Barça-PSG : Le petit bonhomme est Maousse

Champions League, ¼ finale retour : FC Barcelone – Paris-Saint-Germain : 1-1

Buteurs : Pastore (50’), Pedro (71’)

 

Asphyxié au Nou par un Paris-Saint-Germain impressionnant de maîtrise, c’est un tout petit Barça qui s’est ouvert mercredi la porte des demies. Hors-sujet, les Catalans ont dû se vouer à l’entrée de Messi pour remettre les choses à leur place, et obtenir une qualif’ tirée par les cheveux. Un sentiment bien résumé par Iniesta après le match, qui s’est avoué plus soulagé que satisfait.

 

Jouera ? Jouera pas ? Sorti sur blessure au Parc une semaine plus tôt, Lionel Messi aura eu le mérite de donner du grain à moudre aux médias en quête d’articles de fond, qui ont donc pu spéculer huit jours durant sur l’état de la cuisse de Dieu, sans avoir la moindre information tangible, autres que celles données par le club dans un jeu de chat et la souris qui sentait les grosses ficelles de com’. C’est ce que l’on appelle du journalisme total. Peter et Steven apprécieront. Tout ça pour nous prévenir au dernier moment du fait que Messi, médicalement parlant, est passé à l’orange pour intégrer la feuille de match. Et une place de remplaçant, qu’il occuperait jusqu’à la fin si tout ce passait bien, ou qu’il quitterait brusquement si les vents devenaient contraires.

Le front de l’attaque, orphelin de son lider maximo, ce qui lui fait un point commun avec le Venezuela, est donc confié à Cesc, dont la femme est au même moment les quatre fers en l’air dans une clinique de Barcelone, entre les mains de l’obstétricien, pour mettre leur fille au monde, ainsi qu’à Pedro, dont la femme était dans une position similaire une semaine plus tôt. Madame David Villa, le troisième larron offensif, n’a de son côté eu aucun contact de près ou de loin avec un cordon ombilical dans les dernières semaines, merci pour elle.

L’autre inconnue de la compo Barcelonaise entourait d’un point d’interrogation le wingman de Piqué en charnière. Bartra, qui avait joué les derniers matches de Liga, laisse donc sa place à Adriano, certainement pour contrer la vitesse des attaquants Parisiens. Le reste de l’équipe reste immuable, VV dans les buts, les AA latéraux, et le triangle Busi Xavi Ini au milieu.

Un milieu qui retrouve en face de lui une paire quasi-inédite, Motta-Verratti, à qui bon nombre promettaient le bouillon, moi le premier, mais qui va finalement faire la leçon au trident Blaugrana toute la soirée.

Car le Barça a souffert, pour le dire en terme chastes. Dans le langage du café du commerce, on pourrait même dire qu’il en a sévèrement chié pour passer l’obstacle PSG.

Tout a commencé très vite dans ce quart retour, avec une occasion de chaque côté dans les quatre premières minutes. Lavezzi, d’une frappe mollassonne dans les bras de Valdes, répond à un coup franc de Xavi venu léchouiller la lulu de Sirigu. Comme quoi, de deux frappes, n’est pas forcément plus dangereuse celle qui attrape le cadre, ce qui file tout d’un coup un bémol à la pertinence des stats entendues ici et là, voire même affichées en marge de ce papier. Mauvais présage de la soirée qui s’annonce, Busquets est dépossédé très facilement d’un ballon anodin par El Pocho, donnant lieu au premier des nombreux frissons qui vont parcourir les épines dorsales de l’aficion. Sur le coup, Lavezzi s’emmêle les crayons et permet à Piqué de le reprendre, mais le constat est là. Busquets, le baromètre, est dans un soir sans. Quand Busi va, tout va, mais mercredi soir, l’équipe au quasi complet va suivre son grand échalas dans les chemins de traverse de la médiocrité, à la lutte avec lui-même à la recherche de son niveau de jeu égaré. Mis à part Iniesta, qui sans être extraordinaire est dans son match, tous les joueurs de champ sont un voire deux tons en dessous, et forcent Victor Valdes à des exploits répétés pour maintenir la barque à flot.

Contrairement à Milan en huitième, qui n’avait jamais dépassé la ligne médiane balle au pied, le PSG affiche un époustouflant calme dans le maniement de la gonfle, autour de sa ligne de quatre au milieu, pas vraiment ce qui se fait de plus maladroit quant à la chose technique. Malgré le sang-froid et la qualité de jeu proposée par les blancs d’un soir, ce sont les pertes de balles Blaugrana qui précipitent à chaque fois les occasions adverses. Pressés très haut, sans solution de passe et toujours sous la menace immédiate, Busquets et Piqué de leurs relances peu inspirées, Alves et Adriano de leurs dégagements  directement rendus aux visiteurs, abreuvent les Parisiens de ballons de récup’ aux 40 mètres qui se transforment très vite en opportunités sur le but de Victor.

Est-ce l’annonce de son départ, l’air du printemps ou sa suspension de quatre rencontres en championnat ? Toujours est-il que le double V, absolument pas décisif entre septembre et février, est dans une autre dimension actuellement. C’est bien à lui, plus qu’à tout autre (sauf peut-être un petit bonhomme), que le FCB doit sa qualification sur la double confrontation. En témoigne cet arrêt du pied devant Lavezzi, dont les atermoiements dans l’exploitation des ballons en or a bien aidé les Catalans, ou ces parades sur des têtes de Lucas puis Alex (hors-jeu sur cette dernière action, mais arrêt de classe néanmoins).

Dans l’autre surface de réparation, les combinaisons cherchent une fluidité en fuite, les frappes s’envolent dans la tribune Sud, même si un centre-tir de Pedro, boxé par Sirigu, jette un semblant de trouble. Bougé dans le jeu sur son terrain comme rarement, le Barça est méconnaissable, les ballons sortent trop peu souvent proprement de derrière. Surtout, Xavi et Sergio, habituels fers de lance, jouent à influence réduite, les passes latérales se substituent à leur verticalité habituelle, et les attaquants souffrent de l’absence de cette passe qui fait exploser la ligne du milieu.

 

Au changement de côté, les locaux ne sont pas malheureux de se trouver encore dans le fauteuil du qualifié. Mais le fil qui tient l’épée de Damoclès s’est considérablement aminci, il va lâcher à la 50ème, sur un ballon offensif perdu aux 25 mètres franciliens (remember les buts du Real lors de leur dernière victoire au Nou…). Déclanché par Verratti, le contre est un modèle du genre, Pastore s’appuie sur Ibra qui fixe Adriano, avant d’envoyer El Flaco faire pétiller de rêve les yeux des supporters Parisiens. Dans la foulée, Ibra re-caviarde Xavier Pasteur, qui choisit la frappe instantané, et dévissée, au détriment d’un contrôle-plat du pied qui aurait certainement scellé le sort de ce Qatar de Finale. Dans le jargon des #PoncifsSportifs, on appelle ça le tournant du match. Car à quelques encablures, un petit bonhomme remonte ses chaussettes sur le banc de touche, avec ce qu’il lui reste des doigts qu’il a passé 55 minutes à se ronger (son entrée va d’ailleurs lui permettre de ne pas attaquer les phalanges).

La clameur qui monte dans l’Estadi est celle du dernier espoir dans lequel on se réfugie. Les écrans géants affichent fièrement 62 minutes lorsque Messi remplace Fabregas, alors que Barta supplée dans le même temps Adriano, crampé.

Diminué ou pas, Leo va radicalement changer le visage de la rencontre. Moribonds et en dessous de tout jusqu’alors, les Catalans vont se rapprocher de leurs standards quasi immédiatement. La seule présence de D10S, son aura, redonne confiance au reste de l’équipe. Le talisman. On entend ça et là, depuis un moment, que Messi n’a et n’aura jamais la personnalité ni le leadership d’un Maradona, mais les évènements de mercredi, la façon dont il a transcendé sa troupe sans même ouvrir le bec, juste en trottinant depuis le bord de la touche jusqu’au milieu du terrain, méritent peut-être de reconsidérer les analyses. Du charisme, les enfants. Du charisme…

Ce qui est vrai pour ses équipiers vaut également pour l’équipe dans face, la Pulga sur la pelouse focalise nécessairement, plus que quiconque, l’attention des centraux et milieux défensifs, ce qui relâche la pression sur le reste du pouvoir offensif. Les cinq minutes qui suivent le changement sont suffocantes dans la boîte de Sirigu, Iniesta oblige d’abord le portier gominé à sortir le grand jeu, avant que Piqué ne voie son tir contré, le ballon n’a de cesse de faire le flipper dans les 16 mètres. C’est le début des 20-25 minutes de domination Blaugrana, le PSG va peiner alors à se montrer toujours dangereux. Sur une jambe, Messi parvient quand même à zigzaguer, dans son style caractéristique, entre les lignes. Comme par enchantement, Villa, Pedro et Alves retrouvent du mouvement, les passes de Xavi et Busquets retrouvent leur verticalité et cassent la ligne Motta-Verratti. Sur un nouveau porté de balle dans l’axe, Messi trouve el Guaje au point de péno. La prise de balle n’est pas académique mais bien plus maîtrisée qu’il n’y paraît, et d’une subtile remise du pointu, Villa offre à Pedro le but qui, à ce moment, signifie demi-finale. Il reste 20 minutes.

 

20 minutes d’emballement cardiaque et de moiteur dans le creux de la paume. 20 minutes où le Barça alterne la monopolisation avec les longs ballons de débarras. Au cœur de ce sommet du suspens, Don Andres y va de son tour de passe-passe dans la surface. L’occasion de but sera saccagée grossièrement, mais Jallet y a laissé le short…

Certains y verront un aveu de peur et de faiblesse, d’autres une réponse pragmatique à la situation, Vilanova a innové pour les 10 dernières minutes en instaurant un double-pivot inédit avec Song à côté de Busquets pour verrouiller. On peut alors penser que le Barça est mort si Paris passe en tête, mais la solution Piqué avant-centre aurait été toute trouvée. Finalement, au bout de quatre minutes de temps additionnel qui rappellent douloureusement celles de l’aller, le Barça laisse éclater son soulagement. Il peut dire merci à Messi, à Valdes, et bravo à Paris.

Pour la sixième fois d’affilée en demies, le Barça est d’ores et déjà annoncé par certains comme l’équipe la plus faible du dernier carré. Ce qui est incontestable si l’on se base sur le rendu de mercredi soir. Une copie dans le genre Milan serait plus appropriée au tour suivant. En proie à de gros soucis défensifs, auxquels vient se rajouter la suspension d’Adriano, le Barça devrait tout de même avoir son mot à dire, dans le rôle « d’outsider », donc, que l’on commence à lui dessiner. Certainement les mêmes qui parlent à tout bout de champ de « meilleure équipe du monde » (qui en a pris un coup hier, soyons honnête), mais aussi de « fin de cycle ». Mais cette saison, le FCB a su montrer les arguments d’efficacité, devant le but et dans la solidité de Valdes, qui font souvent soulever les Grandes Oreilles.

A l’avenir, en tout cas, il risque de falloir compter sur Paris. Très couillu dans son envie de venir pour jouer au Camp Nou, et excellent dans la mise en pratique, la bande à Carlo ne doit sa sortie, avec les honneurs, qu’à une vendange massive sur les occasions clés. Ancellotti, de son côté, a montré à pas mal de monde que c’était un Monsieur. Bravo.

 

On passe aux Notes.

 

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Le CLIENT

 

Si le Barça est resté en vie, c’est grâce à Victor Valdes. On a assez souvent depuis 2 ans fustigé son manque d’arrêts décisifs, pour ne pas le palucher aujourd’hui avec ce qu’il vient de sortir. On est prêt à parier que les culés souhaiteraient désormais le voir prolonger.

 

Nominé dans la catégorie : Messi, évidemment. Plus pour la confiance qu’il a insufflée aux siens que pour le contenu. Son aura n’avait jamais paru aussi intense. Ce qui est assez inquiétant, quelque part.

Malgré un quart d’heure de trou d’air à la reprise, Iniesta aura été le seul à jouer à son niveau.

 

Le BIALES

 

Buteur décisif pour son match de reprise, Pedro a délivré tout son monde, au bout d’une partie pas si pire de sa part. L’occasion de célébrer la naissance du marmot, qu’il a eu le bon goût d’appeler Bryan, et donc d’ores et déjà de destiner au tuning.

 

Nominés : Pas toujours à la fête, Jordi Alba a quand même été le meilleur défensivement. Villa et Alves, dans le dur, se sont retrouvés dès l’entrée de Leo. Comme des fidèles perdus retrouvant leur guide.

 

Le CASPER

 

Malgré son pourcentage parfait de passes réussies, Xavi n’a absolument pas pesé sur le jeu. Pire, Verratti et Motta lui ont volé la vedette dans son domaine de prédilection.

 

Le CAGOLIN

 

Méconnaissable, Busquets s’est montré aussi fragile et facile à déposséder ballon au pied, que perdu en phase défensive. Niveau assurance, pour cette fois, la MATMUT n’était pas la meilleure affaire.

 

Nominés : Volontaire mais cadenassé dans la défense, Fabregas n’a pas existé. Et n’a pas eu le loisir d’être subjugué par l’entrée de Messi, puisque c’est lui qui a laissé sa place. Souvent dépassé, notamment par Ibra sur le but, Adriano est sérieusement passé à côté.

Un peu comme Piqué, coupable sur des relances  et souvent battu à la course. Souvent bien placé, il saute aux yeux que Shakiro paie toujours sa lenteur. D’autant plus dans le jeu aérien. Vous remarquerez que dans de jeu, ou sur les corners offensifs, lorsqu’il arrive à se lancer, il sort presque toujours vainqueur de son duel, Ibra peut en attester. Par contre sur les coups de pieds arrêtés défensifs, statique face à un adversaire lancé, il ne décolle jamais et est constamment battu. Il faut trouver une solution.

 

 

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