Jour de match

Par une force chronologique qui prohibe tout placement de charrue en avance de phase sur les bœufs, un déplacement en Catalogne débute indubitablement entre les ailes d’un zinc. A ce titre, nous ne saurions trop vous conseiller d’éviter de présenter une carte d’identité fraîchement périmée pour accompagner la carte d’embarquement. Il se pourrait qu’on vous demande de vous ranger à côté de la file avant de vous informer qu’il y a un autre vol le lendemain matin à 7h, où vous aurez le droit de vous présenter muni de papiers en règle (Brice Hortefeux, lui, arrivait pourtant à faire décoller des aéroplanes remplis quidams en pénurie de paperasses à jour, mais c’est une autre débat)… Sur le chemin du retour vers le parking, Joël Bats est là pour vous chantonner à l’oreille son éternel Soli-solitude, alors que vous aviez plutôt misé sur Ricky Martin, Livin’ la vida loca à fond d’écouteurs au moment d’enjamber les Pyrénées.

Quand le jour se lève sur Barcelone, la température s’engourdit et rampe péniblement au-dessus de zéro Celsius, ce qui représente tout de même 32° Fahrenheit. Le train qui relie El Prat à Sants zigzague entre les flocons, sous le regard des collines arrachées à leur verdure chronique par les précipitations givrées de la nuit. Transis à l’aube, on commence déjà à trembler à l’idée de siéger dans les hautes couronnes de l’Estadi dans la soirée, même si le mercure négatif garantira au moins dans le dos les frissons qui ne viendront pas de la pelouse.

 

A la réflexion, il eut été plus heureux de cocher dans son agenda perso, plutôt que ce FCB-Séville, coincé entre Milan et Madrid un samedi de février à 22h, l’éjaculation de football-champagne du Barça – Getafe de début de mois lancé sur les douze coups de midi, dans un Nou ensoleillé comme les cartes juilettistes de Catherine Laborde.

 

Un match sur les Corts de prépare forcément dès la mis journée dans le houblon frais et les pinchos, avant de trouver un prolongement dans les rues de la ville. Un après-midi passé à battre le pavé comtal, et les personnages récurrents du quotidien Blaugrana font irruption comme un avant-goût de leur après-football déjà préparé. Apparemment pas de la plus classieuse des façons, avec un certain mimétisme pour les devantures bas de gamme et les mauvais graffitis nichés sur la rouille de tôles ondulées des années 70… L’avenir semble assuré.

Les détours de ruelles sont de véritables boules de cristal où se reflète déjà l’avenir. Ici, la tactique de l’AC Milan lors de son prochain déplacement au Camp Nou. Là, un avant-goût du gigantesque tifo du match de Champions, ou l’identification à ses couleurs jusqu’au bout des orteils.

Apologie du catenaccio
Apologie du catenaccio
Les crampons de Jordi Roura
Les crampons de Jordi Roura

De circonvolutions en circonvolutions, l'heure commence à s'avancer vers la fin de l'après-midi. Le temps idéal pour recharger les batteries à l'hôtel et enfiler les 5 couches nécessaires à la survie dans les hautes travées du Nou.

 

Pourtant, l'estadi n'est pas la destination première du voyage vers l'Avenida Aristides Maillol via la ligne 3. Arrêt tout d'abord à la FCBotiga pour contempler les chips, les niches à chiens et autres chopes estampillées Barça. Puis, direction le Palau Blaugrana pour soutenir le FCB Intersport. Oui, car, en Espagne, les championnats de basket et de handball ressemblent bien plus à la liste du CAC 40 local qu'à autre chose. C'est donc sous le nom de cette ligne de magasins de sport que sévissent les joueurs de balonmano du Barça. Une équipe menée par le capitaine Jordi Tomas et le Français Cédric Sorhaindo. Mais aussi par Siarhei Rutenka, patronyme préféré du speaker à l'annonce des buts.

Face à une équipe du bas de classement et devant une salle à l'audience proche du stade Louis-II, le Barça va s'imposer 33-17 sans avoir à forcer son talent. Il est alors 20h15. Le créneau est parfait pour aller se jeter des racions au Taller de Tapas attenant. Histoire de se remplir la panse et d'accumuler les dernières minutes de chaud avant l'enfer givré du Nou.

 

Tout là-haut, il fait froid. Et ce ne sont pas les 50 000 personnes présentes qui vont servir à réchauffer le public. Les ménisques ankylosés permettent à peine les génuflexions. Et les échauffements rugbystiques seronts nécessaires pour tenir le corps en éveil à la mi-temps.

 

Une soirée finalement gagnante avec les 2 victoires des deux Barças. En bonus, le petit photo-reportage...

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