Le bras droit est-il gauche ?

C’est un cliché qui n’en finit plus de sauter aux yeux. Plus le jeu et les résultats du Barça s’éloignent des standards qu’on lui connaît, plus les caméras de bord de terrain viennent s’apitoyer sur la mine déconfite de Jordi Roura. Parachuté là par les pépins cancéreux de son n+1, Roura n’a en tout état de cause pas la carrure pour la fonction. Les incertitudes quand à l’avenir de Vilanova méritent forcément d’imposer la question, sinon de son remplacement, au moins de lui trouver un véritable adjoint, capable de prendre l’équipe en main au besoin.

 

Tagada, Tagada, c'est Jordi Roura...
Tagada, Tagada, c'est Jordi Roura...

 

Il y a eu Guardiola. Le maestro, épaulé par un second de haut vol qui s’est par la suite révélé du même tonneau, même s’il est encore tôt, ne serait-ce qu’au niveau palmarès, pour affirmer que Tito est aussi fort, voire plus, ou moins, que Pep.

Il y a eu Vilanova, sa réussite immédiate et spectaculaire dans le costume du successeur. Et aujourd’hui, il y a l’absence de Vilanova, plus que la présence de Roura.

Loin de nous (quoique, en fait) l’envie d’accabler Roura et son body language de mec qui est là et qui subit les évènements comme un lambda, avec cependant un siège privilégié, un peu plus près que les autres de la piste aux artistes. On ne doute pas de la loyauté de Jordi, qui a l’air droit et dévoué. Mais voilà, si vous n’auriez aucune crainte à lui confier le camion balai pour aller récupérer vos mioches à la sortie du collège, vous ne lui abandonneriez certainement pas le management de la stratégie commerciale de votre flamboyante PME à la croissance époustouflante, véritable météorite sur le marché pourtant féroce des nanotechnologies médico-rénales. Alors imaginez lui laisser les clés de la machine footballeuse la mieux huilée jamais vue depuis une bonne vingtaine d’année... C’est pourtant ce qui est en train de se passer, et le barcelonisme dans son ensemble tremble à l’idée de quitter la route, direction le mur.

 

Pour être parfaitement honnête, il est un peu trop facile d’imputer au seul Roura le trou d’air actuel. Il n’est pas directement responsable des méformes des joueurs cadres, et Vilanova connaîtrait peut-être les mêmes difficultés pour relever son groupe.

Mais il y a peu de chance que le charisme de bilboquet en liège qu’affiche Roura, sur le banc ou en conf’ de presse, se transforme une fois dans le vestiaire en leadership transi de guru mystique. Dans sa zone technique, son influence ne va pas chercher beaucoup plus loin que la transmission de consignes arrivées depuis New York par texto ou l’encouragement impreigné d’impuissance de ses troupes, à coups de « Vamos Chicos » balancés faute de mieux avec quelques frappements de mains. Ce qui nous laisse penser que le groupe ne progresse plus tactiquement, et n’est pas piloté à sa tête par un amiral capable de lui faire comprendre et désamorcer les problématiques de jeu actuelles. On serait prêt à parier (pas la maison bien sûr, mais le garage au moins…) que les dirigeants de L’Hospitalet, qui n’ont pas employé Roura comme head coach, en 3ème division, plus d’une saison, ne sont pas profondément étonnés de la situation…

 

Notre fiel venant de copieusement se déverser sur ce pauvre Jordi, que l’on ne voulait pas accabler mais qui repart avec une belle couche quand même, place désormais à un éventail de solutions pour lui éviter de porter trop longtemps le fardeau qu’est pour lui la charge de l’équipe première blaugrana.

D’après diverses informations, la direction du club aurait sondé les cadres du vestiaire dans l’optique du « recrutement » d’un coach intérimaire dans l’attente du retour de Vilanova. Pour une fin de non recevoir ferme et définitive, alors que le nom d’Eusebio Sacristan, patron de l’équipe B, avait circulé.

Ce ne sera pas Eusebio, donc. Ce ne seront pas non plus Guy Lacombe, Pablo Correia, Jean-Guy Walleme ou Roberto Di Matteo, entraîneurs libres aux palmarès divergents. Diego Maradona, qui dit rêver du banc Barcelonais, et Raymond Domenech, catalan d’origine, auraient pu entrer dans le giron de la rumeur s’ils n’étaient pas actuellement en bagarre à distance pour le poste non moins convoité de technicien en chef du Montpellier Herault de Loulou « cassoulet au ptit’ dej’ » Nicollin.

 

C’est acté, les choses resteront en l’état d’ici au retour de Tito, prévu pour avril. D’ici là, le Barça sera peut-être déjà éliminé de la Champions et, champion encore officieux mais sans suspense, se débattra dans une fin de saison totalement démobilisée avec risque important d’implosion de vestiaire. Ce qui ne semble pas faire sourciller l’ami Sandro, qui vient d’affirmer que, lui président (tiens, ça sonne comme un air connu…), Tito garderait les rênes de l’équipe.

Ce qui nous inquiète, visionnaires de l’anticipation que nous tentons de devenir, c’est la pérennité de la situation. Comme déjà expérimenté avec Vilanova himself, avec Abidal, ou comme tout un chacun l’a forcément vécu de près ou de loin avec un proche ou une connaissance touchée par cette saloperie de cancer, la guérison du jour n’est jamais qu’un répit avant la rechute du surlendemain.

Tito reconduit sur le long terme à la tête de l’équipe, tous les culés ou presque approuvent, mais quid si en 2013-2014 la maladie l’éloigne à nouveau plusieurs mois du banc de touche ? Dans cette hypothèse, tout sauf farfelue, une refonte du staff et de la haute hiérarchie subTitienne serait bienvenue à l’ordre du jour.

A la recherche de l’adjoint star… Le profil recherché est assurément très (trop ?) proche de l’adjoint que Vilanova était pour Guardiola. Pointu, compétent, charismatique mais enclin à rester dans l’ombre. Un n°1 qui reste volontiers dans la peau du n°2. Le marché des entraîneurs adjoints ainsi que les ressources internes du club ayant des secrets qui nous sont inconnus, c’est à la direction de Rosell d’identifier la perle rare. Et d’acter le choix de poursuivre avec la philosophie maison, ou d’aller chercher un regard extérieur pour analyser et solutionner les problèmes du moment.

A moins que la fragilité de la situation de Tito ne rende le poste attrayant pour un autre coach. On est en droit d’y voir un opportunisme nauséabond, mais devenir le second de Vilanova s’apparenterait plutôt à devenir un n°1 bis, prompt à palper du gouvernail en cas de quarantaine forcée du capitaine. Si personne ne le souhaite évidemment, une aggravation de la maladie reste du domaine de l’envisageable, et pourrait le contraindre à se mettre définitivement en retrait. Dès lors, le lieutenant serait en première ligne pour la relève.

On pense évidemment à Luis Enrique, qui a le double avantage d’être libre et du sérail. Après être sorti de l’ombre de l’équipe B pour prendre les clés de la Roma, pour une expérience qui a sans doute rafraichit ses partisans pour le banc culé, on imagine mal le bonhomme redescendre d’un échelon, troquer le costume cintré pour le survêt mal taillé. Mais, encore une fois, vu la précarité de la condition de l’entraîneur en chef, le poste pourraît bien se révéler être plus qu’un adjoint

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