De l'empressement à parler de fin de cycle

A moins que, anéanti par la déroute Blaugrana en Bavière, vous ne vous soyez coupé du monde médiatico-sportif ces dernières 48h, il ne vous aura pas échappé que le ton des commentaires a légèrement changé autour de l’équipe de Vilanova. Plutôt suivant une vague mono-courant, bien dans le sens du vent. 

En tête du leaderboard des constats définitifs qui se sont abattus sans pitié depuis mardi 22h35, la sempiternelle « fin de cycle », qui était déjà apparue en 4 x 3 au soir d’une indigeste visite à San Siro, est retourné au rang de best-seller dans les salles de marché éditoriales. La supériorité affichée par le Bayern a déroulé tout naturellement les bonnes vieilles expressions toutes prêtes, celles qu’on a juste à aller chercher dans le cagibi, à mettre au micro-onde (30 secondes thermostat 4) pour refourguer en choeur à une heure de grande écoute, au premier rang desquelles « une passation de pouvoir ». Plus dur encore à digérer pour les supporters culés, peut-être pas totalement objectifs avouons-le, que nous sommes, l’emploi quasi-systématique des verbes à la rubrique « passé » des colonnes de conjugaison de votre Bescherelle. « Le Barça n’est plus la machine que l’on a connu », « à l’époque où le Barça dominait », etc. etc.

 

Certes, le constat d’échec est bien plus préoccupant cette fois, une profonde remise en cause s’impose. Le style de jeu commence à être pigé par pas mal de monde, les adversaires trouvent de plus en plus facilement la parade et des faiblesses dans le système Catalan. En-dessous individuellement et physiquement, le Barça est pour la première fois depuis des lustres non-dominateur dans le jeu, comme dans le nombre d’occasions.

Mais quand on parle de cycle, on fait référence à une période de 5 ans, qui remonte à la prise de fonction de Pep Guardiola. Un quinquennat qui a vu le FCB régner sur l’Europe du foot, toujours dans le dernier carré de la Champions et quasiment constamment leader de Liga… ce qui est encore le cas cette année. Tout dépend ce que l’on met sous le terme « cycle » aussi générique et indistinct que pratique pour ceux qui aiment à le tartiner à tort et à travers.

Si ce cycle évoque une équipe collectivement supérieure, une rythmique de Grandes Oreilles tous les deux ans, et le costume pompeux de « meilleure équipe du monde », alors oui, on peut dire que de ce côté-là, on saute à pieds joints sur la pédale de frein. Mais lorsque, des années après, on fait allusion au cycle d’une équipe, on pointe sa fin au moment où cette équipe a cessé d’occuper les sommets, de faire partie de ce qui se fait de mieux parmi ses contemporains, et force est de constater qu’il est trop tôt pour entériner une telle conclusion concernant le Barça. Si le cycle s’est compté en saisons sur l’intégralité des doigts d’une main, il faudra alors attendre au moins une temporada de plus, pour être catégorique sur cet état de fait. Le cycle sera bel et bien terminé lorsque les couleurs Blaugrana s’arrêteront aux portes des quarts de Champions, ou avant. En tout cas, il était clairement prématuré de grimper, mardi 23 avril à 22h40, cinq petites minutes après la débâcle, sur ses grands chevaux de diagnostiqueur précoce et de pouvoir être le premier de sa tweetlist à balancer le HashTag chéri, aussi pompeux soit-il. Le tout dans un sens de la mesure et du recul qui honore ceux qui s’en rendent les rédacteurs. Méfiez-vous au prochain changement de veste, les paroles s’envolent, mais les tweets restent.

 

Parler de fin de cycle aujourd’hui, c’est avancer avec la certitude la plus tranchée que le FC Barcelone n’a aucune chance de remporter la Ligue des Champions l’année prochaine. D’accord, il n’en sera peut-être plus le favori n°1, mais on est prêt à parier qu’il fera encore peur au plus grand nombre. Avec les corrections d’effectif qui s’imposent lors du mercato, le retour à leur meilleur niveau de certains cadres et en pic de forme au moment opportun de la saison, les hommes de Tito se poseront encore en candidats sérieux sur la Road To Lisboa. Mis à part Xavi et Puyol, l’intégralité de l’effectif affiche moins de 30 ans sur le passeport et une place de choix dans la hiérarchie mondiale à leur poste, bien que cette semaine Messi et ses copains aient semble-t’il été renvoyés au rang de joueurs de bilboquet.

Aujourd’hui, et l’an prochain sans le moindre doute, le Barça fait et fera partie (« et je vous le dis, les yeux dans les yeux ») du top 5 européen, et une équipe qui se maintient dans un tel cercle d’excellence ne peut pas être taxée d’être sur le déclin sous prétexte qu’elle n’est plus seule, mais est désormais accompagnée par d'autres dans son AOC de football de qualité supérieure. Si par bonheur, comme il n’est pas si saugrenu de l’imaginer, un capitaine Catalan soulève une grosse coupe argentée dans l’Estadio da Luz en mai 2014, l’ère entamée à l’été 2008 aura trouvé une continuité, dans laquelle la claque Munichoise n’aura été qu’un aléa. Et les réseaux sociaux fleuriront à coup sûr de #JaiJamaisParléDeFinDeCycle.

 

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Commentaires: 1
  • #1

    EL BARCAOUI (dimanche, 05 mai 2013 15:18)

    Tout à fait d'accord avec toi notre Barca ne mourra jamais rdv a Lisbonne en 2014. Visca Barca !!!

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