Chute libre

Pour ce qui devient une très inquiétante habitude, le Barça a fait grimper un peu plus l’inquiétude de ses supporters, en allant s’incliner sur la pelouse livide de Santiago, face à l’équipe A’ du Madrid. Impensable début février, la série en cours fait état de trois défaites sur les quatre dernières rencontres, dont deux consécutives face au Royal, et croule sous le poids de la logique.  

Sale semaine. Sale mois… Sale saison ?

Imbriqué dans le calendrier au beau milieu de compétitions, Lana Del Rey et Champions, encore ouvertes à tout pronostic, ce Clasico de championnat ne pesait pas distinctement par son enjeu arithmétique.

Pour le Barça, il était surtout question d’honneur après la défaite copera et de remise en confiance avant la réception du Milan. Du côté madrilène, la tête était déjà à Manchester où le Real tentera de ne pas réduire sa fin de saison en une confrontation copera et liguera contre son voisin matelassier. Pour garder des forces, le Madrid présentait une équipe mixte, illustrée par la présence de Cristiano sur le banc au coup d’envoi, et qui ne risquait donc pas, même en cas de défaite, de perdre la face.

Plus qu’une énième et vaine prise de distance avec son rival dans la course au titre, dont l’issue n’a pas besoin de s’abriter à l’ombre d’un doute, les Catalans se devaient de prendre rendez-vous avec leur jeu. Et avec leur invincibilité, si possible. Tout ça dans l’optique d’arriver face à Milan, seul objectif encore stimulant, avec une confiance retrouvée. Mais il n’en a rien été. Aussi incroyable que cela puisse paraître, voir évoluer le Barça est depuis quatre matches devenu une souffrance, qui fait certainement moins mal qu’un tacle de Valentin Eysseric, mais quand même.

 

Si en face, José avait fait tourner, Jordi Roura n’avait lui pas d’impératif de repos pour ses ouailles, puisque son rendez-vous avec l’Europe n’est prévu que pour le mardi en huit. Un seul changement par ligne au coup d’envoi, la Masche derrière, la Thiague au milieu et la Ville devant.

Toutefois, Mourinho n’a pas concocté une équipe B. Certes, le quatuor offensif composé de Callejon, Kaka, Morata et Benzema est inédit, mais la défense est solide. Essien et Coentraõ entourent la paire Ramos- Varane, renforcée par le doble pivote Pepe-Modric.

 

Le soleil inonde le Bernabeu pour ce Clasico à une heure avancée de la journée, souhaitée par José pour mieux préparer son duel avec Sir Alex. Un sentiment de vacances estivales semblablement bien assimilé par Alves et Masche qui laissent Morata centrer et Benzema ouvrir le score dès la 5ème minute de jeu. Question clean sheet, vous repasserez.

Menés au score, les Barcelonais se voient laisser le contrôle du ballon. Avec 71% de possession, le terme de domination stérile n’aura jamais été aussi bien personnifié. Les Blaugrana n’arrivent pas à accélérer le rythme et à se trouver entre les lignes regroupées devant la surface de Diego Lopez.

 

Les Barcelonais tentent en vain de faire sortir leurs adversaires pour mieux les contrer. Messi et Iniesta se voient même contraints de se faire une passe à 10 aux 40 mètres pour happer leurs rivaux, sans grande réussite. Ils le savent, la solution est là, dans le jeu derrière la défense. Dani et Messi l’ont bien compris. Le premier lance le second qui se joue de Ramos et conclut d’une frappe au ras du poteau de Lopez. Circonscrit dans la « cage » formée par les défenseurs madrilènes, Leo aura prouvé qu’il est encore Leo lorsqu’on lui laisse un tantinet soit peu d’espace. Ce qui confirme la volonté de Mou et d’Allegri de vouloir étouffer D10S coûte que coûte.

 

Entre une équipe merengue attentiste et des culés peu inspirés, le match tombe dans l’insipide. Bien loin du rythme effréné des deux rencontres coperas. Après la pause, la rencontre vire dans un combat acharné, où les coups des uns laissent place à l’exagération des autres pour un triste spectacle. A ce petit jeu, où Pepe excelle, le Barça est étouffé. Et l’inspiration manquante ces derniers temps semble encore dans les cartons.

 

De l’autre côté, la rentrée de CR7 à l’heure de jeu ravive les ardeurs madrilènes. L’ultragominé pèse sur le jeu mais le Real se crée peu d’occasions franches. Le Double V doit tout de même s’imposer devant Morata et sur un coup-franc lointain de CriCri. Avant de s’incliner sur une tête de Ramos, pour une copie conforme du but de Varane mardi, y compris dans le marquage leste de Piqué. Mais peut-on vraiment lui reprocher d'être battu par d'excellents joueurs de tête lancés quand lui est forcément à l'arrêt au moment d'enclencher sa détente ?

 

La barre de VV maintient le suspense en repoussant un autre coup-franc de CR7. Une aubaine saisie par les Barcelonais pour jeter leurs dernières forces dans l’assaut de la cage blanche. Sur une ultime tentative, Adriano combine avec Alexis et heurte la jambe que Ramos a laissé trainer par là. L’exagération simulatrice du Brésilien pousse Perez Lasa à s’abstenir de tout coup de sifflet, alors que le contact est bien réel.

 

La rage de l’impuissance ressort alors des gorges barcelonaises. Iniesta et consorts s’égosillent sur l’arbitre alors que le match se termine. Bientôt rejoint par le Double V qui reproche vivement au référé des les avoir arnaqué. Une colère, attisé par les trois situations litigieuses de la semaine où le Barça aurait pu se voir accorder un pénalty. Une réaction surtout nourrie par la deuxième défaite de la semaine face à l’ennemi juré.

 

Le moral en berne, on passe quand même à la notation.

 

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Le Client :

Valdes, a fait les arrêts qu’il fallait, avant de péter les plombs.

 

Le Biales :

Deux ballons exploitables, deux occasions et un but. Le sauveur existe encore mais ne peut pas faire plus avec si peu de ballons.

Nominés : Alba, présent dans les duels et en attaque. Alves, inexistant derrière et bon devant, avec l’assist pour Leo. Pourquoi ne pas lui confier le poste de Pedro et laisser Adriano prendre sa place derrière ?

 

Le Casper :

Iniesta a touché une farandole de ballon en première période, sans dynamiser le jeu avant de purement disparaitre en seconde.

 

Le Cagolin :

David Villa, réclamé à corps et à cris par les socios, n’a pas su concrétiser les bons ballons qu’on lui a donné.

Nominés : Piqué et Masch, fébriles et fautifs sur les buts. Busquets, qui a perdu son match contre Pepe. Thiago, dont les contrôles fantaisistes auraient pu couter cher.

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