Apéritivement vôtre

Si pour certains la réception de Getafe avait pour principal attrait un horaire aussi inédit qu’asiaticompatible, le match s’est avéré ressembler au grand bol d’air frais que représente souvent la petite ballade dominicale en famille. Une promenade agréable et réussie, entouré des gens qui nous sont chers, avec le confort du soleil qui avait décidé d’être de la partie.

Quand on vout dit qu'Andres a passé son match à faire l'amour à la défense de Getafe...
Quand on vout dit qu'Andres a passé son match à faire l'amour à la défense de Getafe...

Un dimanche à midi, le terrain baigné d’une lumière entièrement naturelle seulement rognée par une parcelle ombragée aux alentours de la surface de but, la famille au grand complet s’est déplacée, à part la grand-mère retenue à la messe parce que son Seigneur à elle n’est pas Lionel Messi… On pourrait croire à un 32ème de finale de Coupe Gambardella pour les U15 de la Ligue Midy-Pyrénées, mais non, il s’agit bien d’une journée de Liga tout ce qu’il y a de plus normale.

Dans un championnat qui a des airs d’autoroute vers le titre pour le Barça, ce genre de matches contre des équipes n’appartenant pas au premier tiers du classement offre pour le tandem Vilanova-Roura la possibilité d’imposer de la mixité à leur onze initial. La fameuse alineacion de gala a le droit de rester au chaud pour les échéances à glaives tirés contre les Laiteux ou pour le retour de la Champions. Derrière, dans l’axe comme sur les côtés, un roulement s’est imposé, Masch et Puyi se relaient pour épauler Shakiro, Adriano et dans une moindre mesure Montoya alternent avec les AA. Pas assez présent jusqu’ici, espérons que le turnover va durer au milieu et devant. L’occasion de redonner un peu de fraîcheur aux Xavi, Busquets, Cesc, Iniesta et Pedro tout en impliquant et remettant dans le coup, par la force du double effet cher à un bonbon fraîcheur tombé en désuétude, les Song, Thiago, Villa, Faudel ou Tello. Etant entendu que cette apologie de la rotation n’affectera certainement pas celui que les anglo-saxons appellent à tort Lionel le Bordélique.

Premier épisode de ce théorème d’implication maximale, la onzaine titulaire a pour nom Valdes-Alba-Piqué-Puyol-Adriano-Song-Thiago-Iniesta et la VMA en attaque, histoire de tester l’endurance de la défense madrilène.

En face, on note la présence des Français Abdel Barrada et Mehdi Lacen, Lacen, Lacen, qui a défaut d’être devenus des monstres au Paris-Saint-Germain, sont désormais des titulaires dans l’autre, autre (voire autre) club de Madrid.

 

Comme on pouvait s’y attendre, le scenario de ce FCB-Getafe s’avère aussi profond que le bonnet de Kate Moss. Possession totale, occasions en pagaille, le jeu a choisi une seule des deux moitiés de terrain. Dans ce genre de rencontre, seule une grève de l’efficacité peut représenter un risque. Face à des Castillans venus en touristes (et encore, c’est un peu dur pour les touristes), les Catalans se sont créé une grosse demi-douzaine d’occasions franches avant la mi-temps. Avec la bonne idée de convertir deux des trois premières avant le quart d’heure, pour tuer l’ersatz de suspense qui pouvait planer au-dessus du Nou, les Blaugrana renversent le match dans la catégorie plaisir exclusif.

Evènement dès la 5ème minute, Alexis grille la défense Getafense dans leur dos d’un appel acéré, mis sur orbite par une passe d’Iniesta ayant pris naissance dans un autre monde. Faudel se présente face au gardien au prix d’un contrôle en pleine course d’une propreté lavomatique, et tout le barcelonisme, rattrapé par la mémoire des évènements récents, se met à trembler. Le Chilien, lui, et pour la première fois de la saison, ne tremble pas et se drape même d’une subtilité inédite au bout d’un petit plat du pied gauche furtif. On n’osait y croire, et on se permet de rêver de voir les trois attaquants claquer dans le même match…

Le hasard, ainsi que la magie d’Iniesta relayée par l’inspiration altruiste de Thiago, faisant bien les choses, nos rêveries prennent un peu plus forme à la 15ème lorsque la Pulga, frappe croisée aux 6 mètres, transforme en clameur cette action cousue de dentelle. Pour être totalement honnête, concernant l’itération du compteur but des trois de devant, ce n’est pas forcément pour Leo que l’on s’inquiétait le plus… Le match est déjà mort, les visiteurs n'ont plus qu'à essayer d'y trouver des traces de viande de cheval pour pouvoir s'en sortir.

Thiago prouve une nouvelle fois qu’il a vraiment son mot à dire au milieu dès lors qu’il range le fouetté et la trousse de superflu dans la soute du bus. A ses côtés, Iniesta survole les débats sans pour autant puiser dans ses réserves de glutène. A noter une implication considérable de D10S à la construction du jeu, tôt dans l’architecture des offensives, souvent à la recherche de ses compères Alexis et Villa pour des combinaisons enlevées.

Malgré un poteau inmessionante et une guirlande de situations brûlantes devant la cage de Codina, on tourne à 2-0. En face, Getafe ne s’est vraiment pas fait violence pour réduire la marque, ni même pour teinter leur après-midi d’une once de distraction. Victor Valdes a eu le temps de noircir 13 grilles de Sudoku avant de pouvoir en récupérer des vierges aux vestiaires à la mi-temps.

 

Début de l’acte 2, Lacen est toujours là, ce qui théâtralement parlant est le minimum syndical. (Promis, c’était le dernier jeu de mot moyen sur le dos de ce pauvre Mehdi…). Les 3 points d’ores et déjà dans la besace, les culés perdent le fil de leur jeu en inversant la balance du simple et du compliqué, dans une recherche trop systématique de l’action Harlem Globe-Trotters. L’influence de Messi baisse progressivement avec un pourcentage accru de pertes de balles, qui a au moins le mérite d’incrémenter en flèche les statistiques de Song à la récupération, dans un phénomène répétitif de recyclage dans le rond central des déchets perdus 20 mètres en amont.

La rencontre commence à s’enliser dans un ronronnement brouillon lorsque le quotient Entertainment repart à la hausse. Certainement inspiré par la science de la passe improbable apprise au quotidien au contact des Jugones du milieu, Alba envoie au but el Guaje d’une souveraine ouverture dans la verticalité. Villa, efficace dans le face-à-face, boucle la trilogie des attaquants buteurs du plat du pied gauche. Dans une fin de rencontre en roue libre, Tello, fraichement substitué à Faudel, profite d’un travail Divin pour y aller de sa contribution. Un plat du pied au 16 mètres étonnant de sang-froid et de précision, alors que la frappe immédiate ne s’imposait pas d’une évidence confondante.

Mais le Barça est un féru de séries, et va trouver le moyen d’entretenir son cycle de matches sans clean sheet, sans pour autant que Getafe ne se crée de lui-même la moindre occasion… Un dégagement lointain et anodin échoit dans une zone vaguement voisine de l’occiput de Jordi. Embarassé à l’idée (pourtant tout à fait recevable d’efficacité) de dégager la gonfle dans les tribunes, Alba choisit la déviation à la limite du compréhensible dans la direction de VV. Parfaite pour qu’Alvaro passe montrer le bout de son pointu…

Il reste alors moins de 10 minutes avant d’attaquer le pantumacat dominical. Juste le temps de finir sur une note positive, avec la perspective d’aposer la marque de ses 5 doigts sur les joues madrilènes. Au terme d’une phase de jeu ne brillant pas exactement par sa limpidité, le Don profite d’un ballon traînant nonchalamment dans la surface pour parachever son œuvre majuscule. Et l’addition n’est pas encore complète. Réputé pour le bon goût du maître de maison, Piqué offre le digeot pour le but le plus easy de sa carrière. Sur le coup, on remercie Thiago, de la suite dans les idées et un talent certain pour la décalcomanie, avec sa copie conforme de la passe déc’ réussie en première mi-temps.

 

Place à la notation.

 

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Le CLIENT

Sans forcer et avec un tantinet de déchet sur des prises de risque, Iniesta a, une fois de plus, régalé. Un monument de classe. A créé un débat public en Catalogne sur son positionnement. Peut-on se passer de l'importance du Cerveau au milieu, comme ce fut le cas hier et dans la dernière demi-heure à Valence?

Nominés dans la catégorie : Mention pour Villa et Faudel, attendus au tournant et présents sur la fiche technique. Match très sérieux, moins de fioritures et plus d’assists, pour le Fouetté. Même chose pour Song, qui a du éclater ses stats de ballons récupérés. Et perdus, aussi…

 

Le BIALES

Gros apport offensif, avec deux passes décisives, une pour et une contre, Alba a neutralisé ses stats, et donc sa notation.

Nominé: Malgré son importance dans le jeu, son but et sa passe déc, Leo a perdu pas mal de ballons, même si la pression adverse était forte. Simple relâchement ou petite méforme? Espérons que Messi nous répondra de la bonne manière dans les matches importants de cette fin de mois.

 

Le CASPER

Distinction collective pour Valdes, Piqué, Puyol et Adriano, pas réellement poussés dans leur retranchement par un Getafe que l’on qualifiera de gentillet…

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