De la nécessité d'un Guide

Les rendez-vous sexy et mondains, dorures de Champions et écrins clasico-classieux, se bousculent dans l’agenda blaugrana pour les semaines à venir, occupant une place grandissante dans les esprits. Dangereusement, car le carnet de rendez-vous affichait en premier lieu pour samedi un déplacement chez le 14ème de Liga. Un rencard au final plutôt bien géré, au cours duquel les insuffisances des uns auront été compensées par la fiabilité des autres. D’un autre, principalement.

Vol au-dessus d'un nid de doux doutes
Vol au-dessus d'un nid de doux doutes

Dans une allégorie ensommeillée du principe de l’arroseur arrosé, le Barça dispose d’un épais matelas de confort sur son poursuivant Colchonero, ce qui lui permet donc de moduler son onze titulaire selon une échelle des priorités clairement établie. Pour un déplacement dans le ventre mou du classement, certains cadres trouvent donc diverses formes de repos, forcé pour Xavi et Villa trop justes après leurs ennuis de santé, ou provisoire pour Iniesta et Alba qui ont débuté le match comme 12ème et 13ème hommes. Evidemment, il en est un, différent au sens noble du terme, qui n’entre jamais dans ces considérations rotatives, et qui va une nouvelle fois justifier son statut distinct.

Puyol lui aussi réservé, le capitanat commence à se poser des questions, à la recherche d’un biceps disposé à bien vouloir l’accueillir. C’est finalement Valdes, sans surprise gardien du temple, qui bariole son bras de rayures sang et or, pour commander une défense Alves-Piqué-Mascherano-Adriano. Au milieu, Thiago enchaîne un second match consécutif dans le onze de départ, Busquets et Cesc succèdent à Song et Iniesta. Devant, D10S est là (le scoop !) en compagnie de Pedro et Alexis.  

 

Dès le coup d’envoi, il apparaît évident que les meilleurs jardiniers de la ville trouvent plus facilement de l’embauche pour ciseler les jardins édéniques de l’Alhambra que pour entretenir la pelouse de Las Carmenes. Aussi lisse que les joues d’un adolescent acnéique, le gazon a une fâcheuse tendance à octroyer du rebond aux passes rasantes, la balle sautille plus souvent qu’à son tour. Ce à quoi Piqué, Cesc ou Thiago remédient, par des renversements longs et précis au centre du terrain. Arrivé dans les 40 derniers mètres, les soucis commencent pour le Barça, et la solution va souvent venir de déclinaisons d’un même patron. Messi décroche pour venir participer à la construction, fixe la défense et trouve un décalage sur la gauche, pour Alexis ou Adriano qui rivalisent d’une maladresse délictueuse, ou trop peu souvent pour Fabregas, plus inspiré que ses camarades de couloir.

Peu à peu, un second schéma va émerger et apporter son lot de situations ardentes dans la surface de Toño. La défense au cœur grenadine, qui a récemment élue Laurent Voulzy comme Socio d’Honneur, aimantée dans l’axe pour asphyxier Messi, délaisse sa bande gauche, où Alves reçoit plusieurs transversales nés du rond central. Aériens ou rase-mottes, les centres du latéral Carioca manquent du soupçon de précision nécessaire pour faire la diff’, et les Catalans continuent à tourner autour du pot.

Le match est décidemment une leçon d’application de modèles, Grenade, de son côté, semble avoir trouvé un calque constructif. Débordement sur la droite, centre au second poteau pour une reprise ou une remise au point de péno, le plan est rodé et profite à fond de l’affection affichée par Adriano et Alves pour l’élasticité du marquage. Après une première alerte sans gravité de Nolito, la seconde tentative va conforter le Barça dans son amour des buts encaissés. L’ex de la Masia troque la frappe pour la remise devant les buts et Ighalo, très saignant depuis le début, conclut à 2 mètres à la limite du hors-jeu. Une position qui flirte avec le licite mais une décision complètement acceptable. Le seul souci, c’est que par la suite, la bande à M. Del Cerro Grande va refuser 3 buts aux Catalans pour des litiges similaires. Asi, Asi, Asi gana el Barça

Les Blaugrana sont donc menés 1-0 à la demi-heure, et en dehors du décret arbitral contestable, l’aficion a véritablement envie de se les mordre. Au départ de l’action entraînant l’ouverture du score, c’est bien Faudel qui avait le ballon du 1-0 au bout du pied. Par trois fois au cours de l’heure qu’il aura passé sur la cancha, le Chilien a nettement souligné la nuance entre la qualité de ses appels et la médiocrité de ses prises de balle. Chirurgicalement lancé par Messi ou Cesc, Sanchez aura trouvé le moyen, par le biais de contrôles à la limite l’avarie sanitaire, de vilipender les situations sans même avoir eu le temps de frapper au but. On le croyait relancé par son but, sur sa seule occasion, face à Getafe, mais le mal rivalise de profondeur avec la gloire de Linda Lovelace. Grand expert de la question sportive, Jean-Yves Lafesse aura ce commentaire lapidaire et catégorique : « ça peut pas durer ». Alors que Faudel semble bien parti pour devenir aussi problématique au FCB que son sosie homonyme dans le paysage de la chanson Française, sa tristitude dans le dernier geste commence à se propager autour de lui. Servi dans l’axe par des éclairs d’intuition de FabFab et du Fouetté, Leo bousille deux caviars aux 6 mètres, dont le premier en frappant à côté de la gonfle. Certainement un hommage à André-Pierre Gignac, qui avait déposé le brevet de ladite figure dans l’après-midi.

 

Les 22 protagonistes tournent donc sur ce score de 1-0 dûment accroché par les Andalous, avec la bienveillance des visiteurs. Avec l’entrée d’Alba à la place d’Adriano, hors du coup puis blessé, les Blaugrana montent en pression et vont s’essayer à des arguments d’un genre nouveau. Souvent sous-utilisée et réclamée à grands cris par gradins et forums, la frappe de loin fait une entrée fracassante et salvatrice dans l’arsenal offensif catalan. Si Pedro sera malheureux de voir le poteau repousser sa sèche, l’égalisation aura pour origine une lourde similaire de Cesc aux 25 mètres. Savonneuse pour les gants de Toño, la balle se meurt à l’entrée des 6 mètres. Un endroit où Messi arrive le premier, lui qui avait tout compris avant les autres et se trouvait déjà en mouvement au moment de la frappe. Un plat du pied goguenard plus tard, Messi se découvre un potentiel d’opportuniste qui le fait entrée dans la dynastie convoitée des grands de ce bas monde, les Pippo Inzaghi, Rudi Voller et autres Ulf Kirsten. Un véritable renard (chenapan) des surfaces, mais sans avoir Marmouset sur l’épaule…

Les protégés de la Roure empilent les situations chaudes, mais de buts refusés pour des hors-jeux tangents en frappes boisées, le compteur affiche encore l’équilibre à l’orée du dernier quart d’heure. C’est donc le moment de miser son salaire sur le divin gourrou. Fraîchement entré en jeu, l’ex Malherbeux El-Arabi accroche bêtement Thiago à 20 mètres. L’occasion d’ouvrir la Voie est trop belle pour Bordel Lionel, et la sentence tombe au prix d’un coup franc puissant que Toño ne peut qu’accompagner au fond. La messe est dite, ou presque. Les dix dernières minutes titubent entre des coups galvaudés par le frais Tello, et des sueurs froides en défense sous l’impulsion de Yacine Brahimi. Pas rassurant tout de même de trembler devant les flèches d’un mec qui ne trouvait pas de temps de jeu au Stade Rennais…

Le voyage andalou se termine donc par une victoire et une invasion du terrain, l’occasion pour Gerard piqué de faire la connaissance d’un jeune supporter particulièrement insistant. Le minot repartira, mi larmes mi sourire, avec un maillot qu’il devrait pouvoir remplir d’ici une douzaine d’années.

 

Notation time.

 

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Le CLIENT:

Au-delà des chiffres qui repoussent hebdomadairement toutes les limites (301 buts pour le club, 38ème en Liga cette année, 14ème match scoré, 12ème doublé de la saison), Messi était au four et au moulin. A la construction pour voir les collègues vendanger, puis monumental de précision pour emporter la décision, Leo a fait du Messi. Le Guide.

Nominés dans la catégorie : Pas aussi déclencheur qu’un Iniesta, Cesc sait quand même trouver le geste juste au moment juste. Trajectoires parfaitement coupées, compensations visionnaires, propreté du jeu court, Busquets, c’est la Matmut au milieu. Responsabilisé par le brassard, VV a fait le boulot malgré un nouveau but encaissé. Alba s’est distingué d’une entrée prolifique, qui a tranché avec l’apport d’Adriano.

 

Le BIALES:

Intenable offensivement, Dani Alves a compensé avec des difficultés à contenir Nolito. Le but et toutes les situations dangereuses de Grenade ont germé de son côté.

Nominés dans la catégorie. Auteur de gestes magiques mais aussi coupable de cagades qui mettent l’équipe en péril, Thiago a quand même tenu son rang, un ton en dessous du dernier match. A la tête d’une défense encore transpercée, Piqué et Masch sont crédités d’un match assez propre. Surtout Shakiro, très alerte dans la relance.

 

Le CASPER:

Membre honoraire de la catégorie, Pedro s’est distingué 10 minutes avant de sortir. Après plus d’une heure porté complètement disparu. Une profonde remise en question s’impose.

 

Le CAGOLIN:

Fossoyeur de l’extrême, Faudel a touché le fond dans son exploitation des ballons de but. Sa sortie à la 60ème va certainement rajouter un peu de lest dans le socle de béton qui entraîne sa confiance dans les abysses.

Nominé dans la catégorie : des pertes de balle inhabituelles et un marquage distant, Adriano, au-delà de sa douleur ischiojambière, s’est sorti de l’ornière en laissant tôt sa place à Alba.

 

Finies les conneries, les choses sérieuses reprennent mercredi avec la Champions, puis deux Clasicos la semaine prochaine. Entre-temps, la rédaction de Blograna prendra place dans le haut du Nou samedi soir pour la réception de Séville. Photos à suivre.

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