Atletico-Barça : Pasillo avec vue

Liga BBVA – 35ème journée : Atletico de Madrid – FC Barcelone : 1-2

Buteurs: Falcao (50’), Alexis (71’), Gabi (csc 79’)

C’est avec courtoisie, porté par la connivence légendaire qu’il porte à son grand mais gênant voisin, que l’Espanyol a offert au Barça l’opportunité de fêter son titre dès samedi soir, à l’hôtel devant la télé, en tenant les Livides en échec à Cornella. Déjà titrés et certainement encore positifs au champagne, les Blaugrana sont venus livrer un match poussif mais victorieux à Vicente Calderon. Trois points qui les maintiennent dans la course au total à trois chiffres…

Dimanche matin, la fontaine de Canaletas a encore les oreilles qui sifflent de la nuit qui a agité la Rambla. Une nuit moyennement blanche, en comparaison des folles célébrations des conquêtes continentales, mais qui avait la particularité d’être chronologiquement située à la veille du match du FCB. Comme l’exige la tradition, les Catalans ont donc fait irruption sur la pelouse du sud de Madrid sous les applaudissements de leurs adversaires, pour un pasillo bon enfant, auquel s’est invité, sous la forme d’une porte publicitaire tout à fait pittoresque, l’office du tourisme d’Azerbaijan. On le remercie d’avoir salopé les coutumes ibères pour promouvoir les siennes. Par fierté nationale, les supporters colchoneros ont tenu à scander des "Viva España" pendant que leurs joueurs applaudissaient. Les catalanistes ont du apprécier.

La première mi-temps tendra à démontrer le contraire, ou pas loin, mais il y a tout de même une rencontre à jouer, malgré les enjeux minimes (préparation de la finale de Lana del Rey pour les Matelassiers, objectif 100 pour les culés) et la gueule de bois. Le soleil couchant, qui se fraie un accès incomplet au carré vert au travers de l’architecture vieillotte de Calderon, s’associe à la pauvreté du jeu pour inciter le téléspectateur à zapper sur le Canal Football Club, histoire de voir Nico NKoulou nous vanter le design en denim des nouvelles toilettes en vogue sur la Canebière.

Puisque l’on est au rayon chiffon, restons-y et notons, pour ce qui devrait être sa dernière sortie, que l’horreur sunrise était de sortie sur les épaules Blaugrana, et accompagnait une nouvelle fois un onze hybride. Valdes, toujours blessé, offre à Pinto et ses 37 printemps bien tressés l’honneur de devenir le quatrième joueur le plus âgé à évoluer en Liga. Devant lui, C’est de nouveau Adriano qui accompagne les habituels Piqué, Alves et Alba. Song et Cesc sont alignés au milieu aux côtés du capitaine le plus blême de l’histoire du club. Devant, les deux hommes les plus en forme, Tello et Faudel, encadrent un Messi qui chasse son 47ème but de la saison.

La bouche pâteuse de vapeurs de Freixenet Cordon Negro encore vivaces, les Catalans entrent dans la partie en déambulateur, gênés par leur imprécision et la volonté rojiblanca dans le premier quart d’heure. Une aile de pigeon de 30 mètres d’Iniesta pour le Chicano émoustille à peine le public entre deux bâillements, alors que Messi attend près de quinze minutes pour descendre toucher ce que l’on appelait le cuir mais qui n’est aujourd’hui qu’un très élaboré assemblage de panneaux synthétiques. Offensivement, Leo joue les distributeurs puisque Cesc peine dans ce registre, et s’appuie essentiellement sur Tello, juteux et vitaminé (qui avait certainement siroté de la vodka-orange la veille au soir pour fêter le titre). La meilleure (unique ?) situation vient d’ailleurs de la spéciale Leo, ouverture à gauche dans le dos du latéral, mais le porteur du dossard 37 est stoppé dans sa course par une intervention douteuse, et pas vraiment au contact du ballon, de Godin. Dans l’autre surface, il ne s’en passe pas beaucoup plus, la défense Catalane, sans être impériale de sérénité, finit toujours par s’en sortir sans trop de frayeur. Incisif et souvent plus prompt que Falcao, Adriano est particulièrement inspiré dans ses interventions, mais doit se décaler à droite à la demi-heure pour suppléer Alves, gêné au dos. Bartra entre donc occuper le poste le plus éjectable de la composition de Tito. La première mi-temps, parfait somnifère pour vous remettre de la bringue de cinq jours offerte cette année par les hasards armistico-ascentionnels du calendrier, se termine sans arracher sa virginité au score.

 

Au retour du dressing, les Barcelonais reprennent leur main-mise mollassonne sur le match, sorte de main de guimauve dans un gant Mapa. Pas du tout inquiétés, ils vont se charger eux-mêmes de l’animation offensive adverse, en se tirant une balle dans le pied par le truchement d’une relance candide de Bartra. Qui prouve au passage, une fois de plus, que les sorties propres de ballon ne sont l’option qu’il a choisie au Bac. Quarante mètres de repli sauve-qui-peut plus tard, Piqué ralentit Turan qui parvient tout de même, à terre, à décaler Falcao. Bien placé pour le reprendre, Song a la bonne idée de glisser et d’offrir sur un plateau l’ouverture du score au Colombien, d’un sombre pointu qui rappelle les plus belles heures de Tony Vairelles. Heureux de gonfler ses stats dans un match où il brille avec beaucoup de parcimonie, Radamel n’oublie pas de saluer madame, en lui rappelant gentiment que sa grossesse n’est pas un prétexte pour se baffrer de Chamallow-Chantilly sur le canapé pendant qu'il trime au turbin. A moins qu'elle ne cherche déjà sur "El buen rincon" sa future bicoque de la Principauté. En quête d’inspiration, Vilanova fait muer sa compo en 3-4-3, avec les entrées simultanées de Busi et Villa, puis va subir un passage forcé en 3-3-3 lorsque D10S, de nouveau touché à la cuisse et qui devrait passer la fin de saison au frigo, sort et laisse ses camarades à dix.

Bizarrement, ou par esprit de contradiction avec les avis définitifs de Messidépendance qui s’annoncent déjà, les Catalans vont réagir. Au score plus que dans le jeu. C’est tout d’abord Faudel qui remet les siens à flot, suite à un relais avec un Cesc enfin FabFab, d’une saloperie de pointu ripé qui prend Courtois à contre-pied avant de passer la ligne à la vitesse d’une Ligier lancée au galop. Insaisissable dans le premier acte puis oublié par ses copains en seconde de façon surprenante, Tello va faire basculer le match du côté pile sur un double débordement à gauche. Son premier centre lui est retourné par la défense centrale Colchonera, le second en retrait succède à son dribble favori et a pour destinataire David Villa, démarqué aux 6 mètres. Dans la mouvance de ses goinfrades du weekend dernier, el Guaje bégaye une reprise du gauche contrée par sa cheville droite, le ballon ne doit qu’à l’amicale mais empotée contribution de Gabi, qui redirige la gonfle vers ses propres filets, de franchir la ligne.

L’Atletico pousse mais sans Falcao, sorti pour être frais vendredi en Copa, n’inquiète pas vraiment Pinto, dont la natte n’a pas tremblé. Plutôt vilain, le Barça reste néanmoins souverain sur la pelouse du 3ème du championnat, et s’engage sur l’autoroute du quintal de points, qui l’attend à bras ouverts d’ici trois matches.

 

Place aux notes.

 

Le CLIENT

 

Certainement l’homme le plus tranchant de la fin de saison, Tello marque une nouvelle fois des points. Ce qui pourrait pousser la junta directiva à réviser à la hausse le montant de sa clause libératoire.

Nominé dans la catégorie : Impressionnant dans les duels, Adriano a sorti un match de haut niveau. Et on ne pourra pas dire qu’il défendait contre un plot.

 

Le BIALES

 

Bien parti, avec un match insipide et des prises d’initiatives au voisinage du néant, pour plonger plus bas dans les étages de cette notation, Alexis ne doit qu’à son but d’assurer la moyenne. En trompe-l’œil.

Nominés dans la catégorie : Seul dépositaire du jeu au milieu, Iniesta a sorti ses armes habituelles. Avec moins de solutions à ses côtés et plus de déchets dans ses tentatives. Pas grand-chose à relever ni à reprocher à Piqué et Pinto.

 

Le CASPER

 

D’une lenteur intense, Fabregas n’a su impulser aucun tempo au jeu, dans un rôle que Thiago maîtrise éminement plus que Cesc, actuellement du moins. Mais, as usual, le 4 se rend providentiel par une inspiration décisive, en offrant l’égalisation à Alexis. C’est le paradoxe Fabregas, peut-on le laisser sur le terrain pour la construction du jeu ? Peut-on se passer de lui et de ses passes/buts décisifs dans la zone de vérité ? Tito, tu n’as pas 4h mais tout l’été. Peaufine tes arguments.

 

Le CAGOLIN

 

Messi et Alves, assez quelconques mais surtout sortis sur blessure, écopent de la peluche pour l’accumulation d’invalides à l’infirmerie.

Nominés dans la catégorie : Alba, hormis deux montées supersoniques en fin de match, a considérablement peiné défensivement. Tout comme Song, pas vraiment dans le sens du vent, et à terre au moment de sauver l’ouverture du score. Tout comme Bartra, dont la qualité de relance discutable nous coûte encore un but.

 

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