PSG-Barça : Le PaninHistorique (1982)

1982 PSG 1-4 Barça

Buts : Quini, Maradona, Alonso, Moran

 

Cinq ans plus tard, nous sommes en 1982. Jusqu’ici tout va bien. 

Un match amical se déroule un 13 novembre, soit, ce qui explique qu’en ces temps anciens, novembre n’était pas le siège des poules de la Ligue des Champions (ce qui croule sous la logique puisqu’alors la Coupe des Clubs Champions, qui comme son nom l’indique regroupait dans un élan hautain d’appartenance à un cercle exclusif les clubs champions dans leur pays, démarrait dès les 32ème de finale par élimination aller-retour). Pas de coupe d’Europe, donc, pas de matches internationaux pour les équipes nationales, et pas de crise de novembre au PSG, ce qui est assez rare pour être souligné. Le club de la capitale, où Francis Borelli trône dans le fauteuil présidentiel laissé vacant par Daniel Hechter, reparti dessiner des cravates (et défendre sa vision de l’organisation de la billetterie devant M. le Juge), surfe sur une dynamique qui l’amènera à soulever en fin de saison la Coupe de France, et n’a guère comme souci que la validation de licence de sa recrue Safet Susic, transféré du FK Sarajevo, qui attendra les fêtes de fin d’année pour faire rêver les supporters parisiens.

 

 

L’effectif pro du Paris-Saint-Germain, maculé d’internationaux, est parfaitement équilibré puisque l’on dénombre 9 défenseurs, 8 attaquants pour 4 milieux de terrains… Dans les buts, Dominique Baratelli, n°1 en équipe de France devant Jean-Paul Bertrand-Demanes (il fallait que je le place, patronyme préfére de l’histoire du sport Français…), symbolise la tendance des gardiens à nom italien/corse dans le foot hexagonal, rapport à ses compères Castaneda ou Ettori, pourtant plus drus de la nuque et de la stache. Une tendance qui, par la suite, ne permettra que rarement de percer jusque sous le maillot bleu (Letizi, Porato, Bracigliano).

En ce début des années 80, la superbe des Verts confine à son crépuscule, et deux de ses anciens pensionnaires, les Domi-Domi, Bathenay et Rocheteau, ont quitté les cercles select et tape-à-l’œil du Forez pour venir se morfondre dans le néant de la campagne parisienne. A moins que ça ne soit le contraire… Toujours est-il que l’Ange Vert n’a plus lieu d’être, Rocheteau est venu trouver à Paname le poste de centre-avant que lui bouchait Hervé Revelli à Geoffroy-Guichard. Ce qui laisse rêveur…

Pour tenir la baraque de cette équipe assez effeuillée du milieu, ce qui lui faisait au moins un point commun avec le crâne de d’Attilio Lombardo, les Parisiens pouvaient compter sur Jean-Claude Lemoult, certainement un des pères spirituels de François Hollande, un mec qui dans sa vie a dû, ici et là, souffrir de railleries graveleuses plus souvent qu’à son tour (oui, « plus souvent qu’à son tour », article sur 1982, vocabulaire et expressions de 1982). A ses côtés, un jeune jouor qui a de la qualité, bientôt appelé en équipe de France. Un certain Luis Fernandez, milieu relayor qui  déjà, en interview d’après-match, avouait être «  un jouor qui cherche, qui propose, qui donne, qui essaye à chercher, à proposer, à donner, et voilà. Allez HOP !!!!!!!! On y va ». Bref, c’était il y a 30 ans, mais on sentait déjà l’homme de radio…

 

Côté Barcelonais, si l’on laisse de côté les patronymes espagnols tellement clichés que c’en est presque une blague (Sanchez, Manolo, Alonso…), on retrouve des anciens de 77 sur la pelouse, notamment Artola dans les cages, et la finesse légendaire de Migueli en défense, associé à Juan Ramon Alexanko. Une paire de centraux historiques du club, avec le Hervé Villard basque, qui 10 ans plus tard soulèvera à Wembley la première Champions de l’histoire Blaugrana.

Du lourd également au milieu de terrain, où rayonne Berndt Schuster, le grand blond avec des chaussures noires, obligé de se laisser pousser la moustache et le brushing pour éviter d’être confondu avec Pierre Richard dans les rues de Barcelone. A sa gauche, un peu à l’étroit dans son short moulant satiné en mauvais polyamide, une jeune argentin fraîchement arrivé de Boca Juniors, Diego M. n°10 dans le dos, Pibe de Oro de son état, galope de crochets courts en feintes de corps. Il ne sait pas encore que dans quelques semaines, il va croiser la route d’Andoni Goikotxea. Puis peu après celle des chirurgiens, et enfin, pendant un long moment, celle du kiné en rééducation. Avant cet épisode, Diego aura eu le temps de claquer Porte d’Auteuil. Un but qu’il a certainement arrosé toute la nuit, jéroboam au goulot, profitant de sa présence à Paris pour se faire un avis sur la réputation nocturne des Champs-Elysées.

Titulaire en attaque, Quini y est allé de l’ouverture du score, tout comme son partenaire Moran, buteur lui aussi avant de réussir, trois décennies plus tard, une reconversion remarquée comme juré de la Nouvelle Star. Last but not least, on soulignera l’entrée en jeu de Francisco « Lobo » Carrasco, rare joueur à avoir brillé au Barça pour plus tard signer au FC Sochaux. Il fut un temps où les automobiles Peugeot étaient autrement plus attractives qu’en 2013…

Pour cet amistoso automnal, le FCB étrille le PSG au Parc 4-1. Un résultat que l’on n’ose même pas fantasmer pour le 2 avril…

 

Un merci tout particulier à Olivier, pour son aide Bible-y-ographique, qui a rendu possible ce voyage dans le temps…

 

 

Retrouvez également la suite du PaninHistorique

Amical 1977

Ligue des Champions 1995

Finale Coupe des Coupes 1997

 

 

Écrire commentaire

Commentaires: 1
  • #1

    blograna (mercredi, 27 mars 2013 21:20)

    Oublié dans l'article, mais vous l'aurez certainement rectifié de vous-même : c'est M. Karl Heinz Tritschler qui arbitrait.
    En 82, l'aribtre n'était pas "Allemand", il était "Allemand de l'Ouest"...

Vous aimez le style

de Blograna.com,

n'hésitez pas à

cliquer sur "J'aime"!

Un autre football est possible. Près de chez vous.

Si vous aimez Blograna.com, vous aller vous régaler sur Alterfoot.com

Passer le mot autour de vous....