Le billet de Baptiste: Vous les Français, c'est qui votre équipe

Blograna a décidé de prêter ses modestes colonnes à des plumes étrangères pour éclairer le quotidien culé d'une lumière nouvelle. Celui qui inaugure cette nouvelle rubriques est Baptiste, membre de la Penya de Lyon et étudiant Erasmus dans la cité comtale. Il viendra vous livrer régulièrement, espérons-le, sa vision depuis Barcelone.

Pour son premier billet, Baptiste nous donne sa version des faits à propos du choc qui oppsoe le Paris-SG au Barça.

En Espagne, le sponsor du championnat, c’est la banque “BBVA”. Dans les oficines de la compagnie, les publicités vous invitent à ouvrir un compte chez ceux qui patrocinent “le meilleur championnat du monde”. Les débats qui agitent les journaux sportifs étrangers sur une Liga à deux vitesses; celle du Barça et du Real puis celle des “autres” -entendez par là les dix-huit autres équipes-, ici, on s’en cogne un peu. La Liga BBVA, c’est la meilleure du monde. La finale de la Champions, normalement, c’est Barça-Real. Toute autre formation –entendez par là les trente autres équipes- qui parviendrait à éliminer les deux fleurons du football espagnol serait de facto qualifiée d’équipe surprise. L’Espagne est un pays très fier. Sa culture, sa langue, sa nourriture, ses coutumes sont les meilleures. Les autres sont sympas, pas mal, agréables, oui mais voilà : ici, c’est le top du top. Et si vous ne le voyez pas, c’est de votre faute.

Un ¼ de finale de Champions, à Barcelone, c’est le pain quotidien. Même si les Catalans ont frôlé la fessée du siècle contre le Milan, la mémoire, ici, ne va pas plus loin que les cheveux de Valdés. Wembley. Voilà le mot que tous les Barcelonais ont à la bouche depuis le 12 mars dernier. Apparemment, le Barça est de nouveau candidat à fouler la pelouse londonienne, si importante dans l’histoire du club. Après Koeman et Messi, parait-il que Cesc, Tello ou Alexis pourraient être les nouveaux héros du barcelonisme, et que tout cela pourrait se dérouler entre Big Ben et Picadilly Circus. Avant le 12 mars, la défaite à San Siro et les deux gifles en trois jours reçues contre le Real, tout était perdu, et le titre de Liga n’était pas encore assuré. A Barcelone, le vent tourne si vite, que même le doigt de Colon pourrait avoir du mal à rester stable s’il n’était pas en cuivre.

Il est presque 19h en France, ce mardi 2 avril, lorsque Canal+, la chaîne du foot et du porno, prend l’antenne. Toute l’artillerie lourde de consultats est de sortie. Ce match, “c’est le match de l’année” d’après la publicité visible sur les antennes du groupe depuis une dizaine de jours. BeIn peut toujours se gratter, l’équipe de la Prince, comme diraient les Guignols, joue à domicile. L’ex-propriétaire fait part belle au joujou de son successeur. Une belle idée de football post-colonialiste qui se joue devant nos yeux. L’échauffement est en direct, on se délecte du regard de Zlatan, déjà dans le match, tendu comme un centre de Laudrup pour Romario. A l’inverse, on s’étonne : Messi ne court pas beaucoup, il se contente de taper dans la balle, le sourire aux lèvres, tout en recoiffant ses cheveux bruns. “Il peut faire la différence” entend-on. Merci du conseil.

A Barcelone, donc, rien de tout ça. La une du jour, elle est pour Tito Vilanova. Après deux mois à New York pour traiter son cancer, le successeur de Pep Guardiola, lui aussi new-yorkais d’adoption, rentre au bercail. Son premier match, c’est donc “le match de l’année”. En tout cas, dans le centre-ville, ce n’est pas ce que l’on ressent. En fait, à Barcelone, le PSG et sa pléiade de stars, on demande à voir. Devant un bar, à une petite heure du coup d’envoi, deux Français discutent. L’un à le maillot du Barça, l’autre est en mode casual. Deux autres hommes les regardent, visiblement interloqués. L’un des deux, le plus petit et le plus rouge –entendez par là le plus alcoolisé- s’essaye : “Vous êtes Français et vous êtes pour le Barça?”. “-Oui”, répond timidement le destinataire, “pourquoi?”. Drôle de voir que le Français, de manière générale, aime à savoir POURQUOI on lui demande une information. “Je ne sais pas, je pensais que vous seriez pour le PSG”. Rire franc du Français culer. “Mais tous les Français ne sont pas pour le PSG, loin de là!”. Le mec rouge tire sur sa cigarette, fait les gros yeux, regarde son pote, et enchaîne : “Mais vous les Français, c’est qui votre équipe?”.

Le résumé est parfait. Le PSG, pour eux, c’est l’équipe qui joue entre les Champs-Elysées et Versailles, et on vous passe la prononciation. C’est l’équipe de foot de la capitale de la France, là où le café en vaut quatre comme ici. Le match nul est accueilli comme le tirage au sort, on attendra mercredi pour le fêter. En attendant, Messi est sorti à la mi-temps. Apparemment, il se tient la cuisse, le genou ou la jambe, selon le mec le plus proche de la télé -entendez par là le plus ancien du bar. “T’as du réseau?” demande notre ami, toujours aussi rouge. “J’arrive pas à voir s’il est blessé ou pas”. Il se met à pleuvoir. “Quand je suis allé à Disneyland avec les mômes, il faisait ce temps de merde”.


 


Vous pouvez retrouver Baptiste et son soyeux maniement de clavier azerty, toute l'année sur son blog Més que Barça.

Et plus tard sur Blograna.com.

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