LE CAGOLIN

Le compte est bon, on a déjà 11 notes. Alors on donne la peluche à Mateu Lahoz, qui met 5 joueurs inutilement en danger de suspension pour la demi-finale retour. Peut-être pur équilibrer avec les Livides qui auront plusieurs suspendus à Bernabeu.

 

Rendez-vous dimanche au Nou pour Osasuna, avant de replonger dans l’ivresse écoeurante des Clasicos dès mercredi.

 

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