Barça-Betis : L'art de ménager le suspens

Liga BBVA, 34ème journée : FC Barcelone – Betis Seville : 4-2

Buteurs : Alexis (8’), Villa (55’), Messi (59’, 70’) – Pabon (1’), Ruben Perez (42’)

Aussi inspiré dans le jeu offensif que fébrile dans la ligne de défense, le Barça s’est longtemps montré dispendieux et généreux avec son visiteur andalou. Avant de remettre les pendules et le score à l’heure avec l’entrée de Messi dans la dernière demi-heure.

La fin d’une semaine qui a fait mal à la tête. Et ailleurs… La réception du Betis dimanche ne pouvait plus être le match de l’aliron, suite à la victoire du Madrid la veille, mais restait le match qui pouvait permettre de passer à autre chose, et mettre un terme partiel aux analyses et railleries qui ont accompagné la déculottée Bavaroise.

Le titre, promis depuis des mois à des Blaugrana qui toisent le peloton de plus de dix points, reste encore à entériner officiellement. Le plus vite possible, pour éviter d’ajouter de la pénibilité à une fin de saison qui traîne comme un boulet le ciment que le Bayern a déversé par mètres cubes dans les chaussures de Xavi et consorts. Absents de la pelouse mercredi, Busquets et Messi débutent encore le match assis, avec la chasuble de rigueur. Dans le but, Pinto supplée les adducteurs de VV, devant une défense classique dans laquelle s’insère Adriano, sur la chaise musicale centrale. Le milieu est classique, avec Song en sentinelle en l’absence de Busi. Devant, Tello a de nouveau sa chance à gauche, Alexis est aligné à droite et Villa dans l’axe. Pour la petite histoire, Pedro a la gastro et déguste donc le match chez lui devant sa télé entre deux Smecta.

 

Entrés dans le match pour « redonner du plaisir aux gens », dixit un Vilanova désireux du bien-être de son prochain, les Catalans vont se rendre coupables d’une entame indigente, qui leur vaut d’être cueillis à froid et menés après moins de cent secondes de jeu. Un dégagement rase motte de la Tresse échoit sur une tête Betica à hauteur de la ligne médiane, qui se fend d’un retour à l’envoyeur tendu plein axe. Adriano et Alba, à-toi-à-moi le dilettantisme le plus délictueux, se font enrhumer par Pabon qui, lui, n’a pas attendu la 5ème minute pour entrer dans son match. Un face-à-face sobrement appréhendé (on verra par la suite que tout le monde ne pourra pas en dire autant), et les Andalous virent déjà en tête, propageant grimaces et inquiétudes dans les travées du Nou. Dans le dur au moment de sortir le ballon de l’arrière, notamment du côté Alves de la force, le Barça se repose sur une paire Xaviniesta retrouvée, loin de leur ombre de mercredi, pour revenir vers la lumière. Le Don prend les choses en main alors que l’horloge n’est pas encore passée à deux chiffres. Débordement sans fioriture et centre ciselé du gauche, déposé sur le crâne soigneusement méché d’Alexis, qui ajuste aux 6 mètres. A croire que les Chiliens sont férus du coup de ciseau, les amateurs apprécieront les efforts capillaires d’un Arturo Vidal, auquel personnellement on conseillerait un passage sous la tondeuse de Gérard Piqué.

Il aura fallu attendre une dizaine de fois 60 secondes, mais le FCB prend enfin le contrôle du match, et va rapidement enclencher la vitesse supérieure, sous l’impulsion de Xavi, Iniesta et Tello principalement. Pourtant annoncés impossibles quand l’équipe est orpheline de sa puce, combinaisons et décalage se multiplient. A noter que le jeu penche nettement à gauche, CriCri et Don Andres poussent plus leurs actions que Faudel de l’autre côté, et surtout Alba vient impulser une paire de débordements, là où Dani Alves, étonnamment, reste cantonné à hauteur des 30 mètres. La demi-heure qui sépare de la mi-temps va donner lieu à un gaspillage massif que  ne renieraient certainement pas les acteurs de la grande distribution. Malheureusement pour lui, c’est Villa qui va endosser le costume de grand gourou du gâchis. Un plat du pied mollasson sur un décalage de Sanchez aux 16 mètres, puis deux ratés incroyables dans les 6 mètres sur des caviars de Xavi et Tello. Viennent s’ajouter à la liste un plat du pied d’Iniesta qui flirte avec la lucarne, puis surtout une puissante lourde de Tello à l’entrée de la surface, qui semblait pourtant avoir passé la ligne. Au ralenti, le ballon mord la ligne et n’est donc légitimement pas accordé. La mi-temps approche et le score est toujours nul, de façon assez inexplicable. Pire, ce sont les visiteurs qui vont rentrer avec l’avantage. Moins inspiré dans sa moitié de terrain, Faudel perd un ballon au prix d’un dribble idiot. Le ballon atterrit trois passes plus tard dans les pieds de Ruben Perez, dans un style comparable bien que plus lointain, rencontre plus de réussite que Tello. On tourne donc à 1-2, les Barcelonais, au contraire des verdiblancos, n’ont pas su crier « Banque » quand ils se sont approché du tiroir-caisse.

Malgré le score défavorable à la reprise, la pluie d’opportunités qui s’est abattue sur la surface d’Adrian incite plutôt à l’optimisme, on sent le Barça totalement capable de renverser la situation. La machine ne redémarre pas dans la plus grande fluidité, mais au bout de dix minutes assez neutres, Daniel Alves profite d’une montée pour expédier le seul centre potable de sa soirée. En sursis depuis le départ à l’échauffement de Messi, Villa finit le travail de la tête aux 6 mètres, et finit sur une note positive, juste avant de laisser sa place, une rencontre durant laquelle il a eu le pied tremblant. Notez qu’alors, les deux buts Catalans ont été inscrits de la tête, mais sur la saison en Liga ce ne sont que les 3ème et 4ème, sur 103 après le but du Guaje. Totalement remis en selle par l’égalisation, les Tito Boys, sublimés par l’entrée de D10S pour la dernière demi-heure, sont promis à marcher sur la fin de match. Il ne faudra attendre qu’une poignée de minutes, et le premier ballon de Leo, pour que les culés abondent au tableau d’affichage fort d’un avantage numérique qui aura su se faire attendre. Impérial dans ce qui devient une spécialité pour lui, la Pulga exécute le coup-franc aux 20 mètres, en lucarnivore patenté. Il échouera peu après dans un exercice similaire, du côté opposé par rapport aux buts, mais son enroulé croisé finit sa suave trajectoire sur un écueil, à l’endroit même où le poteau se fait transversale. Le Betis vient bien créer une frayeur, annihilée par un Adriano enfin décisif, mais la seule alternative à la partie semble être une aggravation du compteur but du génie Argentin. Un compteur qui va passer à 46 unités ligueras au terme d’une action Harlem Globetrotters, avec talonnade d’Iniesta et cadeau d’Alexis. Une envolée pas franchement du goût d’Adrian qui se signalera d’un petit coup de pute sur D10S, que Leo Messi (contrairement à Leo Nardo, à la même heure sensiblement plus au nord) ne relèvera pas, paré dans une indifférence grand seigneur. Le gardien andalou marquera également son territoire sur la rotule de Faudel par la suite, avec la subtilité déguisée de ceux qui font croire que leur élan les emporte.

Vous aurez compris que le seul intérêt que revêt la fin de match se situe au niveau du hat-trick de Dieu. Triplé qu’il n’arrivera pas à enquiller, malgré une dernière chevauchée épique mais maladroitement conclue. Ce qui ne lui a pas spécialement réjoui, les panneaux publicitaires dans son immédiate proximité peuvent en témoigner (à moins que justement il ne les ait trop arrangées pour qu’elles puissent témoigner de quoi que ce soit, une peu comme une Rihanna post-Chris Brown). C’est donc tout naturellement dans les mains de l’arbitre, à défaut de celles de Leo, que le ballon du match rentrera aux vestiaires. Malgré cet échec dans l’optique du coup du chapeau, El Diez semble bien parti pour au moins égaler son total ahurissant de la saison passée, de 50 pions. Il lui en manque quatre, avec autant de journées à disputer. Quand on sait qu’il a marqué dans 27 de ses 31 matches de Liga…

 

Un petit détour au rayon notation avant le pont du 8 mai. C’est par ici.

 

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Le CLIENT

 

Une demi-heure lui suffit, pour faire la différence et s’adjuger un nouveau doublé qui aurait pu faire des petits. Messi est différent. Mais on était au courant, quand même, ça ne date pas de ce weekend.

 

Nominés dans la catégorie : L’un a retrouvé beaucoup de verticalité, et l’influence sur le jeu qui va avec, l’autre a alterné du déchet avec des éclairs de magie. Du Xaviniesta comme on l’aime (ceux qui bavent actuellement sur Iniesta n’ont certainement pas moufté quand il créé tout seul l’égalisation de Faudel), bien secondés par Song à la récup’. Titulaire après son passage forcé en tribune face au Bayern, Tello a encore prouvé qu’il est l’attaquant qui ose le plus. Et qui marque des points à chaque passage sur le pré. Mention bien aussi pour Alexis, moins débridé que CriCri mais plus décisif. Décisif aussi au niveau bémol, le but de Ruben Perez sanctionne une de ses pertes de balle.

 

Le BIALES

 

Tranchant offensivement en première, Jordi Alba est largement coupable sur l’ouverture du score en laissant Pabon filer seul.

 

Nominés dans la catégorie : Membre d’une défense aussi rassurante qu’un nonagénaire sur une route de campagne, Adriano partage la faute du 1er but avec Alba, mais sauve les meubles à 3-2 avec un retour désespéré. Piqué se retrouve dans le même sac, pas imputable de quoi que ce soit, pas souverain non plus, malgré une importante volonté d’implication offensive. Deux buts encaissés sur trois frappes cadrées, Pinto réalise cependant l’arrêt qu’il faut au cœur de la première mi-temps.

 

Le CASPER

 

Etrangement absent des 30 derniers mètres, ce qui paraît contre-nature, Dani Alves a, quand il ne se cachait pas, gaspillé du centre comme Hervé Morin aux élections. Sa seule ogive correcte a fini au fond pour le 2-2, reconnaissons-lui au moins ça.

 

Le CAGOLIN.

 

Certes il quitte la pelouse avec son nom sur la table de marques. Mais la façon dont il dilapide ses occasions monumentales dans le premier acte son indigne de son talent et de son CV. David Villa en a conscience, vu la tronche de six pieds de long qu’il tire en sortant. Une tremblante dans la surface qui aurait pu coûter beaucoup plus cher.

 

 

 

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