PSG-Barça : Ascenseurs émotionnels

Paris-Saint-Germain 2-2 FC Barcelone (Parc des Princes - 1/4 Finale Champions)

Buteurs : Messi (37'), Ibrahimovic (80'), Xavi (sp 89'), Matuidi (94')

De marbre. Attitude calquée sur celle de Leo Messi, de glace le long de la touche dans sa doudoune rembourée, l'aficion culé est restée un moment abasourdie après l'égalisation de Matuidi en fin de match. La vision de Valdes, plié en deux, le bras droit vainement tendu vers un ballon qui franchit péniblement la ligne, est difficile à encaisser. Dernier arrêt des allées et venues verticales au fond de l'émoi, arpenté pendant les quatre-vingt-dix minutes, et la poignée de secondes supplémentaires, de trop, qui ont suivi. A quelques niveaux sous le palier où le pénalty de Xavi nous avait perchés.

Etage 0 : Préparation

 

Bien avant le tumulte des dernières minutes, une longue semaine avait précédé ce Qatar de Finale. Sept jours après le France-Espagne où les unes françaises et catalanes n’avaient cessé de monter crescendo pour annoncer le match.

Côté français, les lumières étaient tournées vers Zlatan., ce qui est assez rare pour être signalé... Bien que tartiné dans les médias depuis des mois, c'est l'UEFA et sa décision inédite de revenir sur la suspension du Suédois qui a accentué le zoom sur Ibra.

De l’autre côté des Pyrénées, la star n’était ni argentine ni albinos, mais portait un bonnet. Si vous avez un « Qui est-ce ? » sous la main, je vous laisse faire tomber les faciès rougeaux des personnages. Le nom qui ressortait dans la presse était celui qui avait manqué au Barça ces derniers temps à cause d’un fichu cancer. Sur le plateau, il vous reste deux figurines. Ce matin, Mundo Deportivo titrait un fort juste « Avec Tito, nous sommes plus fort ». Enfin, après de longs mois, Vilanova est revenu du Nouveau Continent pour reprendre les rênes.

Son match de reprise coincidait avec le retour de la bienséance vestimentaire sur le banc Barcelonais, dernièrement mise à mal par Roura et son survêt de prof d'EPS non syndiqué. Le mister n’avait pas pléthore de joueurs pour créer la surprise dans son onze. Le Double V était bien sur présent. Tout comme Dani, Masche, Piqué et Alba, seuls défenseurs d’expérience sur pieds. La composition du milieu non plus ne laissait aucune surprise avec le trio classique. En l’absence de Pedro, Villa, Alexis et Tello étaient en concurrence pour seconder Leo. Pourtant décisif samedi, c’est le plus jeune des trois qui va s’asseoir sur le banc quand l’hymne résonne. D'entrée, on retrouve une configuration proche du quasi 3-4-3 de la Remuntada, avec Alexis à gauche, Villa dans l'axe devant Messi, et Dani très haut sur l'aile droite. Ce dont Greg Margotton et Francky La Sauze ont semblé s'étonner...

 

Sous-sol, niveau -1 : La peur

 

La douce musique passée, les Parisiens rentrent tambour battant dans la partie. Visiblement, ils ont peu ou prou reçu les mêmes consignes que les joueurs de Deschamps la semaine passée. Attaquer fort d’entrer pour faire douter le collectif barcelonais.

Pour les moins préparés d’entre nous, l’AVC n’est pas loin dès la quatrième minute. Le poteau droit de Valdès repousse la tentative de Lavezzi (ou le pointu de Busquets ?) et sauve certains de l’encéphalogramme plat. Mais le PSG ne laisse aucun répit. Son pressing haut lui permet une possession de balle qu’on aurait pariée plus faible.

Pire, de l’autre côté, les Barcelonais sont contrecarrés par une défense en béton armé. Messi, apparemment en forme, se heurte sur le mur Thiago Silva, bien décidé à faire mentir Joey Barton, qui l’a twittement insulté de gros plus tôt dans l’après-midi, avant de sombrer depuis, via le même support, dans un ridicule dégoulinant de la bêtise la plus crasse.

 

Etage 2 : L’éclair des génies

 

Au bout de deux frappes rasantes, ni Pastore ni Ibra ne vont réussir à concrétiser le bon début francilien. Et Iniesta va même lancer un froid dans les travées du Parc. Sa frappe, enrobant le montant, vient rappeler que le Barça peut être dangereux à tout moment et vient étayer la théorie d'un Paris qui aurait laissé passer sa chance.

D’un coup, le rythme baisse et le Barça relance sa machine habituelle. La possession redevient blaugrana, ou tequila-sunrise plus exactement. Il ne suffira que d’une autre occasion pour faire chavirer les culés, via deux gestes de grande classe. L’extérieur magistral de Dani trouve Leo au coin des 6 mètres, qui crucifie Sirigu dans l'angle fermé. Deux touches divines et l’ouverture du score. Messi manque même de porter l’estocade juste après, au terme d'un rush à sa sauce devant Silva, mais la gonfle s’envole à peine trop haut. Dommage, le hold-up était tout près, mais l’opération est déjà belle à la mi-temps pour un Barça pas malheureux au tableau d'affichage.

 

 

Etage 1 : Entre calme et inquiétudes

 

La grimace de Messi après l’action ne laisse rien entrevoir de bon. Là où l'on pensait lire la frustration de l’occasion ratée, l'on devait en réalité déchiffrer la moue du blessé. Les dents serrées, la main portée sur le biceps fémoral. La position n’est que trop connue dans les rangs du Barça pour laisser indifférent. Leo finit la première mi-temps sans bouger, espérant que le repos fasse passer la douleur. Il n’en est rien. Après les quinze minutes d’interruption, c’est Cesc qui accompagne les dix autres.

« Un seul être vous manque est tout est dépeuplé ». Le sentiment est on ne peut plus partagé. Certes, le Barça domine son sujet et semble contrôler un score idéal. Qui plus est, VV sort le grand jeu et repousse toutes les tentatives adverses. Pourtant, on peine à imaginer un match retour sans La Pulga, sauveur blaugrana à maintes reprises.

 

Sous-sol, niveau -2 : Une erreur qui fait mal

 

Comme aiment à le rabâcher les anti-toque, « la domination est stérile ». Une paire d'occasion est gâchée par Alexis (un pléonasme naissant sa cache peut-être dans ce début de phrase), dont un monumental contrôle salopé au point de péno, mais ce sont des coups-francs, d’Alves puis de Xavi, qui viennent déranger Sirigu, sans que le ballon passe du bon côté du montant. Le sort semble s’acharner, mais bien moins que monsieur Stark.

Alors que Cesc semble avoir fait la différence sur une relance de corner défensif, l’arbitre allemand siffle contre l’ex-gunner. Coup-franc aux 30 mètres catalans, dans une période où les coups de pieds arrêtés s'amoncellent en périphérie de Valdés. Maxwell, Thiago Silva, le poteau droit et Ibra touchent successivement le ballon avant qu’il ne s’engouffre dans les buts de VV. Seulement, à l’étape Silva, Zlatan se trouve hors-jeu d'un bon mètre. Pas de quoi faire moufter Wolfgang, ni son juge de touche, encore moins l’arbitre de surface. L’injustice donne la rage alors que le PSG semblait piétiner dans l'approximatif, porté par un Ibra de plus en plus individualiste.

"Un malheur n'arrivant jamais seul" (sur Blograna aujourd'hui, un proverbe acheté, un proverbe offert) Mascherano est touché au genou sur l’action qui précéde le but. Deux vilaines entailles obligent l’Argentin à sortir et à laisser sa place à l’inexpérimenté Marc Bartra. 

 

Etage 4 : La joie qu'on n'osait espérer

 

Même si le résultat est encore positif, il est difficile d’occulter les conditions de l’égalisation et la sortie sur blessure des deux Argentins. Jusqu'au retour des sourires à la 89ème. Lancé par une talonnade inspirée de Cesc, Alexis se fait stopper par le gardien parisien. Sirigu, peu inspiré sur cette sortie qui ne s’imposait pas, n'a visiblement pas disserté de la situation avec Pocho Lavezzi, protagoniste d'un fait de jeu similaire il y a peu à Saint-Etienne.

Le gardien transalpin est pris à contre-pied par le plat du pied de Xavi. Il ne reste que quatre minutes d’arrêts de jeu et le Barça n’a plus qu’à sécuriser un résultat encourageant pour le retour. 

 

Etage -4 : Plus dure est la chute

 

Le principe de l'ascenseur émotionnel (produit pas encore commercialisé par Otis) est de monter très haut sur l'échelle de la satisfaction puis de se rétamer lamentablement dans les bas-fonds de la déception. La frappe de Matuidi illustre le précepte à merveille. Le capital confiance engrangé par le pénalty de Xavi va se gaspiller dans les élucubrations de Blaise, via un relâchement coupable. A la réception d’une remise de Zlatan, le gauche du Français va transiter par le mollet innocent de Bartra, la main mollassonne du Double V pour filer dans les cages. Une trajectoire lente qui vient crucifier les cœurs barcelonais et embraser le Parc.

Le coup est d’autant plus rude qu’il vient clôturer un match où le sort semble avoir tourné le dos au Barça après le poteau de la 4ème minute, entre blessures, fautes arbitrales et ballons frôlant les montants.

Le sentiment de déception du soir laisse aujourd’hui échapper de bons présages pour le match retour. Les nouvelles concernant Messi sont encourageantes. Et le Barça s’est qualifié sept fois sur huit dans une telle situation. D’ici là, il faudra trouver une défense et retrouver la grinta de la remuntada pour ne pas s’arrêter face au PSG.

 

Les notes... Qu'esssssssst-ce que c'est que ces notes ???

 

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Le CLIENT

 

Lumineux dans la passe décisive, dans le vrai défensivement et égal à lui-même en phase offensive (c'est à dire à 70% de son temps), Dani Alves paraît inspiré par sa rase mais décoloré crinière.

Nominés dans la catégorie : Le coffre-fort, aucun ballon perdu ou presque, la caution sécurité quand c'est chaud au milieu, Iniesta a dominé et failli planté son enroulé. Tout en justesse, Xavi y a ajouté une dose de sang-froid au moment d'aller châtier Sirigu. Parfait jusqu'à 15 secondes du terme, dans la lignée de son histoire Parisienne, Valdes mérite quand même une disctinction, malgré un réflèxe insuffisant sur ce dernier ballon dévié.

 

Le BIALES

 

Pas loin d'être à la rue dans le premier quart d'heure (mystifié par Lavezzi puis cartonné devant Zlatan), inquiétant, Piqué s'est très bien repris par la suite, plutôt à son avantage dans les duels, avec notamment 11 ballons récupérés.

Nominés : Dans la même rengaine, Busi a parfois bu la tasse, mais sa prestation d'ensemble est au dessus de la moyenne. Plutôt percutant, et une fois n'est pas coutume auteur de bons choix, Faudel a précipité sa prestation dans l'abîme en gaspillant un ballon en or à 11 mètres.

 

Le CASPER

 

Z'avez pas vu Villa ? (Vous êtes invités à imaginer cette question sur un air de Nino Ferrer) Un match copié-collé sur son France-Espagne. Un long chemin de croix.

 

Le CAGOLIN

 

Certainement pas à 100% pour son retour de blessure, Alba en a chié devant Lucas, qui lui a constamment fait la Moura (la Plage. Bahoum tchatchatcha).

Nominés : Entré sur la fin, avec à la clé un quasi-assist pour Gameiro et la déviation fatale, Bartra a bien fait de ne pas apparaître plus tôt. Leur perf n'est pas à mettre en cause, mais Leo et Masch, avec leurs blessures, nous mettent dans la panade. Ca vaut bien un bout de peluche.

 

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