Rythme, et blues...

Un match infernal d’intensité pour un résultat au goût d’inachevé, le Barça a trop gâché face à un excellent Madrid, mercredi chez Santiago, et n’a pas tellement fait avancer les pions dans l’optique de sa qualif’ pour la finale de Coupe. On aurait signé pour un 3-3 qui se serait complètement justifié, mais on se contentera de ce 1-1 qui épaissit un peu plus le suspens qui entoure le match retour.

Cristiano, n°1 mondial d'étirement.
Cristiano, n°1 mondial d'étirement.

 

Souviens-toi l’été dernier. Pas forcément d’un long métrage teenagitif avec du sang sur le pare-choc, ni vos fins de soirée sur le parking d’une boîte du Cap d’Agde, coincés entre des alcools vaguement frelatés et des filles difficilement présentables à vos parents. Mais plutôt d’une Supercoupe d’Espagne, déjà sur match aller-retour, déjà face aux Livides, au cours de laquelle les Blaugrana avaient terminé la première manche avec une valise de regrets, avant de s’en mordre les c****** au retour. Comme pour tout mauvais film, on espère toujours qu’il n’y ait pas de suite, mais on n’est à l’abri de rien…

Depuis trois ans, l’hégémonie des maîtresses dominatrices Laiteuse et Culé accumule les Clasicos comme des coups de fouets. Trop souvent répétés, jusqu’à un carrefour mitoyen de l’écoeurement. A chaque nouvelle séance, les disciples soumis que nous sommes, oscillons entre le sentiment d’en avoir déjà assez et l’envie d’en reprendre une session. Et au coup d’envoi, toute forme de lassitude se retrouve dissoute dans l’inexorable envie de les crever, ces mecs d’en face.

Le même cheminement de pensée, tout en subtilité, a certainement traversé les encéphales jumelés de Vilanova et Roura au moment de décapuchonner leurs Bic quatre-couleurs pour noircir la feuille de match. Notez qu’ils avaient la liberté également de pouvoir rougir, verdir ou bleuir ladite feuille de match, ce qui n’est pas négligeable.

Sans réelle surprise, c’est Sean Paul (comme Jean-Paul, mais avec un « s ») qui a la responsabilité des buts. Devant lui, on retrouve le 10 type qui se dégage cette saison, les latéraux AA, les centraux PP, le milieu BCX, et l’attaque PMI. En face, les tenues de Gala sont moins largement de sortie, surtout derrière avec les absences de Casillas, Ramos et Pepe, dont la verve poétique nous manque déjà. Le Real, privé aussi de Di Maria, paraît armé pour souffrir défensivement, Diego Lopez est parachuté sur le champ de mine derrière la vaguement rutilante ligne Arbeloa-Varane-Carvalho-Essien.

 

Pourtant, c’est bien Blanche de Castille qui entre dans le match pied au plancher. Piqué est poussé à la faute par CriCri Gel d’Acier, qui perd son match dans le match capillaire contre la Tresse sur le coup-franc atenant. Les Madrilènes parient double sur le pressing qui lave plus blanc que blanc, et les Catalans peinent à tisser leur possession. Chaque fantaisie se paie d’une perte de balle, qui mute brusquement en situation de panique dans les 18 de Pinto.

Comme lors de votre toute première fois, l’excitation bat son plein dès les premières secondes, et va perdurer jusqu’au bout, sur ce rythme fou à en perdre ses clés Allen. Jusqu’à la 93ème, les temps morts et les baisses de régime sont poliment invitées à aller voir ailleurs si elles seraient les bienvenues, notamment du côté de Rouen-Marseille en Coupe de France.

 

Après un efficace premier quart d’heure en mode essorage, le Madrid commence à desserrer l’étreinte autour du porteur du ballon Blaugrana. Les Livides subissent et reculent, mais chaque contre-attaque se fait flasher au radar. L’intensité, donc, se compte en MégaAmpère, et la tension est alimentée par des semelles qui traînent et des occasions qui se refusent. Bref, électriquement, le match se porte bien, merci pour lui. De façon aussi surprenante qu’inhabituelle dans ce match de l’année (qui a lieu 6 fois par an…), personne ne trouve l’ouverture, ni Benzema qui préfère, c’est bien connu, le petit filet, ni Xavi qui croise la barre puis Varane sur la ligne, plus inspiré que Carvalho sur le coup. Au changement de côté, la marque est toujours vierge. L’occasion est trop belle pour les nombreux amateurs du #PoncifSportif de plonger à pied joint, avec une délectation coupable, dans le « Il y a des bons et des mauvais 0-0, celui-là est excellent ».

La seconde mi-temps repart sur des bases similaires, le Barça domine, le Real reste dangereux en contre. Côté Catalan, Piqué, même ponctuellement distrait par des jets de briquets, est impérial derrière, toujours bien placé et l’intervention tranchante. L’animation, elle, tourne autour d’Alves, qui pistonne à droite, d’Iniesta et de FabFab. C’est assez rare pour être souligné, Messi peine à créer quoi que ce soit, empêtré dans la nasse et les chevilles rougies à chaque ballon touché. Côté Meringue, CR7 se hisse au dérisoire niveau de son ennemi juré. Arbeloa, Xabi Alonso et Carvalho rivalisent de taquineries insupportables, sur les chevilles et sur les joues. Heureusement, Varane et Diego Lopez, remarquables de justesse et de sobriété, tiennent à flot le rafiot du Roi.

 

Assez logiquement, c’est le Barça qui prend les devants. Lancé par Messi, Cesc fixe Diego Lopez et entame son moment d’inspiration. Malheureusement, ses tentatives suivantes connaîtront moins de réussite, et échoueront sur le seuil de porte du 2-0. Lancé par Iniesta, le 4 sera repris magistralement par Varane, puis se mordra les doigts de voir sa reprise tutoyer la transversale sur un centre de Dani . Pas plus de réussite pour lui à la passe, son bijou de clairvoyance et de contrôle trouve Pedro lancé qui va fixer trois fois Lopez avant de pousser le ballon juste à côté.

Malgré une paire de situations chaudes, notamment une tête ratée de Cristiana aux 6 mètres (l’occasion de nous gratifier de sa moue de pleureuse), la troupe à José ne s’en sort pas trop mal et va faire un peu mieux. Suite à un corner que les Barcelonais discuteront après coup (mais qu’ils auraient pu avoir le tact de ne pas relever), Varane devance Piqué et Cesc qui jouaient à à-toi-à-moi-le-marquage. Malgré une horizontale flatteuse pour ses 36 ans, Pinto ne peut pas repousser le ballon et laisse les locaux recoller au tableau d’affichage.

Nonobstant deux corners madrilènes et une occasion de Jordi, le score fera le fainéant, et la Tito Team se ressasse un match dont les ingrédients auraîent déjà dû lui entrouvrir les grilles de la finale.

 

En marge du réjouissant contenu proposé par les deux équipes, on notera une nouvelle fois le ratio faute-carton incroyablement élevé reçu par le FCB. L’arbitre a été largement plus clément avec le Real, Alonso et Carvalho récoltant leur dû après une campagne appuyée aux frontières de l’antijeu. Dans son registre habituel qui le voit collectionner moins de ballons touchés que de frictions avec l’adversaire, Arbeloa s’en sort encore immaculé. D’après Punto Pelota, il aurait même été victime d’une insulte de Messi, qui serait venu le traiter d’ « idiot » sur le parking. Pour replacer les choses face à leur propre poids, on rappellera juste que certains spectateurs ont fait tout le match la malencontreuse confusion entre Dani Alves et un singe, certainement par manque de connaissance des traités d’anatomie des primates. On ne saurait trop conseiller à ces ignares le dernier single de Marc Lavoine

Pour finir sur une note plus positive, nous nous trouvons dans l’impossibilité de ne pas souligner la perf de Rafa Varane derrière. D’autant plus méritoire qu’à ses côtés Carvalho s’est révélé plus boulet que mentor, et qu’il ne jouait quand même pas face à l’attaque de L’AS Nancy. Résocialement parlant, pas mal de twittos ont tenu à rappeler à tout le monde « de ne pas s’enflammer » et on les remercie de leur bienveillant conseil, mais sur ce match difficile de ne pas lui attribuer le HdM.

 

Varane est bien sympa, mais on préfère tout de même noter nos joueurs.

 

               ----------------------------------------------------------------------------------

 

LE CLIENT

Un avertissement précoce mais une sérénité imposante, Piqué a éclaboussé de sa classe, même s’il n’est pas tout propre sur le but égalisateur.

Nominés dans la catégorie : Animateur en chef de l’équipe, Dani Alves aurait mérité d'être crédité d’une passe dec’ si ses collègues avaient été plus fut-fut. Dans tous les bons coups, Cesc aurait dû au moins en mettre un second. Iniesta a une nouvelle fois virevolté et impulsé dans le bon sens.

 

LE BIALES

Appliqué défensivement, Jordi Alba ne s’est signalé que sur deux montées, pour autant d’occases énormes pas très bien négociées.

Parfois en souffrance face au pressing au milieu, Xavi et Busquets n’ont pas rayonné. Auteur d’un très bon match mais un but pris pour deux frappes cadrées, le ratio n’est pas à l’avantage de Pinto. Match sérieux de Puyol, dans l’ombre de Piqué cependant.

 

LE CASPER

Comme d’hab, beaucoup de mouvement et peu de poids dans l’animation pour Pedro. Devait quasi-assurer la qualif dans son face-à-face avec Diego Lopez.

 

LE CAGOLIN

En retrait, loin de la zone de vérité, Messi n’a pas su faire de différence.

 

 

 

Écrire commentaire

Commentaires: 0

Vous aimez le style

de Blograna.com,

n'hésitez pas à

cliquer sur "J'aime"!

Un autre football est possible. Près de chez vous.

Si vous aimez Blograna.com, vous aller vous régaler sur Alterfoot.com

Passer le mot autour de vous....