Ketchup Rayo

Liga BBVA, 28ème journée: FC Barcelone - Rayo Vallecano : 3 - 1

Buteurs: Villa (25'), Messi (40', 57') - Tamudo (70')

Dans la continuité de la nuit de mardi, le baromètre affichait toujours l’offensive dimanche pour la réception du Rayo Vallecano, dans un match où les préoccupations premières n’étaient pas foncièrement défensives. Du jeu, des espaces, des occases, pour une nouvelle soirée sourire, avec une victoire qui consolide le matelas en tête du classement.

Alors que l’heure de replonger dans la Liga approche à grands mouvements d’horloge, en cette fin de dimanche après-midi, la musique de la Champions League rythme toujours le pas des supporters Barcelonais. Comme une nuit multi-orgasmique mettant fin à des mois de désert affectif, la Remuntada face à Milan a rapatrié les sourires sur les visages, accompagnés d’une forme de légèreté joyeusement niaise qui vous donne l’impression de marcher sur l’eau pendant quelques jours. Un sentiment de plénitude entretenu par les déferlantes vidéorediffusées à longueur de journées dans les médias, dont vous vous êtes certainement gavés, les bras levés sur votre sofa fatigué, avant de ponctuer dans un élan de soulagement épanoui : « Putain, qu’est ce que c’est bon ! ».

La Coupe aux grandes Esgourdes accapare évidemment tous les esprits, mais la victoire des Meringues samedi vient rappeler les Blaugrana à leur devoir domestique. Pour ce qui devait être le dernier match sous la responsabilité directe de Roura, les roulements étaient encore de mise dans le onze titulaire, en partie assujettis à la suspension de Valdes, aux soucis musculaires de X6 et à l’opération surprise de Puyol vendredi, une arthroscopie qui devrait lui octroyer un bon mois de vacances. Devant Pinto, à sa place dans les buts pour encore deux matches, le co-coach fortement mentonné prend le risque d’aligner sa paire Piqué-Masche, au détriment d’un Bartra qui mendie pourtant du temps de jeu comme des piécettes au feu rouge. Sur les côtés, Adriano est choisi comme pendant de Jordi Alba. Cesc et Faudel s’octroient les strapontins tournants, aux côtés des duos d’intouchables Busi-Iniesta et Villa-Messi.

 

 

On pouvait s’attendre au pire pour ce Barça-Rayo, une retombée de soufflet sur des salsifis vapeur après le caviar à la louche de milieu de semaine. Mais non. Il restait du champagne, encore pétillant, dans les fonds de bouteille, pour nous offrir un spectacle en forme de publicité pour le foot. Une ode au jeu assez éloignée du contenu édifiant du Toulouse-Bordeaux de l’après-midi, qui avait de quoi laisser perplexe sur quelques fondements de la physique moderne. Si la Nature a horreur du vide, que faisait-elle pendant ce derby de la Garonne ? Rayon perplexité et image ternie du ballon rond, on notera également l’inspiré happening de Giorgos Katidis, dont les références sont sensiblement différentes des valeurs du rugby

Pour revenir à des considérations plus réjouissantes, honneur doit être rendu à la fière troupe de Vallecas, venue au Nou comme personne avant elle, pour imposer son toque autour du rond central et tenter de jouer dans le camp adverse. La  pelouse de l’Estadi se transforme en prairie des grands espaces, offrant au Barça des voies royales en contre assez peu coutumières. Faire l’inventaire complet de la kyrielle d’occasions de but de la soirée serait à la fois illusoire et interminable, mais on est en droit de se souvenir qu’au bout de 2 minutes, servi face au but vide par un exter subtil de Fabregas, Leo Messi a bafoué l’immanquable, au prix d’un contrôle superflu et de la première de ses 37 glissades de la soirée. Si, peu après, la finesse de son coup-franc n’a trouvé comme écho que la rigidité de la transversale, la suite des évènements se révèlera conforme à sa légende. Epique.

 

Bousculé au milieu, où il souffre comme rarement face à l’audace et la virtuosité technique des Vallecanos, le FCB n’est inquiété que partiellement, sur des frappes lointaines. Busquets et Fabregas, notamment, alternent dribbles majuscules et pertes de balles de U11, et la maîtrise dans l’entrejeu souffre de la comparaison avec les standards du lieu. Si tout schéma de jeu sera désormais décortiqué sous le prisme Paris-Saint-Germain, tout porte à croire que ce match contre le Rayo sera totalement dénué d’enseignements. S’ils sont un tant soit peu sensibles à la chose tactique, les émissaires parisiens auront noté la propension catalane à profiter des espaces, et n’inciteront certainement pas Ancelotti à chercher à jouer dans le camp Barcelonais. Sans être une souris curieuse dans les vestiaires du Camp des Loges, on ose imaginer que partir à l’abordage n’est de toute façon pas l’option n°1 dans les plans de Don Carlo…

Il aura certainement sauté aux yeux des observateurs, outre la nouvelle couleur de cheveux raffinée à souhait de Dani « Korben Dallas » Alves, la connivence outrancière qui anime actuellement le couple Messi-Villa. Longtemps montrée d’un doigt accusateur, la relation entre la Pulga et El Guaje a rarement atteint les sommets de complicité affichés ces temps-ci. Une symbiose qui a littérallement fait exploser l’arrière-train madrilène. Le danger est clairement identifié, et se trouve sûrement souligné de trois traits rouges de stylo Mont-Blanc dans les calepins Moleskine franciliens (car le PSG a aujourd’hui un standing supérieur au simple stabilotage de carnets à spirale Super Conquérant).

Mais il y a peu de chances que, dans deux semaines, Paris se fasse surprendre par des chevauchées comme celles qui ont déchiré la défense du Rayo. Peu de chances que Messi, auteur d’un bridge en une touche sur la ligne médiane, une boucherie d’élégance, dispose de 30 mètres de liberté devant lui pour aller fixer et décaler Villa, qui n’aura plus qu’à fignoler le boulot d’un plat du pied convaincu. L’Asturien ayant le sens du remerciement, il renvoit doublement la pareille à son partenaire argentin. Une première fois pour une frappe instantanée qui tutoie le plexus de Ruben avant de rentrer. Puis, en début de seconde, Leo ira enterriner le succès des siens d’une balle piquée au bout d’une rush de 35 mètres avalé avec une vélocité sur laquelle Christophe Lemaître ne cracherait pas actuellement (sauf s’il parle). L’occasion de rappeler la prophétie de Vilanova, qui annonçait au plus fort de la période de scepticisme entourant Villa, qu’il serait celui qui ferait la différence dans la dernière ligne droite de la saison.

 

Avec une abnégation confondante, dont on ne sait vraiment si elle confine à la conviction en ses principes, à l’entêtement ou carrément au masochisme, le Rayo semble d’autant plus attaquer que l’addition se corse. Si le danger n’avait d’autres contours que les frappes alambiquées de Piti, l’entrée de Tamudo va radicaliser l’approche de la surface pour les banlieusards Madrilènes. A peine auréolé d’un comité d’accueil empreint de chaleur humaine comme il sied aux joueurs ayant un passé perico, le haï public n°1 de l’Estadi profite de sa première minute passée sur la pelouse pour se jeter dans les 6 mètres et pousser au fond un centre puissant au cordeau. Comme un résumé du contenu moyennement cohérent de cette seconde mi-temps, le ballon ping-pongue d’une surface à l’autre, avec une paire d’arrêts de Pinto ainsi que des léchouillages de petit filets, auxquels répondent deux montants touchés par Alves, deux gros gâchis d’Alexis, ou des coups de rein de Messi qui lui font tutoyer le triplé. C’est d’ailleurs sur une ultime accélération de D10S, conclue d’une pichenette d’un cheveu trop aérienne, que le match se termine. Comme il a commencé. Par un sourire.

 

Place à la notation synchronisée (comment se fait-il qu’on ne l’aie pas encore faite, celle là ?).

 

                       ---------------------------------------------------------------------------------

 

Le CLIENT

 

Une fois n’est pas coutume, le trophée est partagé, puisque c’est le duo Villa-Messi qui l’emporte. Dans tous les bons coups, notamment à la passe et à la finition sur les 3 buts. Que demande le peuple ?

Nominés dans la catégorie : Le Rayo, pour sa volonté de jouer de tous les instants, en dépit de quelques brins dont on se serait passé (mais que Brandao juge légers, de toute façon). Très bonne entrée d’Alves, qui n’est jamais aussi bon que quand il ne défend pas. Pris sur le but, Pinto a fait du Pinto, solide dans un style pas nécessairement académique. En l’absence de Xavi, Iniesta troque son costume d’accélarateur pour celui de maître du tempo. Avec un minimum de déchet.

 

Le BIALES

 

Alternance de très bon et de grotesque, Alexis reste énigmatique. On sent un réel mieux, mais il reste des stygmates du mec en sous-confiance.

Nominés dans la catégorie : Pas aidés par leur milieu de terrain plutôt poreux, Piqué et Masch s’en sont plutôt bien sortis, malgré une fin de match moins nette. Sensiblement le même constat pour Alba, présent défensivement mais parfois brouillon en attaque.

 

Le CASPER

 

Dans le dur, Fabregas a encore laissé passé une chance de briller au milieu. Quelques gestes exceptionnels, nivellés par le bas par des mauvais choix et des ballons bêtement perdus.

 

Le CAGOLIN

 

Une peluche sévère cette semaine. C’est Busquets qui récolte, lui qui, contrairement aux habitudes, a souvent cherché le ballon des yeux dans les jeux en triangle Vallecanos. Une utilisation inégale du ballon ; des rateaux dans les 30 mètres qui font lever la foule, puis des gonfles rendues à l’adversaire dès la première passe. Vu son match de Milan, on lui pardonne allègrement.

Nominé : Adriano, dont la déchirure, avec 4 à 6 semaines out à la clé, n’arrangent pas vraiment les perspectives du secteur défensif qui vient de perdre Puyol. Adriano qui avait la particularité, en plus de s'appeler comme le Bachelor, de pouvoir jouer à droite, à gauche, dans l’axe…

 

Écrire commentaire

Commentaires: 0

Vous aimez le style

de Blograna.com,

n'hésitez pas à

cliquer sur "J'aime"!

Un autre football est possible. Près de chez vous.

Si vous aimez Blograna.com, vous aller vous régaler sur Alterfoot.com

Passer le mot autour de vous....