Bayern - Barça : Comme une odeur de sapin

Champions League ½ finale aller : Bayern Munich – FC Barcelone 4-0 

Buts : Muller (24’, 80’), Gomez (48’), Robben (71’)

Ça fait donc cet effet là… Habitué depuis des années à tanner ses adversaires, le Barça connaît depuis mardi soir la sensation de ceux qui se retrouvent de l’autre côté de la main qui gifle. Asphyxié, dépassé, surclassé, et toute une ribambelle de verbes du 1er groupe jusqu’à humilié, le onze de Tito a sombré à l’Allianz, et certainement abandonné ses rêves de Wembley sur le bord d’une autoroute Allemande.

Mardi soir à 20h45, Karl Zero retrace, dans une émission pas racoleuse pour deux sous sur RMC Découverte, la « carrière » de Guy George, aficionado du scalpel, du hachoir et des pénétrations pas tout à fait consenties. A la même heure à quelques centaines de kilomètres de l’Est Parisien, le Bayern s’apprête à exceller lui aussi dans l’art de la boucherie. Toute proportion gardée, évidemment…

La composition de Vilanova ne laissait pas présager de grosse surprise, les seules maigres hésitations portaient autour de Messi, éventuellement, mais surtout autour des couples Bartra/Abidal et Alexis/Villa pour les postes en balance. Comme supposé, Faudel accompagne le jeunot parmi les titulaires. Dans le camp d’en face, la seule incertitude tournait autour du remplaçant de Mandzukic, blessé, et c’est Mario Gomez qui s’y colle.

Le match démarre après un tifo géant dans les travées de l’Allianz, une mosaïque qui n’a jamais aussi bien porté son nom, puisqu’il s’agissait simplement d’un damier rouge et blanc. Pour ceux qui n’étaient pas devant leur écran, imaginez vous être un point de couture au milieu du maillot de la Croatie… Le contenu de la rencontre va connaître un teaser parfait, tout le scenario se trouve dans les 75 premières secondes. Les Catalans font disparaître le ballon pendant une minute, toute ronde, affichant autant de maîtrise technique que de difficulté à avancer. La minute écoulée, la gonfle change de pieds et le rythme s’emballe, en trois échanges supersoniques, les Rouges sont déjà dans la surface, où Robben oublie Ribéry et Gomez, seuls au second, et goinfre l’ouverture du score. Les Barcelonais s’en sortent bien, mais savent déjà à quelle sauce ils vont être dégustés. Copie conforme du retour contre Paris, une possession totale qui n’arrive pas à entrer dans les 30 mètres, et chaque perte de balle se répercute, à dos de dragster, par un incendie dans la surface de Valdes dès la seconde suivante. Ça s’annonce très, très long.

 

Piqué, coiffure néo-shaolin imitation Guardiola, pare au plus pressé et coupe les trajectoires. Il met les mains dans le cambouis, au propre comme au figuré, en avançant le coude en opposition à une frappe de Müller en pleine surface. Il sera involontairement imité par Faudel peu après, même si la mimine du Chilien a plus ramené dans le jeu un ballon fuyant qu’annihilé une balle de but. Si vous suivez bien, ça fait deux penalties non sifflés dans la première demi-heure. « Comme d’habitude, le Barça a toujours les arbitres dans la poche, c’est comme ça chaque année en Champions League ». Ou pas. M. Kassai et ses claivoyants assistants vont s’ingénier après les citrons à rétablir la balance de la « justice ». Mais arbitre ou pas, le Bayern est un mur et explose de toutes parts en contre, multiplie les situations et les corners. Et c’est la légendaire qualité de leur jeu aérien défensif qui va précipiter la chute des culés. Sur un ballon en cloche dans la boîte, Alves est dominé par Dante, le ballon revient traîner au premier où Herr Müller furette, comme un glorieux homonyme, et  conclut de la tête. Les médias espagnols (étonnamment les « madridistes » plus que les « barcelonistes ») crient à l’ascenseur au duel entre les deux défenseurs brasilous, ce qui n’est qu’à moitié vrai tant la détente de Dante (amis de l’assonance…) le fait planer haut au-dessus de Dani. Un but qui va inspirer les Munichois, qui vont reproduire le schéma au retour des vestiaires. Corner au second poteau où Alves est battu de la tête, remise au premier pour pousser la bouigue au fond. Cette fois, le transit passe par Müller pour échoir sur Gomez, au détail près que ce dernier est en position de hors-jeu, ce qui ne l’empêche pas de marquer dans une cage laissée béante par une sortie kamikaze de VV.

Les Catalans accusent déjà deux buts de retard à l’entame de la seconde mi-temps, et l’obligation de marquer dans laquelle le score les pousse réjouit le Bayern, qui se frotte les mains des espaces toujours plus vastes laissés par leurs visiteurs d’un soir.

Malgré un léger mieux, le FCB continue de patauger dans le syndrome de la page blanche. Dans le premier acte, seul un centre fuyant dans les 6 mètres de Neuer, prolongé à l’arrache par Dante devant D10S, a fait frissonner l’Allianz Arena. On ne peut pas dire que la seconde partie soit plus anxiogène pour le public, malgré la meilleure occase catalane pour Bartra, seul au point de Péno qui mettra trois jours pour faire le tour, par le mauvais côté, d’un ballon qu’il enverra sur le parking du stade. Complètement mangés physiquement, ce qui leur vaut de constamment se retrouver en sous-nombre, aux quatre coins de la pelouse, les hommes de Tito ne trouvent aucune solution devant. Pedro, Alexis et Messi ne parviennent à se rendre disponible qu’en décrochant, et il n’y a guère que des dédoublements des latéraux, voire des percussions d’Iniesta, pour créer un semblant de décalage. Des percussions que Messi s’entête à multiplier, à l’arrêt dans des quintets de défenseurs, pour une issue à chaque fois identique. Tôt dans le match, la Pulga touche sa cuisse officiellement rétablie en grimaçant. Inutile d’avoir fait Nostradamus première langue au collège pour comprendre qu’il joue, si ce n’est blessé, au moins largement diminué, ce qui n’a cependant donné à personne sur le banc l’idée de le sortir.

Les solutions ne viendront d’ailleurs pas du banc, puisque seul Villa est appelé sur la pelouse à une poignée de minutes de la fin du calvaire. De toute façon, la tête dans le guidon de sa philosophie de jeu, le Barça n’a aucune variété à apporter à ses principes de départ, au contraire de son rival. Pire, en monopolisant le ballon haut sur le terrain, il offre sur un plateau à ses adversaires ce qu’il cherche en vain à trouver de son côté, des espaces dans le dos de la défense. C’est ce que l’on appelle tendre le bâton… Surtout que le Bayern, à l’inverse, joue à loisir les caméléons. Habitués à dominer, avoir la possession et jouer dans la moitié de terrain adverse, les Bavarois se sont surtout appliqués cette fois à bien rester en place dans leur camp, bloquer les lignes de passes et les appels de balle, pour pouvoir crucifier un Barça qui allait lui offrir, bien généreux qu’il est, des boulevards dans lesquels la lenteur de sa charnière centrale est une énième balle qu’il se tire dans le pied. Pour finir, Munich aura su, en profitant du profil de Gomez, basculer du jeu court au jeu long, sauter le milieu, quand le pressing blaugrana les privait de solutions pour sortir proprement de l’arrière. Bref, en déficit de cordes à leur arc, les Barcelonais y ont également ajouté une pénurie de flèches dans le carquois, puisque seul, à la limite, Don Andres a évolué à un niveau voisin de son meilleur, ce qui n’est le cas d’aucun de ses coéquipiers.

A l’inverse, donc, les Bavarois régalent et profitent des largesses. Une odeur de fessée commence à monter de la pelouse, reflet d’une supériorité annoncée mais que les supporters culés ne pensaient pas avoir à craindre, en tout cas pas dans ces proportions. Deux nouvelles contre-attaques vont sonner la fin anticipée de la campagne européenne du FCB, conclues de près par Robben et Müller. Cela restera anecdotique et n’entame en aucun cas le diagnostic de la rencontre, mais le but du Néerlandais est dans les grandes lignes une véritable mascarade, arbitralement parlant. En face à face avec Jordi, Robben crochète extérieur et prend le meilleur, sans toutefois parvenir à lâcher  Alba suffisamment pour se remettre sur son gauche (car jusqu’à preuve du contraire, il n’a pas de pied droit). C’est le moment que choisit Müller, toujours lui, pour venir bouchonner le latéral blaugrana et ouvrir la route du but à son chauve partenaire. Dans un sport à 5 contre 5 avec une grosse balle orange, ça s’appelle un block et c’est un des fondamentaux du jeu d’attaque. Dans un sport à 11 contre 11, on appelle ça une obstruction, que sur le coup on peut allègrement qualifier de grossière, et même de peu discrète car à une paire de mètres des yeux du cinquième arbitre. On ne saurait trop conseiller à ce dernier de consulter, car apparemment sa vision se floute dans les courtes focales. Toujours est-il que M. Kassai, pas vraiment à la hauteur de l’évènement, devrait tirer un trait sur son avenir dans les hautes sphères des compétitions européennes, certainement par solidarité avec un Barça qui va selon toute vraisemblance lui aussi en rester là. Heureusement, ses erreurs, même répétées, n’influeront pas sur l’issue du match, ni de la qualif’, mais elles auraient eu une toute autre portée si les débats s’étaient joués sur un fil.

 

Devant l’étendue des dégâts, la rédaction s’est octroyé le droit de décerner un CAGOLIN général à l’ensemble de l’équipe, banc de touche et staff inclus.

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Si l’on devait citer les moins mauvais, on commencerait par Iniesta, qui comme d’hab a été le moteur et le déclencheur du peu que l’on a vu. Mais un passeur a besoin de mouvement et d’appels pour faire quoi que ce soit de son ballon.   

Au rayon de ceux à qui on a du mal à reprocher quoi que ce soit, Piqué et Bartra ont fait leur possible en repoussant un maximum l’échéance, mais ont pris la marée comme les autres, et sont les piliers d’une défense qui en a pris 4.

Dans le but, Valdes a équilibré deux face-à-face remportés par une sortie cauchemardesque sur le second but. Les latéraux, volontaires offensivement, se sont cassés les dents sur le repli de Ribéry et Robben, qui leur ont ensuite collé la misère de l’autre côté du terrain. Mention lucidité pour Jordi qui se prive du retour pour un ballon jeté au visage du Hollandais sur la fin.

Au milieu, Xavi a fait du Xavi des jours sans inspiration, c'est-à-dire des passes latérales et non verticales. Busquets, lui, a subi la loi de Javi Martinez, qui a régné sur l’exercice de sentinelle.

Devant, malgré des efforts de Pedro, notamment dans le repli, absolument RAS. Messi était certes probablement diminué, mais est retombé dans son péché mignon des matches difficiles, à s’entêter de trouver la solution par le dribble dans la forêt (Noire pour l’occasion) de joueurs.

Au final, à part lui, aucun des joueurs n’est à remettre en cause au niveau de l’état d’esprit et de la volonté, le Barça est simplement tombé contre plus fort, et c’est peut-être ce qui est le plus inquiétant.

Espérons en tout cas que l’importance de la déflagration aura provoqué un éveil des consciences dans la classe dirigeante, qui saura au mercato rééquilibrer l’effectif, ce qui a été raté l’été dernier. Pour le money time de la Champions 2014, arriver en pic de forme et avoir tout le groupe à son meilleur niveau ne serait pas fortuit non plus.

 

Comme un peu de baume au cœur, de son côté le Royal Madrid a affiché à Dortmund un visage plus décimé que Decima.

 

On se retrouve très très vite pour s’immiscer dans le débat « Barça : fin de cycle » sur lequel médias et haters se sont jetés à pieds joints.  

 

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