Froid réconfort

En ce samedi soir, le vent balaye les travées du Nou au point de voir poindre des couvertures sur les genoux des rares spectateurs venus garnir la troisième coupole de l’Estadi. Ce vide vient rappeler la sensation bizarre laissée après les 90 minutes de non jeu observées à San Siro dans la semaine. Après la désillusion continentale, le Barça venait se refaire une santé dans son épreuve nationale qu’il domine trop.

 

Une rencontre postée entre deux rendez-vous cruciaux à qualification directe. Pas le genre de match où l’équipe-type va être de sortie. Surtout, le Clasico d’hier soir était devenu encore plus capital après la débâcle milanaise. Roura, vendeur de céramiques à ces heures perdues, avait donc décidé de se passer en début de match de quelques cadres, tels Alba, Puyol, Busi, Xavi, Cesc et Pedro. Place donc à Montoya, Masche, Song, Tello, Villa et Alexis pour accompagner les habituels VV, Shakiro, Dani, Iniesta et Leo. Une équipe mi-bis mi-raisin suffisante pour recevoir un Séville moribond et se présentant au Nou sans aucune véhémence offensive.
 
Malheureusement, ni les habitués de la pelouse ni ceux du banc n’arrivent à animer le jeu. L’apathie des tribunes semble resurgir sur les joueurs présents sur le pré, à moins que ce ne soit l’inverse. Les incursions d’Alves ne trouvent pas forcément preneur, alors que Messi et Iniesta semblent aphones. Pire, Leo gâche trois coups francs à sa portée en face de la cage de Beto. Et comme souvent en ce moment, l’inefficacité défensive va concurrencer les difficultés offensives. Fébriles jusque là, les Sévillans vont ouvrir le score sur l’unique semi-occasion qu’ils vont se procurer en première période. Botía, ancien pensionnaire blaugrana, devance Alves et vient crucifier le Double V. On notera que comme lors des dernières rencontres, Alves compense un regain d'à propos offensif par une implication coupable sur les buts adverses.
Cruel et pourtant vrai. Le Barça vient de prendre encore un but, comme lors des six derniers matchs liguesques. Le but andalou glace le sang de tout le public, qui ne demandait pourtant qu’à se réchauffer.

 
Le début de seconde période va lui en donner l’occasion. Entré à la pause, Tello sonne la révolte culé. Ses enchainements font souffrir Coke, son vis-à-vis fort en caféine. Pourtant, c’est de l’autre côté que va venir la délivrance. Sur un énième débordement, Dani trouve Villa qui signe une copie soignée et conforme à l’ouverture du score sévillane. Mais c’est bien le jeune tatoué qui va offrir la décision à Messi. Après un long une-deux, Leo se retrouve au point de pénalty où il prend tout loisir d’attendre pour crucifier Beto et ses compères de la défense. En un quart d’heure, les barcelonais ont fait sauter de joie les spectateurs et retourné un match bien mal embarqué.
 
Le Barça va pourtant vite retomber dans ses travers et accentuer les sueurs déjà froides de ses socios. Le Double V doit même s’employer pour parer les frappes de Manu del Moral et sauver la maison blaugrana. Jordi décide alors de densifier son milieu en rentrant Busi et Xavi à la place d’Iniesta et Villa (Standing Ovation du Nou !) pour garder le ballon et l’avantage au score. Une opération qui fonctionne à merveille et qui manque même d’offrir un dernier but à l’assistance, sans le manque de précision de Tello.
 
Le Barça conclut une semaine cauchemardesque par une victoire à la piaule. Pourtant, pas de quoi se rassurer avec cette prestation en demi-teinte. Le doute le plus grand s’installe sur Messi qui, malgré son but décisif, parait n’être que l’ombre de lui-même.
 
On passe à la notation :

LE CLIENT
Dés débordements à outrance, dont celui qui amène l’égalisation. Du bon Dani, qui emporte la palme malgré un duel perdu de la tête face à Botia sur le but.
Nominés : Tello a amené la vivacité et l’audace qui ont cruellement manqués en première. Villa a planté un but important et peut-être marqué des points en vue des matches importants à venir.
 
LE BIALES
Eteint quasiment tout le match et affichant une fébrilité effrayante sur les coups de pied arrêtés, Messi a tout de même trouvé les ressources pour construire et marquer le but de la victoire.
Nominés : Iniesta et Song, Piqué et Masch, les paires ont fait leur match, sans étincelle particulière. Idem pour Valdes, un but pris pour un arrêt, ratio (trop faible) habituel.
 
LE CASPER
Alors qu’il n’avait pas grand-chose à faire défensivement, Montoya n’a été que le fantôme de Jordi Alba en attaque. On attend encore son premier dédoublement pour aider son ailier.
 
LE CAGOLIN
En une mi-temps, Alexis a montré à Roura qu’il serait surement meilleur sur le banc.

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